Les pyramides de Gizeh ont traversé les siècles. Le suspense de la Global Champions League lui n’aura pas résisté à une soirée. Jeudi, Riesenbeck International a transformé l’avant-dernière étape du championnat en démonstration de force : quatre parcours, quatre sans-faute et une cinquième victoire cette saison. De quoi décrocher le titre 2026 avant même le rendez-vous final de Rabat. Derrière la machine allemande, les Istanbul Warriors ont vendu chèrement leur peau, tandis que les Belges ont multiplié les coups d’éclat. Une soirée historique, un décor démesuré et une couronne attribuée sans contestation possible.

Riesenbeck, le zéro dans la peau
Le décor avait des airs de superproduction hollywoodienne. Les pyramides de Gizeh en toile de fond, les projecteurs dans la nuit égyptienne et les meilleures équipes de la planète réunies pour la première Global Champions League organisée au Caire. Difficile de trouver plus spectaculaire pour distribuer un titre mondial.
Encore fallait-il assurer le spectacle en piste.
Arrivé en Égypte avec 45 points d’avance sur les Istanbul Warriors, Riesenbeck International avait les cartes en main. Une sixième place suffisait à garantir le sacre. Autant dire que les Allemands pouvaient se permettre une petite marge d’erreur. Manifestement, personne n’avait pensé à leur expliquer.

Maximilian Weishaupt, associé à Zuccero HV, et Marco Kutscher, en selle sur Pik Eur le Mar NRW, ont tout simplement refusé de faire tomber la moindre barre. Deux sans-faute chacun, zéro pénalité au compteur et une victoire qui ne souffre aucune discussion.

Leur cinquième succès de la saison offre à la formation de Ludger Beerbaum un deuxième titre en Global Champions League, trois ans après celui de 2023.
La domination n’a rien d’un accident. Depuis plusieurs mois, Riesenbeck a empilé les performances avec une régularité qui confine à l’insolence. Peu importe les cavaliers alignés, les terrains traversés ou la pression du classement : la mécanique a rarement déraillé.
Au Caire, elle a simplement atteint sa forme la plus aboutie.
Cannes avait pourtant commencé à écrire un autre scénario
Tout n’était pourtant pas joué après la première manche.

Les Cannes Stars avaient parfaitement négocié leur entrée en matière. Inès Joly, avec Faylinn de Fondcombe, et Sophie Hinners, sur Iron Dames Kaleni Jo, avaient signé deux parcours sans pénalité. Plus rapides que les Allemands, elles prenaient les commandes du classement provisoire.

Riesenbeck suivait en deuxième position, également avec un score vierge. Les Istanbul Warriors restaient au contact avec quatre points, tandis que les Prague Lions entretenaient leurs ambitions de podium.
La deuxième manche allait remettre un peu d’ordre dans cette belle pagaille.
Pour Cannes, le rêve s’est brutalement transformé en cauchemar. Douze points pour Inès Joly, quatre pour Sophie Hinners : seize pénalités supplémentaires et une chute jusqu’à la huitième place. Une belle illustration de la cruauté du format GCL, où les compteurs ne pardonnent pas grand-chose.
Istanbul, en revanche, n’avait pas dit son dernier mot.

Abdel Saïd, né en Égypte et depuis un moment sous couleurs belges, a sorti un parcours supersonique avec Wathnan Max. Sans faute en 67,80 secondes, il remportait le classement individuel de cette deuxième manche. Simon Delestre lui emboîtait le pas sur Gatsby du Tillard, également sans faute en 68,21 secondes.

Les Warriors terminaient à quatre points et prenaient provisoirement la tête de l’épreuve. Leur seul espoir : voir Riesenbeck commettre l’impensable.
Weishaupt a répondu par un nouveau zéro. Kutscher aussi.
Rideau.
Les Prague Lions rugissent avec l’accent belge
Derrière cette démonstration allemande, la Belgique n’a pas exactement fait le voyage pour rien.
Pieter Devos et Niels Bruynseels ont offert aux Prague Lions une troisième place particulièrement précieuse. Quatre points au total, et surtout une seconde manche parfaitement exécutée.
Devos avait déjà assuré l’essentiel lors du premier passage avec Casual DV Z. Bruynseels, lui, avait laissé une barre au sol avec Oaky Flandria.
Pas de quoi compromettre leurs ambitions. Le duo belge est revenu en piste avec d’autres montures et une idée assez simple : ne plus rien offrir à la concurrence.
Mission accomplie.

