ll y a des premières fois qui ne s’oublient pas. Dimanche à Bordeaux, Camille Condé Ferreira a signé un baptême du feu détonnant : double sans-faute, barrage maîtrisé et une superbe 5ᵉ place dans le Grand Prix CSI5* 1,60m. À 26 ans, la Française n’a pas tremblé. Mieux : elle a savouré. Décryptage, à chaud, avec une cavalière lucide, précise et déjà tournée vers la suite.
Le Grand Prix presque parfait ?
« C’était le Grand Prix parfait. On n’est pas obligé de dire presque. »
Le ton est donné. La cavalière a kiffé. Pas de fausse modestie, pas de superlatif inutile. Juste un constat limpide. À Bordeaux, Camille Condé Ferreira a vécu ce que tout cavalier rêve de vivre un jour : un cheval au sommet, un couple aligné, et une épreuve qui déroule.

La semaine n’était pourtant pas écrite d’avance. La décision de venir à Bordeaux est tombée tard, le concours marquait le début de saison de Bassano de Nantuel (Baloubet du Rouet x Calypso d’Herbiers), et la pression était bien là. « Honnêtement, j’étais plus stressée le premier jour. J’avais peur de ne pas être dans le coup, que le cheval ne soit pas prêt. »
Objectif initial : se rassurer. Valider le niveau. Se donner le droit d’aller au Grand Prix du dimanche.
Mission accomplie. Et plus encore.
Un parcours exigeant, un couple au rendez-vous
Le Grand Prix 5* de Bordeaux n’avait rien d’un cadeau. Un début aéré pour entrer dans le bain, un double piégeux, une ligne derrière loin d’être anodine, et un triple qui a fait « beaucoup de travail ». Bref, un vrai test.
« J’avais peur qu’on se retrouve très nombreux au barrage. »
La crainte était légitime : les sans-faute s’enchaînaient en début d’épreuve. Mais le parcours a fait son tri. « Un barrage à sept, tous classés, c’était le rêve idéal. »
Résultat : un barrage sélectif, un double sans-faute plein de maîtrise, et une cinquième place qui vaut bien plus qu’un simple classement.

Soulagement, confiance… mais patience
Forcément, Bordeaux rassure. « Le cheval est au niveau, le couple est au niveau. »
Mais la cavalière qui monte aux couleurs de la Laiterie de Montaigu ne s’emballe pas. Pas question de brûler les étapes ou de croire que tout sera plus facile désormais. « Dire que le prochain sera plus facile… je suis patiente. C’était peut-être la chance du débutant. »
La lucidité d’une cavalière qui sait que le plus dur commence souvent après. Confirmer. Répéter. S’inscrire dans la durée.
La suite : Royan, pas à pas
Pas de calendrier surchargé, pas de folie. La suite est déjà tracée : direction Royan pour quinze jours. Bassano sautera uniquement le deuxième week-end du CSI3*, sur deux épreuves, dont le Grand Prix. Et ensuite ? « On verra bien. »
Des projets existent, mais rien n’est figé. Chaque chose en son temps.
Coupes des Nations : oui, mais intelligemment
L’idée des Coupes des Nations fait évidemment rêver. Camille ne s’en cache pas. Mais là encore, le discours est posé. « Oui, mais peut-être dans la deuxième ligue dans un premier temps. »
Un niveau relevé, de la pression, mais aussi une marche intermédiaire cohérente. D’autant plus que Bassano n’a jamais sauté sur herbe. « Ce n’est pas l’objectif d’aller courir des concours sans raison. »

La philosophie est claire : construire, sécuriser, avancer étape par étape. « La deuxième ligue serait déjà une bonne chose. Et les jeux méditerranéens pourraient-être aussi une belle opportunité.» De l’enjeu, mais pas trop. Une belle occasion de disputer un championnat. Toujours la quête d’expérience.
À Bordeaux, Camille Condé Ferreira n’a pas seulement signé une performance. Elle a envoyé un signal. Celui d’une cavalière prête, entourée, lucide, et parfaitement consciente du chemin à parcourir.
Premier Grand Prix 5*, double sans-faute, 5ᵉ place, du bonheur. Parfait, on vous dit.
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