À 25 ans, Egor Shchibrik a décroché à Pattaya le premier grand titre de sa carrière : l’or individuel aux Championnats d’Asie. Dans une finale étouffante, le jeune cavalier, formé pendant plus de six ans chez Grégory Wathelet, a fait ce que les favoris n’ont pas su faire : rester de glace. Double sans-faute, précision chirurgicale et maîtrise totale du tempo. Pattaya a tremblé, lui non.
Le coup de maître d’un outsider très surveillé
La finale asiatique avait tout d’un piège : un tracé technique, une ambiance électrique et des écarts infimes entre les prétendants au podium. Entré dans l’ultime manche en sachant que tout pouvait basculer, Egor Shchibrik a choisi la voie haute : deux parcours impeccables, exécutés sans trembler, pendant que plusieurs leaders pliaient sous la pression.
Crack HV (Cornet Obolensky x Candillo), ancienne monture de Richard Vogel et Arne Van Heel, a été un partenaire de luxe dans le moment le plus crucial. Fluide, réactif, toujours disponible, l’étalon a parfaitement accompagné un cavalier en pleine maîtrise de son sujet.

Wathelet, l’école du calme
Le sang-froid, ça ne tombe pas du ciel.
Shchibrik l’a façonné en Belgique, dans l’écurie d’un des maîtres du genre : Grégory Wathelet. Six à sept ans de formation, un bagage technique et mental qui marque une carrière. Et même si la collaboration sportive est aujourd’hui terminée (Shchibrik étant basé aux Pays-Bas), le lien demeure.
Après sa victoire, Egor n’a pas cherché bien loin pour partager l’instant : un selfie, une médaille autour du cou, et un petit clin d’œil envoyé à son ancien mentor. Le genre de message qui dit plus qu’un long discours.

Une médaille d’or… et une histoire géopolitique en filigrane
Né en Russie, Egor Shchibrik concourt désormais sous les couleurs de la Palestine, un choix affirmé depuis le début du conflit en Ukraine. La victoire prend donc une dimension inédite : symbolique, politique par ricochet, mais avant tout sportive.
Le Comité olympique palestinien étant reconnu par le CIO, ce titre continental s’inscrit officiellement dans l’histoire du sport palestinien. Et dans un contexte territorial toujours complexe, l’image d’un jeune cavalier brandissant l’or aux Championnats d’Asie résonne forcément plus loin que la piste de Pattaya.

Un sacre qui change la donne
Sportivement, ce titre pourrait bien être un tournant. À seulement 25 ans, Shchibrik, n’est plus juste un cavalier parmi les autres, il signe son entrée dans la cour des champions. Une performance d’autant plus marquante qu’elle a été acquise dans un championnat FEI d’Asie où on l’attendait pas particulièrement.
Retrouvez les résultats complets de la finale individuelle ici
(Photos ©FEI/Yong Teck Lim)