Quand Boyd Exell pose les rênes sur une piste de Coupe du monde, il se passe généralement quelque chose. Quand il le fait avec un pied fracturé, en béquilles, en mode « ça ira bien », il se passe beaucoup de choses. À Stockholm, le maestro australien a encore rappelé pourquoi il est le patron du marathon indoor : même cabossé, il met tout le monde d’accord.
Un chef de piste qui aime compliquer les maths
Johan Jacobs n’a pas dessiné un parcours : il a composé un Rubik’s Cube.
Porte doubles dans l’obstacle 5 ? Trois. Dans l’obstacle 10 ? Quatre. Résultat : une infinité de trajectoires, des meneurs qui tricotent des lignes dignes d’un GPS qui bugue, et un premier round qui ressemble à une épreuve de mémoire avec 4 x 600 kilos de muscles au bout des mains.
Dans ce casse-tête scandinave, chacun tente sa recette. Mais un seul signe deux fois le meilleur temps : Boyd Exell, le type qui roule plus vite avec un pied cassé que la plupart en pleine possession de leurs moyens.
Persson, Chardon et Exell : les cerveaux bien branchés
Le premier à se jeter dans l’arène glacée, c’est Fredrik Persson, wild card locale. Propre, fluide, suédois jusque dans la précision : 178,73 secondes, plus une balle qui tombe comme un cheveu sur une banquette IKEA, soit 182,73. Ça passe pour le drive-off.
IJsbrand Chardon, lui, déroule son expérience. Fluide, mais pas totalement sage : une balle tombe à l’obstacle 10. 173,24 secondes, ticket validé pour la suite.
Derrière ?
Les Allemands, version château de cartes
Christoph Sandmann part fort, puis entre dans l’obstacle 10 comme on entre dans un virage sans freins. Balle, erreur de parcours, addition salée : 200,53 + 24 secondes de pénalité. Journée « à oublier », comme on dit poliment.
Mareike Meier tient jusqu’à la porte 8, puis cède elle aussi dans le maudit obstacle 10. 186,97 secondes + 8 de pénalité, rideau.
Anna Sandmann ne sera pas plus chanceuse : trois balles, 181,56 secondes, total 193,56. Les Allemands ont connu des week-ends plus inspirés.
Boyd Exell, ou l’art de ne pas boiter où ça compte
Il l’avait dit : « Je me suis fracturé le pied. »
On imaginait un forfait. Lui imaginait juste comment grimper sur son attelage. Une fois en poste, plus aucune trace du drame : un parcours propre comme une rue de Stockholm, aucun faux pas (cette fois), 161,57 secondes. Classe mondiale.
Drive-off : repartir à zéro, finir comme d’habitude
Pour le drive-off, tout le monde remet les compteurs à zéro. Certaines portes sautent du programme, histoire de rajouter un twist, mais une constante demeure : Exell est toujours plus rapide.
Persson ouvre les hostilités : 170,04 secondes, balle incluse.
Chardon pousse plus loin le curseur : 155,03.
Et puis arrive Exell, le champion au pied d’argile?
150,35 secondes + 4 secondes de pénalité. Même en mode « os fragilisé », personne ne suit la cadence.
Le classement est resserré, mais le résultat final ressemble à une routine : Exell devant, les autres derrière.
Et demain ?
Rendez-vous à 18h45 pour la deuxième manche de ce week-end suédois.
Ordre de passage inversé, pression maximale, et un Boyd Exell probablement toujours en béquilles… mais surtout toujours en orbite.
Retrouvez les résultats complets de la coupe du monde d’attelage de Stockholm ici