À Doha, il y a le désert, les gratte-ciel, l’air conditionné à fond… et Scott Brash qui empile les Grands Prix comme d’autres collectionnent les miles aériens. Trois semaines. Trois Grands Prix cinq étoiles. Trois victoires. Une série propre, nette, presque arrogante. Le hat trick version saut d’obstacles. Comme un triplé inscrit en silence par un buteur qui n’a plus rien à prouver mais qui continue quand même, par plaisir.

Jefferson pour ouvrir la voie
La première semaine, Brash s’avance avec Hello Jefferson. Le cheval connaît la musique, le cavalier connaît le tempo. Parcours propre, barrage sous contrôle, victoire sans trembler. Rien d’ostentatoire, mais cette impression immédiate que la piste d’Al Shaqab pourrait bien devenir son territoire. Doha prend note, sans encore s’affoler.

Mango pour varier, Brash pour gagner
La semaine suivante, Brash change de monture. Hello Mango entre en scène, et avec lui un message clair : la domination ne repose pas sur une seule équation. Le style est légèrement différent, l’énergie aussi, mais la méthode reste la même. Précision, calme, lecture parfaite du parcours. Résultat identique. Brash gagne encore, cette fois en variant les plaisirs.
Jefferson pour conclure
Troisième semaine, troisième Grand Prix, et retour à Hello Jefferson (Cooper van de Heffinck x Irco Mena). Celui des certitudes, celui qui referme la parenthèse sans laisser d’espace au doute. Ne parlez pas de l’âge du cheval, parlez d’expérience. Plutôt c’est l’expérience qui parle. Là où beaucoup auraient commencé à ressentir le poids de la série, Brash déroule une nouvelle fois. Le duo frappe juste, sans forcer, et signe la passe de trois. Jefferson, Mango, Jefferson. L’ordre est respecté, la hiérarchie aussi.

La justesse plutôt que la perfection
Ce qui impressionne, au-delà du résultat brut, c’est cette impression de contrôle permanent. Brash ne survole pas Doha, il l’habite. Il n’attaque jamais trop tôt, n’attend jamais trop longtemps. Là où certains poussent la quête de perfection jusqu’à la faute, lui choisit la justesse.
Les autres jouent, Brash gagne
Derrière, la concurrence s’organise, tente, résiste. Mégane Moissonnier, encore une fois s’invite dans la discussion avec Crooner Tame (Conrad x Quaprice Boimargot Quincy). Pour compléter la boite, la Suissesse, Nadja Peter Steiner avec Mila (Monte Bellini x Linton).
À l’arrivée, Doha a choisi son patron. Et cet hiver, le patron s’appelle Scott Brash.

La bourre au sommet
Ce qui se dessine à Doha dépasse largement la simple tournée hivernale. Scott Brash poursuit 2026 comme il avait mené 2025, tambour battant, avec cette régularité presque robotique qui use les adversaires plus sûrement qu’un barrage trop rapide. La dynamique est claire, assumée, presque revendiquée. Car la saison s’annonce aussi comme un duel à distance avec Kent Farrington. Deux styles, deux tempéraments, deux lectures du très haut niveau, lancés dans une bourre qui promet des semaines électriques. Si Brash maintient ce rythme et que Farrington n’arrive pas à répondre coup pour coup, le classement mondial pourrait bien connaître quelques secousses au sommet. Pas une révolution annoncée, mais un vrai bras de fer. Et à Doha, Brash a peut-être déjà frappé 3 uppercuts.
Retrouvez le classement complet du Grand Prix 5* de Doha ici
(Photos © Doha Tour/ Lukasz Kowalski)