Louise Meskens voltige sans gravité

Publié par Sébastien Boulanger le 17/12/2025

À 12 ans, Louise Meskens vit la voltige comme une seconde peau. Le spectacle qui lui a tout déclenché, un essai le lendemain, un premier club trop loin, un club fondé en famille avec son papa Cyprien devenu longeur, et déjà des voyages en Italie : son parcours ressemble à une trajectoire qui ne demande qu’à continuer de s’élever.

Un spectacle, un coup de foudre… et un club fondé à la maison

« J’ai commencé la voltige avec mes parents. On a été voir un spectacle équestre, et j’ai tout de suite adoré. » Le lendemain, elle se retrouve sur un cheval pour un essai. Les encadrants lui demandent si elle en a déjà fait, tant elle semble à l’aise. C’était pourtant une première. La voltige cosaque devient son premier terrain de jeu avant qu’elle ne s’oriente vers la voltige classique. Mais le seul club disponible est à une heure de route. Beaucoup trop pour une enfant de neuf ans. Alors la famille Meskens trouve une solution aussi simple qu’audacieuse : « Maman, papa et moi, on a décidé de créer notre propre club de voltige. » L’histoire est lancée.

Chevaux, sport et ce fameux “petit truc en plus”

Louise aime les animaux, aime le sport, et la voltige lui offre exactement ce mélange. Elle montait à cheval depuis ses trois ans, en dressage et en jumping, « un peu de tout », mais cherchait déjà « un petit truc en plus ». La gymnastique n’était pas son point de départ mais un outil acquis plus tard : « J’en avais déjà fait mais pas en cours. J’ai commencé la gymnastique après. » Et est-ce indispensable ? « Pas spécialement. Ça apporte un petit plus. Par exemple pour une sortie, ça vient de la gym. » Chez elle, l’équitation et la gym s’imbriquent naturellement.

Concours en Wallonie : enfin tout près.

Les concours proches de la maison sont rares. « D’habitude, c’est souvent loin : en Flandre, en Italie ou en France. Là, cet été c’était le premier en Wallonie. »

Elle se souvient de l’Italie avec des souvenirs très nets. À Villasanta, la famille a loué des chevaux car « c’était trop loin pour emmener les nôtres ». Sur place, Louise déroule son travail et repart avec une première place en 1* et une première place en 2*. Formulation enfantine et spontanée qui dit mieux que tout son enthousiasme: « Donc c’est plus que bien », conclut-elle en riant. D’autant qu’à presque chaque sortie, c’est une victoire. Car oui la petite est plus que douée.

Papa Cyprien, longeur, coach et moteur du quotidien

Aujourd’hui, Louise s’entraîne le mercredi et le samedi. En semaine, c’est son papa Cyprien qui la fait travailler, puisqu’il est son longeur, son tempo, son pilier. Elle fait aussi de la gym le vendredi, mais a choisi de ralentir le rythme général : « Avant, je faisais un peu plus, mais j’ai décidé de ralentir. Comme ça, je fais ce dont j’ai besoin, pas plus. » À 12 ans, elle a déjà acquis la tempérance que beaucoup d’athlètes mettent des années à construire.

Louise Meskens

Derrière elle, sa maman, sur-motivée par les qualités de sa fille ne met pourtant pas la pression. Pas sur sa fille en tout cas. Par contre, elle ne ménage pas ses efforts pour promouvoir la discipline et porter Louise vers le futur. Celui dont sa fille rêve.

Le cheval, partenaire incontournable

Pour Louise, la voltige n’est jamais une affaire de figures tournantes posées sur un cheval abstrait. « On doit vraiment avoir un lien avec le cheval. Si on fait juste des figures, c’est chouette, mais il n’y a pas le lien. » Elle sait que certaines figures ne passent pas toujours, que d’autres doivent être adaptées, et que la performance, au final, est un travail d’équipe. Un bon cheval de voltige, selon elle, n’a pas de format idéal : « Calme, relax, qui accepte. Grand, petit, moyen… tant qu’il aime ce qu’il fait. »

Louise Meskens

Construire un libre : une minute, mais une minute façonnée au millimètre

Lorsqu’elle décrit la création d’un programme libre, on comprend vite que la voltige est un sport d’orfèvre. Tout commence par un thème ou une musique qu’elle aime. Elle cherche ensuite l’inspiration sur le tonneau, teste des idées, les relie aux grandes structures imposées par les codes artistiques de la discipline. Elle essaye le programme en une minute, puis passe au cheval mécanique. Si tout fonctionne, elle intègre progressivement les éléments sur le cheval : d’abord une figure, puis un petit enchaînement, « pour ne pas le brusquer ». Son libre lui ressemble : inventif, ajusté, remanié avec sa coach et les intervenants extérieurs, dont elle « remix[e] ce qu’elle aime et enlève ce qu’elle n’aime pas », toujours en fonction de ce que le cheval accepte. Le libre dure une minute, l’imposé environ trois. Elle préfère naturellement le libre : « plus créatif ».

Louise Meskens

Amitiés, champion du monde et apprentissages permanents

La compétition est aussi un terrain de rencontres. « On se fait des amis », raconte-t-elle. En Italie, elle croise même le champion du monde (qui ne manque pas de la remarquer non plus), moment qu’elle cite spontanément comme un moment d’apprentissage précieux. Observer, s’inspirer, comprendre : elle absorbe tout.

Tomber, se relever, apprendre encore

« Tomber, c’est pas très amusant », admet-elle. Il faut dire que « des fois c’est de haut ». Mais elle n’élude pas : « Chaque chute, c’est un apprentissage. » À cet âge, tout dans sa manière de parler montre qu’elle construit déjà la psychologie d’une sportive.

Louise Meskens, Voltige

Un jour, le championnat du monde

L’objectif est clair : « J’aimerais bien aller aux championnats du monde. » Et compte tenu de la détermination de la gamine, pas juste pour participer. Elle sait que la voltige n’est pas présente aux Jeux olympiques. Elle vise donc le sommet réel de sa discipline, sans détour, sans emphase inutile. Elle avance. Et voltige, toujours, comme si la gravité n’était qu’une option.

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