Il avait tout gagné, tout vécu, et traversé les époques avec élégance. Goldfever s’est éteint à l’âge très respectable de 35 ans, chez lui, à Riesenbeck. Champion olympique, crack de Grand Prix, étalon majeur : “Goldi” laisse derrière lui une carrière hors normes et l’image rare d’un cheval qui aura connu une vie longue, pleine et respectée.
Une fin paisible, à la maison
Goldfever est décédé dans son écurie, à Riesenbeck, entouré de ceux qui l’ont accompagné jusqu’au bout. Retiré du sport en 2009, puis de l’élevage, il profitait depuis plusieurs années d’une retraite paisible chez Ludger Beerbaum.
« Bien sûr, nous sommes très tristes aujourd’hui, mais nous regardons aussi en arrière avec une grande gratitude et un peu de fierté », a confié le cavalier allemand, saluant au passage le travail de Marie Johnson sur le circuit, puis l’attention quotidienne de Petra Schmid jusqu’aux derniers jours.

Une décennie au sommet du sport mondial
Né en 1991 en Allemagne, par Grosso Z (Galvano dans la ligne basse), élevé par Sigurd Hockmuth, Goldfever n’a pas tardé à faire parler de lui. Repéré dès le licensing de Verden en 1993, il passe entre les mains de Claudia Freise avant de croiser la route du Kaiser.
La suite appartient à l’histoire :
- Or olympique par équipes en 2000,
- Or par équipes et argent individuel aux Championnats d’Europe 2003,
- Victoire au Million Dollar Grand Prix de Spruce Meadows en 2002,
- Top 10 Final 2001,
- Double sacre consécutif au Grand Prix d’Aachen en 2002 et 2003.
Une longévité sportive rare à ce niveau, couronnée par plus de 2 millions d’euros de gains.
L’autre carrière : transmettre
Après les pistes, Goldfever a brillé en tant qu’étalon. Plusieurs de ses produits ont atteint le plus haut niveau, à commencer par la remarquable Gotha FRH, vue sous les selles de Ludger Beerbaum puis de Henrik von Eckermann. Une descendance performante, reflet fidèle de son modèle et de son mental.
35 ans, le privilège des chevaux bien traités
Dans un sport où les carrières sont parfois courtes, Goldfever aura connu le luxe ultime : le temps. Le temps de gagner, le temps de transmettre, et le temps de vieillir dignement. À 35 ans, il s’en va sans drame, laissant l’image d’un cheval respecté, soigné, accompagné jusqu’au bout.
Avec sa propriétaire Madeleine Winter-Schulze, toute l’équipe de Beerbaum Stables a résumé l’essentiel :
« Merci Goldfever, et adieu. »
(Photo cover © Dirk Caremans)