Suspendu provisoirement depuis octobre dans une affaire de dopage… humain, Darragh Kenny voit enfin le bout du tunnel. L’Irlandais, contrôlé positif à un médicament interdit mais prescrit médicalement, sortira de suspension le 12 février. Fin d’un épisode aussi sensible que révélateur des zones grises de l’antidopage moderne.
Une notification qui tombe après l’été européen
Tout commence après les Championnats d’Europe de saut d’obstacles à La Corogne au mois de juillet. Quelques semaines plus tard, Darragh Kenny est informé d’un contrôle positif à une substance figurant sur la liste des produits interdits par la Fédération Équestre Internationale.
Problème : le produit en question n’est pas un booster de performance sorti d’un laboratoire clandestin, mais un médicament prescrit dans le cadre d’un traitement médical pour un trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH), suivi sous supervision médicale.
Suspension provisoire, coopération totale
Le 13 octobre, la sanction tombe : suspension provisoire immédiate, le temps que le dossier soit instruit. Kenny coopère pleinement avec la FEI et l’International Testing Agency, en charge des procédures antidopage humaines.
À l’époque, le cavalier avait tenu à poser le cadre, calmement, sans posture victimaire :
« Je n’ai jamais eu l’intention d’obtenir un avantage compétitif. Mon seul objectif était de traiter de manière responsable un problème médical, sous contrôle professionnel. »

Un accord final, une date claire
Le 15 janvier, la FEI publie une mise à jour décisive : un « accord final » a été trouvé entre les parties. Résultat concret : la suspension provisoire prendra officiellement fin le 12 février.
Aucun triomphalisme. Aucun commentaire supplémentaire. Par la voix d’un porte-parole, Kenny fait savoir qu’il ne souhaite pas s’exprimer davantage sur le sujet. Rideau.
Un pilier du clan irlandais
Darragh Kenny n’est pas un figurant du circuit. Pilier de l’équipe irlandaise, il était de la campagne européenne à La Corogne avec Eddy Blue, contribuant à une solide quatrième place collective et une septième place individuelle.

Son CV parle aussi pour lui : Jeux olympiques de Tokyo avec VDL Cartello, Championnats d’Europe 2019 à Rotterdam avec Balou du Reventon… Un cavalier de championnats, habitué à la pression, moins aux affaires disciplinaires.
Sportivement, Kenny pourra reprendre la compétition dès la mi-février. Mentalement, l’épisode laissera sans doute des traces. Mais cette affaire rappelle surtout une réalité : le dopage ne se résume pas à des seringues douteuses. Il navigue entre performance, médecine et responsabilité individuelle. Entre ligne blanche et ligne rouge, le cavalier avance parfois sur un fil
(Photos cover Darragh Kenny & Amsterdam 27. © FEI / Liz Gregg)