Qualifié pour la finale depuis déjà un moment, Julien Épaillard n’avait pourtant aucune intention de lever le pied à Amsterdam. Bien au contraire. Le Normand a remis une couche avec Donatello d’Auge (Jarnac x Hello Pierville), pliant le Grand Prix Coupe du monde à une vitesse que personne n’a su approcher. Démonstration.

Un déjà-vu… en encore plus rapide
Les fans s’en souvenaient encore. Trois ans plus tôt, Julien Épaillard et Donatello d’Auge avaient déjà marqué le Jumping d’Amsterdam au fer rouge. À la 65e édition, le scénario s’est répété, version turbo.
Au barrage du Grand Prix Longines Coupe du monde, le duo français a claqué un 0 faute en 39’’87. Le seul sous la barre des 40 secondes. Le seul, surtout, à avoir vraiment joué dans une autre dimension.

Jufer tente le tout pour le tout
Derrière, Alain Jufer a livré une tentative de très haut niveau avec Dante MM (Diarado x Luxius). Deux longues lignes négociées sans lever le pied, un plan audacieux exécuté à la perfection. Chrono final : 41’’58.
Dans beaucoup de Grands Prix, cela aurait suffi pour gagner. Pas quand Épaillard est dans le tableau. « Quand Julien est là, la compétition change », résumera le Suisse, lucide et presque philosophe.

Comme une flèche décochée
Chez Épaillard, pas de faux suspense. Des dizaines de mètres avant la ligne de départ, Donatello était déjà lancé. Plein gaz
Fluide, ras des barres, glissant d’obstacle en obstacle. Une équitation sans frein, lisible, millimétrée. Le public n’a pas eu besoin du chrono pour comprendre. Quand le tableau s’est figé à 39’’87, la messe était dite.

Bruynseels sur le podium, les Oranje derrière
Troisième place pour Niels Bruynseels avec Delux van T&L (42’’91), solide et opportuniste.
Côté néerlandais, malgré l’énergie d’une salle survoltée, pas de réponse possible. Kim Emmen (7e) devance Willem Greve (8e), tous deux pénalisés d’une barre au barrage. Trop juste pour inquiéter la tornade française.

Penelope Leprevost se rapproche de Fort Worth
Belle opération aussi pour Pénélope Leprevost. Associée à Ehning Flamingo, la Normande signe un barrage propre et réfléchi, synonyme de cinquième place. De précieux points engrangés dans la course à la qualification pour la finale de la Coupe du monde, attendue en avril à Fort Worth.
« Je pars très vite, et je continue »
La recette ? Elle tient en une phrase.
« Je me suis dit : je pars très vite. Et ensuite, je continue », lâchera Épaillard, sourire tranquille, sous l’écharpe Longines.
Simple. Irrésistible.

À Amsterdam, Julien Épaillard n’est pas venu gérer. Il est venu rappeler une chose : quand il appuie sur l’accélérateur, il laisse tout le monde derrière. Loin derrière.
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde d’Amsterdam ici
(Photos © FEI/Leanjo De Koster)