Suspendu pendant un mois par la Fédération équestre internationale, Abdullah Alsharbatly n’a pas mis longtemps à retrouver ses marques. De retour en compétition sur le Morocco Royal Tour, le Saoudien s’est offert le Grand Prix du CSIO 4*-W de Rabat, vendredi, avec sa toujours aussi impressionnante Diriyah. Une victoire aussi rapide que son retour aux affaires. Et qui ne fait pas disparaître les raisons de son absence.
Un mois de suspension, 50 secondes pour rappeler son talent
Il y a ceux qui reviennent de vacances avec quelques kilos en trop et les jambes lourdes. Et puis il y a Abdullah Alsharbatly. Le Saoudien, lui, a visiblement préféré profiter de sa pause forcée pour entretenir son sens du chronomètre.
Suspendu du 31 août au 30 septembre 2026 par la FEI, le cavalier n’aura donc pas attendu bien longtemps avant de refaire parler de lui. Et pas pour une nouvelle sanction, cette fois.
Sur la piste de Dar Es Salam, à Rabat, Alsharbatly a retrouvé une des choses qu’il sait faire : aller vite, et laisser les barres sur leurs taquets. Associé à Diriyah, il a remporté le Grand Prix 4* à 1,55 m, Prix SAR la Princesse Lalla Amina. Chrono : 50.83.
Il devance le Français Olivier Perreau, deuxième avec Himalaya du Temple (51 »65), et le Suisse Edouard Schmitz, troisième avec Gamin van ‘t Naastveldhof (52 »01).
Un retour gagnant, donc. Mais pas tout à fait anodin.
Une suspension qui n’avait rien d’une pause détente
Car si Alsharbatly a retrouvé les honneurs du podium, son absence du circuit mérite un petit rappel.

Le Saoudien avait écopé d’une suspension d’un mois après avoir reçu deux Jumping Recorded Warnings en l’espace de douze mois. Ces avertissements, prévus par l’article 259.1 du règlement FEI entré en vigueur en janvier 2026, sanctionnent notamment la présence de sang sur un cheval lorsqu’elle résulte de l’équipement ou de l’action du cavalier.
Deux avertissements sur douze mois, et la sanction tombe automatiquement : 1 000 francs suisses d’amende et un mois de suspension.
Alsharbatly avait reçu un premier avertissement en juin à Calgary, puis un second fin août à Gijón. La sanction avait pris effet le 31 août, avec une interdiction de compétition jusqu’au 30 septembre inclus.
Une affaire qui rappelle que le haut niveau ne se juge pas uniquement à la hauteur des obstacles franchis ou au nombre de victoires accumulées. Le respect du cheval fait aussi partie du règlement. Et celui-ci s’applique à tous les cavaliers.
Sportivement, en revanche, le mois d’absence ne semble pas avoir entamé les ambitions du Saoudien.
Diriyah, toujours aussi précieuse
Pour réussir son retour, Alsharbatly pouvait compter sur une partenaire de choix : Diriyah, anciennement connue sous le nom de Dubaï du Cèdre.

La fille de Baloubet du Rouet, passée notamment sous les selles de Julien Épaillard and Janne Friederike Meyer-Zimmermann, n’a rien perdu de ses qualités. À Rabat, elle a une nouvelle fois démontré qu’elle savait conjuguer vitesse et efficacité.
Et il en fallait, de l’efficacité, pour venir à bout du parcours imaginé par Santiago Varela.
Le chef de piste espagnol avait concocté un Grand Prix suffisamment sélectif pour départager les 46 couples engagés, tout en tenant compte des différences de niveau entre les concurrents. Avec, déjà, un œil sur la Coupe des Nations programmée dimanche.
Il aura fallu attendre le treizième partant pour voir Harm Lahde et GSI Sir Dominator signer le premier sans-faute. Jérôme Guéry avec Kiliman Sitte, mais aussi Pedro Grandi Backeuser, Roberto Previtali, Edouard Schmitz, Olivier Perreau et donc Abdullah Alsharbatly ont également réussi à déjouer les difficultés du tracé.
Douze couples ont finalement pris part à la seconde manche. Et c’est là que le Saoudien a fait parler la poudre.
En 50 »83, Diriyah et son cavalier ont mis tout le monde d’accord. Perreau a bien tenté de suivre le rythme, mais sans succès. Quant à Schmitz, ses 52 »01 lui ont offert la troisième marche du podium.
La victoire n’efface pas l’ardoise
À l’arrivée, Alsharbatly a salué la performance de sa jument et la qualité de l’organisation marocaine. Une réaction sobre pour un cavalier qui venait pourtant de signer une rentrée remarquée.
La victoire confirme surtout une chose : le Saoudien n’a rien perdu de sa compétitivité. Sa suspension l’a éloigné des terrains pendant un mois, pas des premières places.
Reste que le chronomètre ne remet pas les compteurs disciplinaires à zéro. La sanction appartient désormais au passé réglementaire, mais elle demeure un épisode significatif de sa saison.
À Rabat, Abdullah Alsharbatly a retrouvé le chemin de la victoire. Avec Diriyah, il n’aura fallu que 50 secondes et 83 centièmes pour rappeler qu’il savait toujours gagner.
Pour faire oublier le reste, il faudra sans doute un peu plus de temps.
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix here
(Photo cover ©MRT/C. Badouet)





