À un peu plus de quatre mois du coup d’envoi, le Longines CSIO St. Gallen 2026 a déjà réussi son premier tour parfait. Neuf nations majeures ont confirmé leur présence, dont toutes les médaillées olympiques et européennes récentes. Autrement dit : le gratin mondial sera bien au rendez-vous. Et St. Gallen s’annonce déjà comme un galop d’essai grandeur nature avant Aachen.
Annonce d‘un casting XXL à quatre mois de l’échéance
Du 4 au 7 juin 2026, l’officiel de Suisse investira une nouvelle fois le Gründenmoos Stadium. Et le plateau a des allures de championnat du monde anticipé.
Autriche, Belgique, Brésil, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande, États-Unis… sans oublier la Suisse. Toutes ont officialisé leur venue. Toutes sont des nations médaillées lors des Jeux olympiques de Paris 2024 et des Championnats d’Europe 2025 à La Corogne. Le décor est planté : personne ne viendra juste pour gouter la meringue double crème.

St. Gall, répétition générale avant Aachen
Placée stratégiquement à un peu plus de deux mois des Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, l’étape suisse s’impose comme un passage obligé pour les sélectionneurs.
Le directeur du concours Kai Huttrop-Hage ne s’en cache pas :
« Ces nations de premier plan utiliseront notre tournoi pour finaliser leurs sélections. Nous pouvons nous attendre à du sport de très haut niveau. »
Comprendre : chevaux cadres, cavaliers leaders et pression maximale dès la Coupe des Nations.
Des chiffres qui pèsent lourd
L’histoire parle pour St. Gallen. Sur les 96 Coupes des Nations disputées en Suisse, les pays engagés en 2026 en ont remporté 78.
- 🇩🇪 Allemagne : 20 victoires (tenante du titre et record absolu)
- 🇫🇷 France : 16 succès
- 🇬🇧 Grande-Bretagne : 13
- 🇨🇭 Suisse : 12
- 🇮🇪 Irlande & 🇺🇸 États-Unis : 7 chacun
- 🇧🇪 Belgique : 2
- 🇧🇷 Brésil : 1
Difficile de faire plus dense en palmarès.
Les Red Musketeers : un plan millimétré, sans précipitation
Côté belge, le discours est limpide. Le chef d’équipe Peter Weinberg déroule une feuille de route sans place à l’improvisation.
Avant les Mondiaux, il y aura d’abord le CHIO d’Aix-la-Chapelle, fin mai, sur le même terrain que le championnat. Mais pas forcément avec l’équipe définitive.
« Il y a ensuite toute la série des CSIO sur herbe, Rome, St. Gallen… La sélection finale, je la rendrai après Rotterdam. Et encore, Rotterdam ne servira que si j’ai un doute, puisque ce n’est pas sur herbe. »
En clair : St. Gallen compte, mais dans un ensemble plus large. Weinberg fonctionne comme à son habitude, en concertation avec ses cavaliers lors d’une réunion fin mars, en plaçant les couples sur les CSIO qu’ils souhaitent disputer. Objectif clair :
« Je veux les voir sur les deux grosses épreuves du week-end, le Grand Prix et la Coupe des Nations. Et idéalement, chaque paire devra participer à deux événements. »
Repos, gestion, et chevaux de tête préservés
La préparation belge ne date pas d’hier.
« En réalité, nous avions déjà établi un plan. Les cavaliers engagés en Coupe du monde et qui font partie du cadre pour les mondiaux n’ont pas monté leur cheval de tête. L’idée était de laisser des chevaux comme Ermitage, Bond et d’autres au repos pour préparer les championnats. »
Indoor relégué au second plan, chevaux ménagés, étalons aussi disponibles pour la reproduction :
« Les concours indoor ne sont pas prioritaires. Ce qui compte maintenant, ce sont les compétitions en extérieur. Et les ressources dont nous disposons sont très bonnes. »
Pression du titre ? Pas vraiment
Question inévitable : la Belgique, titrée l’an dernier aux européens, aborde-t-elle la saison avec un poids supplémentaire ?
Réponse nette de Weinberg :
« Nous savons gérer la pression. Gagner un titre une année ne signifie pas que la pression est plus forte douze mois plus tard. C’est justement pour cela que nous avons établi un bon plan. Si, le jour J, tous les chevaux sautent très bien et qu’aucun ne commet de faute, alors nous sommes très forts. Avec ces couples cheval–cavalier, nous avons une équipe très solide. »
Un plan méthodique pour faire le choix juste pour l’échéance finale. St. Gall comptera mais ne sera pas décisif ni rédhibitoire.

La Suisse annonce la couleur
À domicile, la Suisse n’entend pas faire de la figuration. Le chef d’équipe Peter van der Waaij prévient :
« Nous viendrons avec l’équipe la plus forte possible. St. Gall est une étape clé sur notre route vers les Championnats du monde. »
Message reçu : sélection affûtée, chevaux prêts, et pression assumée devant le public helvétique.

Un signal fort envoyé au public
Pour la présidente du comité d’organisation Nayla Stössel, ces confirmations précoces sont tout sauf anodines :
« La confiance de ces grandes nations est un signal très fort. Elles promettent des duels intenses, de grands noms et un sport spectaculaire. »
Traduction simple : les tribunes risquent d’afficher complet bien avant juin.
À quatre mois de l’échéance, St. Gallen 2026 a déjà gagné une bataille : celle de l’attractivité. Reste maintenant à transformer l’essai sur la piste. Un beau retour au premier plan pour le rendez-vous frappé par les intempéries en 2024 et sorti de la Ligue des Nations en 2025. Une chose est sûre : en juin, la Coupe des Nations suisse ne servira pas de simple mise en jambes. Ce sera déjà du très, très sérieux.

(Photo cover ©CSIO.CH)