Privée de la plus haute marche du podium ces derniers mois par le phénomène Verboomen (absent cette semaine en Suisse comme Laudrup-Dufour) Isabell Werth n’a pas laissé passer l’occasion à Bâle. Devant le public de la St Jakobshalle, la reine du dressage a remporté le Grand Prix Coupe du monde en sortant sa meilleure cartouche, Wendy de Fontaine, rappelant que, lorsque le trône est libre, elle reste la première à s’y asseoir.
Des fautes visibles, une maîtrise intacte
La fille de Sezuan n’a pas été irréprochable. Une foulée désunie sur la diagonale aux deux temps, plusieurs erreurs dans les changements de pied au temps, une tension palpable au galop et un contact parfois un peu abrupt.
Les juges n’ont pas fermé les yeux. Sanctions immédiates sur ces passages. Par contre la cavalière allemande a réussi à compenser. Et plutôt bien.

Piaffer, transitions. Des 9, des 10 , et surtout une impression générale notée jusqu’à 80,543%. Score final : 78,674%. Suffisant pour s’imposer, malgré les petits couacs, et rappeler que sans concurrence directe au sommet, Werth reste la référence.
Bonheur de la Vie fait chavirer la St Jakobshalle

Derrière elle, la Suisse a vibré. Charlotta « Kiki » Rogerson a décroché une superbe deuxième place à domicile avec Bonheur de la Vie.
En progression constante depuis le printemps dernier, l’étalon noir confirme sa montée en puissance après son succès à Stuttgart. À Bâle, le duo a signé 72,63%, déclenchant une vraie ovation du public helvétique qui avait bien besoin de se refaire un moral. Le hongre n’a jamais si bien porté son nom.

Netz costaud, Barbançon dans le peloton, Verwimp out
La troisième place est revenue à Raphael Netz avec Dieudonné (71,848%), un couple plus mûr, plus posé.
Côté français, Morgan Barbançon s’est classée a une honnête septième place avec Sir Donnerhall II (69,239%), toujours performant du haut de ses 20 ans
La seule représentante belge, Jorinde Verwimp, a du renoncer peu de temps après le début de sa prestation. Charmer n’était pas à 100% dans ce Grand Prix et le jury a préféré l’arrêter.
Une victoire… sans oublier un contexte lourd.
En ce jour de deuil national en Suisse, comme plusieurs cavaliers, Werth portait un brassard noir en hommage aux victimes du drame de Crans-Montana.
Sportivement, cette victoire bâloise confirme surtout une chose : en l’absence de Verboomen, et Laudrup-Dufour, Isabell Werth reste la patronne naturelle du circuit. Reste à voir ce qu’il en sera lorsque tout le monde sera de retour autour de la table. En attendant elle devrait confirmer lors de freestyle (samedi à 13h45).
Les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde de dressage de Bâle ici
(Photos © LONGINES CHI CLASSICS Basel 2026 / Katja Stuppia)