Aix-la-Chapelle a changé de saison. Quelques jours après un week-end plus qu’estival, les cavaliers de jumping ont découvert ce mardi une Soers nettement plus fraîche, humide et franchement moins accueillante pour les manches courtes. Mais sous les vestes de pluie, les Belges ont surtout pris leurs marques. Emilie Conter, Abdel Saïd, Thibeau Spits, Pieter Devos et Nicola Philippaerts ont eu droit à quelques minutes de familiarisation avant le vrai départ. Mercredi, le chrono tourne. Et cette fois, ça comptera.
Autre semaine, autre saison
On avait quitté Aix-la-Chapelle avec quelques degrés de plus dimanche. Presque le double quand même. On retrouve la Soers avec le ciel bas, la pluie et cette petite fraîcheur allemande qui rappelle que, même au mois d’août, la météo peut elle aussi décider de participer aux Championnats du monde.
Mais pour les chevaux du jumping, pas question de discuter météo. Ce mardi, c’était familiarisation dans l’immense stade d’Aix-la-Chapelle. Quelques minutes pour regarder les tribunes, sentir le sol, repérer les fleurs, les écrans, les perspectives et tout ce qui fait de cette piste autre chose qu’un simple rectangle avec des obstacles.
Pour les Belges, les cinq couples présents étaient de sortie : Pieter Devos with Casual DV Z, Nicola Philippaerts and Katanga v/h Dingeshof, Abdel Saïd with Wathnan Quaker Brimbelles Z, Thibeau Spits with Impress-K van ’t Kattenheye Z, ainsi que la réserviste voyageuse Emilie Conter with Portobella van de Fruitkorf. Dix minutes, pas davantage
Pas question évidemment de gagner les Championnats du monde un mardi après-midi de familiarisation.
Pendant un peu moins de dix minutes, chacun a donc fait ses courses. Les Belges ont trotté, galopé, laissé les chevaux regarder et, pour quatre d’entre eux, sauté le petit parcours installé sur la piste.
Seul Abdel Saïd a choisi une autre méthode avec Wathnan Quaker Brimbelles Z : pas d’obstacles. L’objectif était simplement de permettre à son cheval de redécouvrir tranquillement l’environnement.

Pour les autres, quelques sauts et puis au revoir. Merci, à demain.
Et à écouter Thibeau Spits, le voyant était plutôt au vert.
« Je pense que tout le monde a déjà eu un bon sentiment dans la piste. Ça s’est bien passé pour tout le monde et maintenant, ça commence vraiment. On a dû attendre longtemps, mais maintenant, on est là. »
Et le cheval lui a envoyé exactement le message qu’il espérait recevoir.
« Il était frais dans son corps, mais calme dans la tête. C’était le plus important pour moi, qu’il soit relâché dans la piste. Il m’a vraiment donné un bon sentiment, de la confiance pour les prochains jours. »
Les décorations, les fleurs et tout le folklore visuel d’un grand championnat ? Pas vraiment de quoi perturber Impress-K selon son cavalier.
« Mon cheval, normalement, ne regarde pas trop à ça. Ça allait vraiment comme je voulais, donc je suis très content. »
Et lorsqu’on lui demande s’il est impatient de commencer, la réponse ne nécessite pas une analyse poussée : « Vraiment, j’ai hâte de commencer. »
Ça tombe bien. C’est demain.

Katanga connaît la maison
Même satisfaction chez Nicola Philippaerts.
With Katanga v/h Dingeshof, le Belge n’avait pas prévu une répétition générale. Un tour, quelques sauts, une vérification du tableau de bord et retour aux écuries.
« Juste sauter une fois le parcours pour avoir le sentiment. Elle était bien fraîche, elle se sentait très bien, donc j’espère qu’elle est prête pour demain. »
Philippaerts insiste surtout sur l’intérêt de cette séance dans une piste aussi particulière qu’Aix-la-Chapelle, d’autant que certains chevaux la découvrent et que la configuration du stade diffère cette année.
« Il y a quand même quelques chevaux qui n’ont jamais sauté sur la piste d’Aix-la-Chapelle et je pense que c’est super qu’on puisse leur montrer un peu. C’est un peu différent cette année avec la piste en sable au milieu. »
Du côté belge, le bilan du mardi tient en une phrase : rien à signaler. Et dans un championnat, à la veille de la première manche, c’est généralement une excellente nouvelle.
« Nos cinq chevaux étaient bien en forme, donc tout s’est bien passé. »
Demain, remise des compteurs à zéro
Parce que la familiarisation reste la familiarisation.
Mercredi, les obstacles montent, le chronomètre s’allume et les petites sensations agréables du mardi ne vaudront pas le moindre point au classement.
La première compétition des Championnats du monde est bien une épreuve de vitesse, comptant pour les classements par équipes et individuel.
Et Nicola Philippaerts le sait mieux que personne. Aix sera son deuxième Championnat du monde et son cinquième championnat.
« Demain, ça commence. On commence tous de zéro, donc il y a beaucoup qui va se passer demain et les prochains jours. On doit faire un bon programme et essayer d’être le mieux possible. »
Avec Katanga, il peut au moins s’appuyer sur une partenaire qui connaît l’endroit et qu’il sent en forme.
« C’est bien d’avoir un peu de confiance. Elle est en bonne forme, elle aime bien la piste à Aix-la-Chapelle et j’espère qu’on peut bien commencer demain. »
Le décor est donc planté.
Ce mardi, les Belges sorti la veste, pris la pluie, regardé les fleurs, testé quelques barres.
Mercredi, il faudra sortir le chrono.

La liste de départ de la première épreuve en équipe here



