On pensait avoir atteint le sommet avec la tour Eiffel à Paris ou la statue de la Liberté à New York. Mais visiblement, le Global Champions Tour avait encore quelques idées derrière la tête. Du 22 au 24 octobre, les meilleurs cavaliers du monde vont se retrouver au Caire, avec les pyramides de Gizeh en toile de fond. Un décor absolument hallucinant, 1,75 million d’euros de dotation et un titre mondial au bout de la ligne droite. Le jumping est en train de s’offrir une vitrine dont peu de sports peuvent se vanter.
Après Paris et New York, difficile de faire plus fort. Et pourtant…
Il y avait eu Paris, ses obstacles au pied de la tour Eiffel et ses images de carte postale. New York, avec Manhattan et la statue de la Liberté en arrière-plan. Miami Beach, son sable, ses palmiers et son petit parfum de vacances pour milliardaires. Sans oublier Monaco, Cannes et quelques autres destinations où le décor semble parfois avoir été choisi par un réalisateur hollywoodien.
On pensait sincèrement avoir fait le tour.
Mais c’était mal connaître Jan Tops et son Global Champions Tour. Car pour cette fin de saison 2026, le circuit a décidé de sortir l’artillerie lourde. Direction l’Égypte, où une piste de jumping va prendre place devant les mythiques pyramides de Gizeh.

Oui, les pyramides. Les vraies. Celles qui ont traversé les millénaires et devant lesquelles même les monuments les plus célèbres de la planète ressemblent soudain à de jeunes premiers.
Autant dire que la Dame de fer et Miss Liberty viennent de prendre un sacré coup de vieux.
Le jumping entre dans une autre dimension
Il faut reconnaître une chose au Global Champions Tour : en vingt ans, le circuit a complètement bouleversé la manière de mettre en scène le saut d’obstacles.
Là où le jumping s’est longtemps contenté de belles pistes, de tribunes impeccables et de quelques arrangements floraux, le circuit imaginé par Jan Tops a progressivement transformé ses étapes en véritables événements internationaux. Des destinations prestigieuses, des images spectaculaires, une production télévisuelle ambitieuse et, surtout, cette capacité à installer un sport parfois confidentiel au cœur de lieux connus de toute la planète.
Mais avec Gizeh, on change encore de catégorie.
Parce qu’une chose est de construire une carrière au pied d’un monument célèbre. Une autre est de faire galoper les meilleurs chevaux du monde avec, à l’horizon, l’un des témoignages les plus extraordinaires de l’histoire humaine.
Le contraste promet d’être saisissant. D’un côté, des constructions vieilles de plusieurs millénaires. De l’autre, des chevaux capables de franchir 1,60 mètre, des cavaliers lancés à la chasse aux centièmes et toute la modernité du sport de très haut niveau.
Le passé et le présent dans le même cadre. Et, pour une fois, les chevaux pourraient presque voler la vedette aux pyramides. Presque.

