À Malines, Épaillard remet une pièce dans la machine

Publié par Sébastien Boulanger le 29/12/2025

Le Normand a frappé fort dimanche soir à Malines. Dans une 1,50 m très (trop ?) ouverte, Julien Épaillard et Donatello d’Auge ont encore fait parler la poudre au barrage. Victoire nette, Marseillaise à plein volume et message clair avant la Coupe du monde.

Une 1,50 m portes ouvertes

Dernier concours international de l’année, premières étincelles aussi. Dimanche soir, le CHI de Malines ouvrait son CSI 5*-W avec une épreuve à 1,50 m avec barrage. Une entrée en matière musclée… mais surtout très large.

Imaginé par Bart Vonck, le parcours initial a laissé la porte grande ouverte : 18 couples qualifiés pour le barrage, soit près de 40 % des engagés. Presque trop parlant, quand on sait que nombre de chevaux étaient là pour prendre leurs marques avant le Grand Prix Coupe du monde de mardi.

Tout le monde n’a pas profité de cette largesse. Steve Guerdat, 48 centièmes, 1 point de temps dépassé avec Albfuehren’s Iashin Sitte, ou encore Gilles Thomas, pareil mais pour 16 centièmes avec Chuck Marienshof Z. Annelies Vorsselmans peut s’en vouloir aussi avec ses 13 centième de trop.

(Gudrun Patteet & Sea Coast Chica VV Z)

Par contre Gudrun Patteet avec Sea Coast Chica VV Z (Comme Il Faut x Chacco-Blue) , n’a pas laissé passer sa chance tout comme Petronella Andersson avec Opaline de W&S (Etoulon x Zirocco Blue VDL) ou encore le jeune Jules van Hoydonck avec Minte vd Bisschop (Plot Blue x Parco)

(Petronella Andersson &nOpaline de W&S)

Épaillard joue la gagne. Vraiment.

Dans ce contexte très ouvert, Julien Épaillard n’a pas tergiversé. Une fois qualifié, le Normand a choisi son camp : tout donner.

« Une fois au barrage, on était 18, il y avait deux stratégies. Viser un classement ou jouer la gagne. Donatello est très rapide, donc j’ai décidé de jouer l’épreuve à fond. »

Et quand Épaillard décide de jouer à fond, rares sont ceux qui tiennent la comparaison. Lancé à pleine vitesse avec Donatello d’Auge (Jarnac x Hello Pierville), il signe un barrage, comme d’hab, tranchant, fluide. 38’’34, sans une hésitation.

Un détail ? Pas vraiment. Comme souvent, c’est dans les choix que tout se joue.

« J’ai fait douze foulées pour aller sauter le dernier oxer, là où certains en ont fait dix. Celui-là je voulais vraiment le soigner»

Van Hoydonck résiste, Wathelet frôle, Moerings conclut

(Jules van Hoydonck appliqué pour tenter de dépasser le train Épaillard)

Derrière, la résistance s’organise. Le public belge pousse fort. Jules van Hoydonck, en selle sur Minte van de Bisschop , livre un barrage de très haut niveau. 38’’96, deuxième place, à 62 centièmes seulement du vainqueur. Solide, propre. On applaudit.

(Jules van Hoydonck & Minte van de Bisschop)

Grégory Wathelet n’était pas loin non plus. Avec Double Jeu d’Honvault, le Liégeois passe la ligne en 38’’53, mais avec une barre au sol. Frustration palpable : la gagne semblait jouable.

Dernier à partir, le Néerlandais Bas Moerings sécurise le podium avec Kivinia en 39’’42.

Donatello, piste courte, efficacité maximale

Au-delà du chrono, c’est surtout la relation Épaillard–Donatello qui impressionne. Le hongre de douze ans semblait dans son jardin.

« Ici, il était vraiment dans son élément. Il préfère les petites pistes, comme Bâle, Malines, le Saut Hermès. Sur les grandes pistes, je le perds un peu. »

Un constat lucide, déjà observé ailleurs. Après un Genève plus compliqué, Malines confirme une tendance : Donatello d’Auge est un spécialiste des indoor techniques, où la vitesse et la précision font loi.

« À Genève, j’y suis un peu habitué : ça fait trois ans que je n’y fais pas de très bons résultats. C’est une piste sur laquelle il ne se livre pas, il est très contracté là-bas. Il préfère vraiment les petites pistes comme ici. »

Un format à repenser ?

Avec 18 barragistes, la question du barème n’a pas tardé à surgir. Épaillard, comme d’autres, ne botte pas en touche.

« Ce n’est pas facile pour le chef de piste. Un mètre cinquante dès le premier jour, avec barrage, et beaucoup de chevaux de Grand Prix… Peut-être qu’un autre barème serait à réfléchir. »

Message envoyé. Sans polémique, mais avec bon sens.

Et maintenant, la Coupe du monde

Mardi, place au sérieux. Points Coupe du monde, tension maximale, obstacles plus sélectifs. Pour Épaillard, l’approche est différente : il est déjà qualifié.

« C’est la première fois que ça m’arrive. Ça me permet de qualifier plusieurs chevaux et de courir plus librement. »

Dimanche soir, en tout cas, le message est passé. Julien Épaillard est prêt. Donatello aussi. Et à Malines, quand la machine normande se met en route, peu de monde résiste.

Retrouvez les résultats complets de l’épreuve 1m50 KBC ici