Dans une ambiance électrique à Fort Worth, Becky Moody a pris les commandes de la Finale Coupe du monde FEI de dressage dès la première journée. Avec son fidèle Jagerbomb, la Britannique devance le jeune Américain Christian Simonson and Patrik Kittel. Mais rien n’est joué : la Kür de samedi remet les compteurs à zéro.

Jagerbomb, produit maison en démonstration
Il fallait tenir ses nerfs. Becky Moody l’a fait, et avec la manière. Dernière à s’élancer dans ce Grand Prix d’ouverture à Fort Worth, la Britannique a déroulé une reprise solide, propre, presque clinique.
Résultat : 76,761 %. Suffisant pour prendre la tête et envoyer un message clair à la concurrence.

Son partenaire ? Jagerbomb, hongre KWPN né… chez elle. Un produit maison, façonné avec patience et complicité. Et ça se voit. Entre puissance et élasticité, le couple affiche une harmonie rare à ce niveau.
« Il est mon bébé », confie-t-elle. Une relation qui pèse lourd quand la pression monte.

Simonson, 23 ans et déjà dans la cour des grands
La sensation du jour, elle vient des États-Unis.
À seulement 23 ans, Christian Simonson signe une deuxième place à 75,413 % pour sa première finale.

Aux rênes d’Indian Rock, ancien crack d’Emmelie Scholtens, l’Américain a longtemps cru tenir la victoire. Une piaffe impressionnante, une reprise engagée, et surtout un sang-froid remarquable.
« Surréaliste », lâche-t-il après sa performance.
Le gamin n’est plus un outsider. Il est déjà une menace sérieuse pour la Kür.

Kittel solide, mais pas tranchant
Le vainqueur de la CDM 2024, le Suédois Patrik Kittel, complète le podium avec 72,869 % sur Touchdown.

On l’a connu plus incisif. La faute notamment à un arrêt d’entrée manqué, « très coûteux » selon ses propres mots. Derrière, le reste est propre, sans faute majeure, mais sans éclat suffisant pour inquiéter les deux leaders.
Pas de panique pour autant : Kittel attend la Kür, son terrain de jeu favori. Et il le dit sans détour : il a encore des cartouches.

Le Grand Prix, juge de paix sans artifices
Pas de musique. Pas de chorégraphie.
Le Grand Prix, c’est le test brut.
Même reprise pour tous. Même exigences. Les juges scrutent tout : précision, transitions, attitude, connexion.
Et certains pièges font toujours des dégâts — l’arrêt-reculer en tête de liste. Dans une Dickies Arena survoltée, chaque détail compte.
Mendoza Loor, la belle histoire à 20 Dollars
Impossible de passer à côté de Julio Mendoza Loor.
L’Équatorien a ouvert le bal avec 72,000 % sur Jewel’s Goldstrike… un cheval acheté 20 dollars à un ami.
Oui, 20 dollars.

Leader pendant une bonne partie de l’épreuve, le champion panaméricain a finalement terminé quatrième, mais avec une émotion palpable.
« C’est un conte de fées », dit-il. Difficile de le contredire.
Les autres : Sysojeva, Treffinger, Fairchild, Barbançon
Derrière le quatuor de tête, la hiérarchie se dessine :
- Sandra Sysojeva (POL) avec Maxima Bella
- Moritz Treffinger (GER) avec Fiderdance
- Alexa Fairchild (BEL) avec Fairplay
- Morgan Barbançon (FRA) avec Sir Donnerhall II OLD
Une présence belge à souligner dans le top 8, avec Fairchild qui confirme sa régularité sur la scène indoor.
Une Kür sans filet
Pas de points conservés. Tout repart de zéro.
Sans Charlotte Fry, tenante du titre 2025, la voie est ouverte. Becky Moody peut-elle prolonger l’hégémonie britannique ? Ou assistera-t-on à l’émergence d’un nouveau visage ?
Réponse samedi soir.

Et une chose est sûre : entre la fraîcheur de Simonson, l’expérience de Kittel et la dynamique de Moody, la bataille s’annonce explosive.
Find les résultats complets du Grand Prix de la finale de la Coupe du onde de dressage ici
(Photos © FEI/Shannon Brinkman)