Pattaya, cette semaine, moiteur tropicale et sueur d’ambition : la Thaïlande vient de décrocher l’or en dressage par équipes aux FEI Asian Championships 2025.
Mais l’image qui reste, c’est celle d’une cavalière au port royal, littéralement, qui retient difficilement ses larmes en descendant de Boulevard , son hongre de 14 ans. Son altesse Sirivannavari Nariratana Rajakanya Mahidol : princesse, styliste, ancienne badiste médaillée, et désormais double championne d’Asie par équipes sur sa terre.
« Les larmes sont venues toutes seules », avoue-t-elle. On la croit volontiers : devant son public, elle réédite l’or de 2019, entourée de ses trois comparse de podium. Derrière, l’Inde et Hong Kong complètent la boite, spectateurs du show thaï.

Chez Sirivannavari, glamour et sport ne cohabitent pas : ils fusionnent.
Née en 1987, élevée au rang de princesse par son grand-père le roi Bhumibol en 2005, elle a passé ses jeunes années entre Londres et Bangkok, oscillant entre les cours de mode à Chulalongkorn, la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne et les courts… de badminton. Oui, avant de tracer des half-pass millimétrés, elle gagnait des médailles d’or par équipes aux jeux d’Asie du Sud-Est 2005.
Une médaille de bronze en 2007, puis un détournement du destin : la selle remplace la raquette.

Elle pourrait être l’héroïne d’un film biopic un peu trop parfait, mais la réalité suffit : une princesse qui dessine des robes haute couture l’après-midi et monte des chevaux de Grand Prix le matin.
Dressage : le virage qui change tout
Si Sirivannavari commence l’équitation en suivant les traces de sa sœur, la princesse Bajrakitiyabha, plutôt branchée saut d’obstacles, c’est à Saumur, au mythique Cadre Noir, que son destin bascule.
Entre 2012 et 2014, elle s’y forge une technique, un caractère, un sens du cheval. « Dressage is a dance », dit-elle souvent. Une danse qui lui parle, elle qui a le goût du geste parfait, du détail invisible, de la rigueur artistique.
« C’est un sport d’une exigence totale, un dialogue constant, deux cœurs qui doivent battre ensemble », explique-t-elle. On dirait du marketing. Mais non : c’est juste la vérité d’une cavalière qui sait que l’art se cache derrière la sueur.

Le héros silencieux de l’histoire, c’est lui : Boulevard.
14 ans, un peu gentleman, beaucoup perfectionniste, comme sa cavalière. Ensemble, ils visent maintenant mieux que la cinquième place des championnats d’Asie 2019 en individuel.
Et quand on voit la fluidité du duo dans le rectangle de Pattaya, on se dit que le compteur de médailles n’a pas fini de tourner.
Une semaine type : moins palace, plus paddock
La princesse a beau posséder l’une des silhouettes les plus photographiées de Bangkok, son quotidien sent davantage l’écurie et le cuir que les spotlights :
« C’est productif, mais aussi apaisant », dit-elle. La routine d’une sportive de haut niveau, pas d’une héritière couchée sur papier glacé.

la princesse Sirivannavari n’est pas juste un symbole : elle tire réellement l’équitation thaïlandaise vers le haut. Son titre à Pattaya, devant des tribunes acquises à sa cause, incarne ce moment où un pays se découvre une nouvelle passion collective.
Et l’héritière royalement polyvalente sert de locomotive. À Pattaya, elle n’a pas simplement gagné : elle a montré que la beauté du geste pouvait être une affaire nationale.
(Photos ©FEI/Yong Teck Lim)