Piqûre de rappel sur les vaccins

Publié par Sébastien Boulanger le 26/01/2026

La vaccination chez le cheval n’est pas un simple geste médical : c’est une stratégie de prévention essentielle qui protège l’animal, la population équine et, parfois, les humains. Entre obligations réglementaires, recommandations vétérinaires et risques sanitaires réels, établir un protocole adapté à chaque cheval repose sur une bonne compréhension des maladies, des contraintes sportives et du mode de vie de l’animal.

1. Vacciner, ce n’est pas jouer : l’objectif réel

Contrairement à une simple « piqûre de routine », une vaccination sert à stimuler le système immunitaire de l’équidé pour qu’il réagisse efficacement face à une maladie sans subir l’infection elle-même. Le vaccin « mime » la maladie, entraînant une réponse immunitaire qui produira des anticorps prêts à neutraliser l’agent infectieux s’il est rencontré plus tard.

L’intérêt est double :

  • Protéger le cheval individuellement, en réduisant la probabilité de maladie grave voire mortelle (ex. tétanos).
  • Limiter la circulation des agents pathogènes dans un groupe d’équidés, ce qu’on appelle « immunité de troupeau ».

Un cheval non vacciné peut non seulement tomber malade, mais aussi être un relais d’infection pour ses congénères.

2. Principales maladies ciblées par les vaccins

Selon les zones géographiques, les règlements sportifs et les risques locaux, les maladies auxquelles on protège les chevaux varient. On distingue souvent des vaccins de base (core) et des vaccins selon les risques (risk-based).

Vaccins jugés essentiels (core)

Ces vaccins sont recommandés pour tous les chevaux, quel que soit leur usage :

  • Tétanos : maladie bactérienne souvent mortelle si non traitée.
  • Grippe équine (Equine Influenza) : virus respiratoire hautement contagieux, souvent responsable d’épidémies dans les élevages et lors de rassemblements.
  • Dans certains pays (ex. États-Unis), d’autres vaccins font partie des core : rabiesencéphalites équinesWest Nile Virus.

Vaccins en fonction des risques

Selon l’activité et l’environnement :

  • Herpèsviroses (EHV-1/EHV-4) : peuvent causer des troubles respiratoires, des avortements et, dans certaines formes, des signes neurologiques.
  • Leptospirose et strangles (gourme) : vaccins disponibles dans certaines régions mais pas toujours universellement recommandés.
  • Autres vaccins possibles selon la localisation et les saisons : certaines encéphalites, rotavirus pour poulains, etc.

Et la liste n’est pas exhaustive en fonction des régions et des situations.

Vaccination

3. Quand et comment organiser les injections

Un plan de vaccination bien pensé repose sur l’âge, l’état de santé, les activités du cheval et les obligations réglementaires.

Calendrier type

  • Primo-vaccination (chez les jeunes chevaux) : généralement une série de 2 injections à 3–6 semaines d’intervalle, suivie d’un premier rappel quelques mois plus tard. (sevetys.fr)
  • Rappels :
    • Grippe équine : souvent annuel, voire semestre si le cheval voyage ou concourt fréquemment.
    • Tétanos : généralement tous les 2–3 ans après la primo-série.
    • Herpès : selon risque, souvent semestriel si reproduction ou exposition fréquente.

Rôle du vétérinaire

Le vétérinaire reste la pierre angulaire de tout protocole vaccinal : il adapte les intervalles, les types de vaccins et les rappels à chaque cheval, en tenant compte des risques spécifiques et de l’historique sanitaire.

4. Obligations et recommandations selon le contexte

Compétitions et événements équestres

Dans de nombreux pays et sous l’égide de fédérations sportives, des protocoles précis sont exigés :

  • Grippe équine obligatoire pour la plupart des compétitions.
  • Dans certaines instances (ex. SHF en France), rhinopneumonie devient obligatoire pour certains niveaux.
  • Les carnets de vaccination sont contrôlés avant toute participation.

Pratiques de management

Même pour des chevaux au pré ou en pension sans concours, une vaccination adaptée réduit fortement les risques de maladie et d’épidémie au sein de l’écurie.

5. Réactions et suivi post-vaccinal

Comme toute intervention médicale, certains chevaux peuvent présenter des effets secondaires légers (douleur au point d’injection, fatigue passagère). Ces réactions sont généralement bénignes et se résolvent rapidement. Un suivi attentif dans les jours qui suivent est conseillé.

Le protocole vaccinal n’est pas uniforme : il doit être personnalisé, pensé avec un vétérinaire et cohérent avec les objectifs et risques de chaque cheval. Que l’on vise une carrière sportive ou simplement une vie de loisir au pré, une vaccination réfléchie reste l’un des meilleurs moyens de garantir santé, performance et tranquillité d’esprit.

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