Ping Pong rebondit chez Lynch

Publié par Sébastien Boulanger le 30/07/2026

Le mercato ne se joue pas qu’en crampons. Chez les chevaux aussi, les transferts peuvent faire lever quelques sourcils. Le dernier en date concerne Ping Pong van de Lentamel, l’un des chevaux les plus en vue de la saison 2025. Disparu des pistes internationales depuis janvier, le spectaculaire hongre BWP de 11 ans quitte Gerrit Nieberg pour rejoindre Denis Lynch. Un changement de cavalier… et de propriétaire.

Le retour du cheval disparu des radars

Depuis sa troisième place dans le Grand Prix Coupe du monde de Leipzig, en janvier dernier, plus rien.

Pas un CSI, pas une Coupe des nations, pas une apparition internationale. Pendant plus de six mois, Ping Pong van de Lentamel avait disparu des radars. Une absence suffisamment longue pour alimenter les interrogations autour de l’avenir de l’une des révélations de la saison dernière.

La réponse est finalement venue des Pays-Bas. Sur ses réseaux sociaux, Denis Lynch a officialisé l’arrivée du hongre dans ses écuries, se réjouissant d’accueillir un cheval « que beaucoup connaissent déjà ». L’Irlandais a également révélé que Ping Pong appartenait désormais à Marina Quasha, nouvelle propriétaire de la monture, se disant impatient de découvrir ce que l’avenir réserverait à ce nouveau couple.

Au-delà du changement de cavalier, l’information confirme donc également un changement de propriétaire. Un vrai mouvement de mercato.

Ping Pong van de Lentamel

Bien plus qu’un look de Petit Tonnerre

Impossible de le manquer. Avec son look de Petit Tonnerre, Ping Pong van de Lentamel est aussi reconnaissable dans un paddock qu’un maillot jaune sur le Tour de France. Le mieux, c’est que son talent saute encore plus aux yeux que sa robe.

Sous la selle de Gerrit Nieberg, l’Allemand avait rapidement compris qu’il tenait un cheval d’exception. Dès leurs premiers parcours ensemble, il assurait avoir entre les jambes un cheval capable de jouer tout en haut. Les résultats n’ont fait que confirmer cette intuition.

Ping Pong attaque 2025 pied au plancher avec deux victoires consécutives dans les Grands Prix CSI4* de Vejer de la Frontera. Quelques semaines plus tard, il signe un double sans-faute dans la Coupe des nations de Mannheim, contribuant directement au succès de l’équipe d’Allemagne.

L’été venu, il confirme qu’il appartient déjà au cercle des meilleurs. À Aix-la-Chapelle, dans le Grand Prix Rolex, il boucle un superbe premier tour sans faute avant de décrocher une prometteuse neuvième place finale.

Quelques jours plus tard, le voilà qui frappe encore plus fort en remportant le Grand Prix cinq étoiles du Longines Global Champions Tour de Riesenbeck, sur les terres de Ludger Beerbaum. Plus personne ne parle alors simplement d’un cheval spectaculaire. Ping Pong est devenu un cheval qui gagne.

Ping Pong van de Lentamel,
(©LGCT/S.Grasso)

Un recrutement qui compte

À 11 ans, Ping Pong van de Lentamel entre dans les meilleures années de sa carrière. Suffisamment expérimenté pour jouer les premiers rôles, encore jeune pour empiler les grands rendez-vous.

Sur le marché, Denis Lynch vient peut-être de réaliser l’un des plus beaux coups de l’été. L’Irlandais récupère un cheval déjà capable de performer sur les plus grosses pistes du monde, avec une victoire en CSI5*, une performance de premier plan à Aix-la-Chapelle et une régularité qui ne demande plus qu’à s’exprimer au plus haut niveau.

Reste désormais à écrire l’histoire.

Changer de cavalier est une chose. Construire un couple capable de gagner les plus grands Grands Prix en est une autre. Mais lorsqu’un cheval de cette trempe débarque dans une nouvelle écurie, tout le circuit gardera forcément un œil sur ses premiers parcours.

Une certitude, en revanche : le mercato du jumping vient encore de s’offrir l’un de ses plus beaux mouvements de l’année.

Les pies, ces drôles de zèbres qui bousculent le très haut niveau

Longtemps, la robe pie a surtout fait tourner les têtes… plus que les chronos. Dans le sport de haut niveau, ces chevaux aux allures de western ont souvent souffert d’une réputation de curiosité plutôt que de compétiteurs. Une idée largement battue en brèche ces dernières années.

Le pionnier reste Utah van Erpekom. Pendant longtemps, le spectaculaire étalon BWP a fait figure d’exception. Sous la selle de John Whitaker, il est devenu le premier cheval pie à s’imposer au plus haut niveau international, en remportant notamment le Grand Prix CSI5* de São Paulo, le Grand Prix CSI4* de Gijón et plusieurs autres épreuves majeures du circuit. Pendant près de vingt ans, il est resté une anomalie statistique.

Aujourd’hui, Ping Pong van de Lentamel prend le relais. Avec un palmarès qui prend sérieusement de l’épaisseur, le hongre BWP s’est imposé comme l’un des très rares chevaux pie capables de rivaliser avec l’élite mondiale.

Ping Pong van de Lentamel,

Derrière ces deux-là, quelques autres noms ont fait parler d’eux sans atteindre le même niveau. On pense notamment à Samber, premier étalon pie approuvé par le stud-book KWPN. Véritable révolution génétique, il est devenu une référence de l’élevage des chevaux de couleur après avoir lui-même évolué en Grand Prix, aussi bien en dressage qu’en saut d’obstacles. Son influence reste aujourd’hui immense.

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