Icône absolue du cinéma français, Brigitte Bardot n’a jamais considéré le cheval comme un simple accessoire de décor. Des plateaux de tournage, notamment dans un western devenu culte, à son combat radical pour la cause animale, l’équidé a occupé une place singulière dans son parcours. Une relation faite d’images, de contraintes physiques… puis de convictions irréversibles.
Le cheval, d’abord appris par nécessité
Dès la fin des années 50 et dans les années 1960, Bardot n’a pas vraiment de formation de cavalière. Mais le cinéma impose ses règles : quand un scénario réclame un cheval, il faut souvent monter. Vraiment.
Contrairement à certaines mises en scène approximatives de l’époque, Bardot accepte l’apprentissage, le contact, le risque. Le cheval devient un partenaire exigeant. Pas un figurant docile.

Shalako (1968) : la première fois, vraiment, à cheval
Avant Les Pétroleuses, il y a Shalako. Et ce film compte.
Sorti en 1968 et réalisé par Edward Dmytryk, Shalako est le premier long-métrage où l’on voit Brigitte Bardot monter réellement à cheval de manière significative à l’écran. Pas une pose, pas une apparition décorative : de l’équitation intégrée à l’action, dans un western d’aventure classique.

Aux côtés de Sean Connery, Bardot incarne une comtesse européenne perdue dans l’Ouest américain. Le cheval y est un outil de déplacement, de survie, de narration. On traverse, on fuit, on avance. Bardot y apprend les codes du western “sérieux” : selle, équilibre, rythme, endurance. Le tournage, en décors naturels, impose une proximité constante avec les chevaux, loin des artifices de studio.

Les Pétroleuses (1971) : Bardot retrouve le western
Le film clé, Les Pétroleuses, réalisé par Christian-Jaque.
Face à elle : Claudia Cardinale. Deux stars européennes lancées dans un western franco-italien tourné en Espagne, sur les terres classiques du western spaghetti.

Bardot y incarne Frenchie King, cheffe d’une fratrie de hors-la-loi. Elle y monte à cheval, galope, participe aux scènes d’action, évolue dans un univers rude, ranchs, poursuites, poussière, violence stylisée.
Ce n’est pas un western “sérieux” à la Leone. C’est une comédie. Mais le cheval y est réel, omniprésent, central. Et Bardot y découvre l’envers du décor : longues journées, animaux fatigués, logistique lourde, contraintes peu compatibles avec le glamour.
1973 : elle quitte l’écran, pas les animaux
Quand Bardot quitte définitivement le cinéma en 1973, ce n’est pas une retraite. C’est une rupture.
En 1986, elle crée la Fondation Brigitte Bardot, qui fera du cheval un dossier majeur : abandons, mauvais traitements, transports longue distance, abattage, hippophagie.

Le cheval, devenu cause politique
Bardot s’engage frontalement contre la consommation de viande chevaline. Le ton est brutal, parfois polémique, mais la ligne ne bougera jamais :
un cheval n’est pas une marchandise comme une autre.
La Fondation agit concrètement : saisies, refuges, prises en charge d’équidés abandonnés ou destinés à l’abattoir. Derrière la star, il y a des boxes, des prés, des chevaux trop vieux, trop chers, trop “inutiles” pour le système.

Héritage : de l’icône à l’impact réel
Brigitte Bardot laisse une empreinte contrastée, parfois dérangeante, souvent clivante. Mais sur le cheval, son héritage est clair :
elle a contribué à changer le regard du grand public, en France et au-delà, sur un animal longtemps réduit au sport, au folklore ou à la viande.
Du western poussiéreux de Les Pétroleuses aux combats juridiques de la Fondation, le fil est le même : le cheval n’a jamais été un décor.
(Photo cover © Fondation Brigitte Bardot)