À Barcelone, Jessica Mendoza et In The Air ne touchent plus terre

Publié par Sébastien Boulanger le 03/10/2026

Deux jours, deux victoires. Après avoir remporté la grosse épreuve à 1,50 m jeudi, Jessica Mendoza and In The Air ont remis ça vendredi soir dans le Grand Prix 5* de la Ville de Barcelone. Dans une seconde manche où certains sont allés plus vite, mais pas forcément jusqu’au bout, la Britannique et sa jument ont trouvé le dosage parfait. Douze centièmes devant Rodrigo Pessoa, toutes les barres sur les taquets et un deuxième Grand Prix 5 dans la poche. Barcelone commence sérieusement à ressembler à leur résidence secondaire.

45’’68. Et une barre de trop

Pendant quelques secondes, Jessica Mendoza a probablement cru que son Grand Prix venait de lui échapper.

Sophie Hinners venait de lancer Iron DamesKaleni Jo dans un parcours qui avait tout de la démonstration. Six jours seulement après leur victoire dans le Grand Prix 5 de Vienne, l’Allemande et sa jument étaient encore en train de marcher sur l’eau. Les foulées défilaient, le chronomètre fondait et le dernier obstacle arrivait avec une victoire quasiment emballée.

À l’arrivée, la montre affichait 45’’68.

Plus d’une seconde de mieux que les 46’’94 de Mendoza.

Sauf que la dernière barre était tombée.

Et dans ce genre de soirée, il existe une différence assez fondamentale entre être la plus rapide et être la plus rapide sans faute.

Hinners termine septième. Mendoza, elle, gagne.

Voilà à peu près le scénario de ce Grand Prix 5* de la Ville de Barcelone : plusieurs cavaliers ont essayé d’aller chercher la Britannique. Certains sont même allés plus vite. Mais personne n’a réussi à réunir les deux ingrédients indispensables : le chrono et les barres dans les taquets jusqu’au bout.

In The Air, deuxième service

Cette victoire ne tombe pas exactement du ciel. Même pour une jument qui s’appelle In The Air.

Vingt-quatre heures plus tôt, Jessica Mendoza et sa fille d’Air Jordan avaient déjà remporté la grosse épreuve à 1,50 m du jeudi. Vendredi soir, elles ont simplement décidé de passer à l’étage supérieur.

Et avec In The Air, Mendoza dispose d’un sacré petit avion de chasse.

La KWPN de treize ans n’est pas le modèle le plus imposant du plateau, mais elle possède tout ce qu’il faut lorsque les chronos commencent à devenir indécents : de la vitesse naturelle, une grande amplitude et uffisamment de sang pour passer de tea time à plein gaz en une foulée. 

Face à Rodrigo Pessoa et Major Tom, il fallait pourtant être sérieusement rapide.

Le Brésilien avait livré un deuxième parcours dans la même veine que le premier : propre, fluide, sans geste inutile. Le genre de tour qui rappelle que certains cavaliers n’ont pas besoin de donner l’impression de courir pour aller très vite.

47’’06.

La référence était posée.

Mendoza devait trouver treize centièmes.

Elle en a trouvé douze de plus qu’il n’en fallait.

46’’94.

Et toutes les barres sont restées là où « Santi » Varela et son équipe les avaient installées.

Une jument qui n’était pas vraiment prévue au programme

In The Air a aussi le bon goût d’être arrivée dans la vie de Jessica Mendoza presque par la porte de service. Lorsqu’elle cherchait de nouvelles montures, la Britannique s’intéressait initialement davantage à Summerhouse, son jeune frère utérin.

La suite a largement rebattu les cartes.

In The Air n’avait d’ailleurs pas franchement sorti le grand jeu lors de leur première rencontre. Quelques années plus tard, la voilà pourtant capable d’enchaîner deux victoires en deux jours à Barcelone et d’ajouter un deuxième Grand Prix 5* au palmarès du couple.

Dans le commerce de chevaux comme ailleurs, la première impression ferait parfois mieux d’attendre le barrage.Mendoza avait pourtant acheté les deux.

Quelques années plus tard, celle qui n’était presque qu’un bonus dans l’opération est devenue une véritable jument de Grand Prix. À Barcelone, elle vient même d’offrir à sa cavalière leur deuxième victoire commune dans un Grand Prix 5*.

Comme quoi, les essais parfaits font parfois les belles factures. Les essais un peu moins parfaits peuvent aussi faire les très bons chevaux.

Pessoa sort le costume, les autres sortent les chronos

Derrière Mendoza, le podium ressemble tout de même à une réunion de gens qui savent à peu près ce qu’ils font.

Rodrigo Pessoa prend donc la deuxième place avec Major Tom en 47’’06. Cian O’Connor complète le podium avec le puissant Kentucky TN en 47’’73.

Denis Lynch avait pourtant été le premier à réussir le double sans-faute. Avec Brooklyn Heights, l’Irlandais avait choisi une partition plutôt prudente et fixé une première référence à 48’’00.

Puis Pessoa était passé.

Puis Mendoza.

Et l’addition s’était soudainement corsée.

Stephan de Freitas Barcha a ensuite démontré que les 46’’94 de la Britannique étaient largement attaquables. Avec Dinozo Imperio Egipcio, le Brésilien a coupé la ligne en 45’’78. Plus d’une seconde de mieux.

Deux fautes ont cependant transformé ce qui aurait pu être une victoire spectaculaire en démonstration de vitesse sans trophée.

Jodie Hall McAteer n’a pas davantage trouvé la solution. Lancée avec La Gupardie, la Britannique a concédé trois fautes dans cette seconde manche et terminé douzième.

Vogel passe par le trou de la serrure

Pourtant, avant cette bataille de centièmes, encore fallait-il avoir le droit d’y participer.

Trente-sept couples s’étaient présentés au départ de la première manche,.

Avec Gangster Montdésir, le numéro un mondial avait laissé une barre au sol, mais son chronomètre était le meilleur de tous les parcours à quatre points. Suffisant pour décrocher le douzième et dernier ticket pour la seconde manche.

Julien Épaillard pourra longtemps regarder les chiffres.

Avec Donatello d’Auge, le Français avait lui aussi terminé avec quatre points. Mais il avait été 76 centièmes plus lent que Vogel.

Treizième.

La première place de ceux qui peuvent rentrer aux écuries en expliquant qu’ils n’étaient vraiment pas loin.

Épaillard signe néanmoins la meilleure performance française du Grand Prix.

Pieter Devos presque, mais pas encore.

Le cavalier belge qui se présentait avec son étalon BWP de 9 ans seulement ne passe pas loin d’une nouvelle belle performance. Car de la seconde manche il a été après un premier tour clair. Par contre 4 points et un chrono encore trop lent le laissaient hors du coup pour les places d’honneur. Mais ce jeune garçon (Rainbow) a un sacré potentiel dans le moteur.

Bref du beau sport sur la piste du Real Polo Club. Et ce n’est pas encore le plat principal. Pour ça rendez-vous dimanche. Pour patienter, la Queen’s Cup ce samedi soir.

Find the full results here

Photos ©RCPB / Nacho Olano

Don't miss the So Horse newsletter

We don't spam! Consult our privacy policy