Derrière les pyramides, une fédération qui a retroussé ses manches
Parce qu’évidemment, organiser un concours cinq étoiles devant les pyramides, c’est magnifique sur le papier. Mais entre le rêve et la réalité, il y a quelques obstacles autrement plus compliqués qu’un triple à 1,60 mètre.
Et pour les franchir, la Fédération équestre égyptienne n’a pas ménagé ses efforts. Sous la présidence du Dr Ismaiel Shaker, elle s’est mobilisée aux côtés du Global Champions Tour, des autorités égyptiennes et de plusieurs partenaires institutionnels pour contribuer à la concrétisation de ce projet hors norme.
Coordination technique, préparation logistique, dispositifs vétérinaires… Monter un tel événement dans un site aussi exceptionnel ne s’improvise pas. Jan Tops lui-même a tenu à saluer publiquement l’engagement de la Fédération et des autorités égyptiennes.
Une belle démonstration de ce que peut accomplir une fédération lorsqu’elle voit grand et se donne les moyens de ses ambitions.
Car les pyramides étaient déjà là depuis 4 500 ans. Mais pour y faire venir le gratin du jumping mondial, il fallait quand même retrousser quelques manches.
Un décor de pharaon, des enjeux de champions
Évidemment, derrière les images qui promettent de faire le tour des réseaux sociaux, il y a aussi une véritable compétition sportive.
Cette première édition du Longines Global Champions Tour du Caire constituera la quatorzième étape de la saison 2026 et l’avant-dernier rendez-vous avant la finale de Rabat, programmée du 30 octobre au 1er novembre.
La dotation totale atteint 1,75 million d’euros, dont un million pour le seul Grand Prix du samedi 24 octobre. De quoi ajouter une petite dose de pression à un événement qui n’en manquait déjà pas.
Et côté casting, pas question de jouer les figurants.
Abdel Saïd, qui défend les couleurs belges, arrive en Égypte en leader du classement général après sa victoire dans le Grand Prix de Rome. Max Kühner fait partie de ses principaux poursuivants, tandis que Ben Maher, Christian Kukuk, Daniel Deusser, Marcus Ehning and Simon Delestre seront également de la partie.
La Belgique sera d’ailleurs particulièrement bien représentée avec Pieter Devos, Niels Bruynseels, Olivier Philippaerts and Thibeau Spits.
Bref, quelques-uns des meilleurs cavaliers de la planète, un million d’euros dans le Grand Prix et les pyramides en guise de tribune présidentielle.
On a connu des concours avec moins d’arguments.

Quand le sport devient aussi une affaire de culture
L’événement dépasse toutefois les frontières du sport. Cette première étape égyptienne voit le jour avec le soutien fondateur de Years of Culture, une initiative portée par le Qatar qui entend rapprocher les pays à travers la culture, le patrimoine et, désormais, davantage encore le sport.
Une collaboration qui prend tout son sens alors que l’Égypte et la Grèce seront les pays partenaires du Qatar dans le cadre de l’initiative culturelle prévue en 2027.
Derrière le spectacle équestre se dessine donc aussi une opération de rayonnement international. Et difficile d’imaginer meilleure vitrine que les pyramides pour rappeler que l’Égypte possède un patrimoine absolument unique.
Le Global Champions Tour y trouve un écrin exceptionnel. Le pays, une nouvelle occasion de montrer son patrimoine au monde. Et le jumping, une opportunité rare de sortir de sa bulle pour toucher un public bien plus large que celui des habitués des paddocks.
Car c’est peut-être là que se situe la véritable réussite de ce genre d’événement : donner envie de regarder du jumping à des gens qui n’en auraient jamais regardé autrement.
Le plus beau décor de l’histoire du jumping ?
C’est évidemment subjectif. Les puristes continueront de défendre l’atmosphère d’Aix-la-Chapelle, l’élégance de Rome ou la magie des soirées parisiennes. Et ils auront leurs raisons.
Mais en matière d’impact visuel, Gizeh pourrait bien placer la barre à une hauteur difficilement franchissable.
Reste maintenant à transformer cette promesse esthétique en grand moment de sport. Car une belle photo ne remplacera jamais un barrage d’anthologie, un cheval exceptionnel ou une victoire arrachée au dernier obstacle.
Si les deux se rencontrent, en revanche, le jumping pourrait tenir l’une des images les plus marquantes de son histoire récente.
Et c’est peut-être ce qui rend cette étape du Caire aussi fascinante. À l’heure où tous les sports cherchent à conquérir de nouveaux publics et à produire des images toujours plus spectaculaires, le saut d’obstacles possède un atout que beaucoup peuvent lui envier : ses chevaux, ses champions et cette capacité à transformer n’importe quel lieu en théâtre sportif.
La tour Eiffel, la statue de la Liberté, les pyramides de Gizeh… À ce rythme-là, il va bientôt falloir organiser un Grand Prix sur la Lune pour faire mieux.
En attendant, rendez-vous au Caire. Les pharaons ont trouvé leurs nouveaux invités.
((Photo cover ©LGCT)