Devos a signé un sans-faute en 69,39 secondes avec Jarina J. Bruynseels a enchaîné sur Chacco’s Lando OL, bouclant lui aussi un parcours vierge en 72,34 secondes.
Un double sans-faute qui permet aux Prague Lions de grimper sur la troisième marche du podium et, surtout, de revenir à quatre petits points de New York Empire au classement général.
La performance est d’autant plus intéressante que les deux Belges arrivent au bon moment. À l’approche des GC Playoffs de Riyad, les Prague Lions s’installent parmi les équipes capables de jouer les premiers rôles.
Et le bilan belge ne s’arrête pas là.
Zoé Hank Conter a participé à la quatrième place des Mexico Amigos, huit points au compteur. Olivier Philippaerts s’est montré impeccable lors de ses deux passages avec Hipster SV et Ragazzo AV, mais les douze points de ses coéquipiers ont condamné les Basel Cosmopolitans à la sixième place.
Thibault Philippaerts a terminé dixième avec Valkenswaard United.
Avec Abdel Saïd deuxième et le tandem Devos-Bruynseels troisième, les représentants belges avaient largement de quoi occuper la conversation après la remise des prix.
New York rate sa sortie, les Pharaons sauvent l’honneur
Parmi les formations qui ont quitté le Caire avec quelques regrets, New York Empire figure en bonne place.
Vainqueurs à Rome deux semaines plus tôt, Denis Lynch et Bertram Allen ont cette fois vécu une soirée bien moins réjouissante. Quatre points pour le premier, douze pour le second : seize pénalités dès la manche initiale et une élimination avant le second acte, réservé aux dix meilleures équipes.
Un résultat qui pèse lourd dans la bataille pour le podium final.
À domicile, les Cairo Pharaohs ont au moins offert au public égyptien quelques motifs de satisfaction. Sameh El Dahan a signé un sans-faute initial avec Oscar-A, tandis que Nayel Nassar concédait huit points avec Esi Ali. L’équipe locale a finalement terminé septième avec seize points.
Pas de miracle au pied des pyramides, mais une participation honorable pour cette première escale égyptienne.
Le circuit imaginé par Jan Tops s’est offert une carte postale spectaculaire. Sportivement, Riesenbeck s’est chargé de gâcher la photo de famille.
Rabat pour l’honneur, Vérone pour la revanche
Avec 297 points, Riesenbeck International possède désormais 50 longueurs d’avance sur les Istanbul Warriors. New York Empire suit avec 221 points, devant Prague Lions (217) et Basel Cosmopolitans (212).
Le championnat se poursuivra à Rabat, du 30 octobre au 1er novembre. Mais avec seulement 30 points encore disponibles, le titre ne peut plus échapper aux Allemands.
La dernière étape marocaine conserve néanmoins un véritable intérêt. Istanbul doit protéger sa deuxième place, tandis que New York, Prague et Bâle se disputent les positions d’honneur et les avantages sportifs qui accompagneront leur classement avant les GC Playoffs de Vérone, du 17 au 21 novembre.
La GCL Super Cup offrira d’ailleurs aux battus une occasion de revanche. Un autre format, une autre compétition, et la possibilité de remettre quelques certitudes allemandes à l’épreuve.

En attendant, Ludger Beerbaum et ses cavaliers peuvent savourer leur travail.
La saison régulière n’est pas encore terminée, mais son verdict est déjà connu. Riesenbeck a conquis son titre sans attendre Rabat, avec la froide précision des équipes qui savent exactement ce qu’elles valent.
Les pyramides resteront à Gizeh. La couronne, elle, repart en Allemagne.
Retrouvez les résultats complets de la GCL du Caire ici
(Photos ©LGCT/S.Grasso)





