Le Jumping de Courrière change de prairie, pas d’ADN

Publié par Sébastien Boulanger le 07/02/2026

Il avait poussé jusqu’aux barrières. À Courrière, le jumping avait tout donné. Alors il déménage, change de nom et s’offre un terrain de jeu à la hauteur de ses ambitions. En juillet, direction Gesves pour la première édition du Jumping International de la province de Namur. Plus d’espace, plus de chevaux, mais toujours le même esprit.

(Le Jumping international de Courrière un peu à l’étroit à la Sandry. © JIC)

Courrières, plafond atteint

Le constat est partagé, assumé, presque serein. À La Sandry, le concours fonctionnait bien. Trop bien, même.
« On est arrivés à la capacité maximum du site », résume Ugo Berrittella, co-organisateur du concours. Les infrastructures étaient exploitées à fond, les solutions pour s’agrandir devenaient acrobatiques, et chaque évolution demandait de pousser les murs… qui n’existaient plus.

Il fallait donc faire un choix. Stagner ou avancer. Le jumping a choisi la deuxième option.

Grandir, mais rester chez soi

Pas question pour autant de quitter la région. Le concours est né là, a grandi là, et il était hors de question de couper le lien. « Ça nous tient vraiment à cœur de rester dans la région dans laquelle le concours a commencé », insiste l’équipe.

La solution s’est imposée naturellement : Gesves et les infrastructures de l’École Provinciale d’Élevage et d’Équitation . Assez proche pour conserver l’ADN local, assez vaste pour ouvrir le champ des possibles. Un compromis évident, presque logique.

(La piste principale de Gesves à l’occasion des championnats de Belgique jeunes chevaux.)

Une page blanche… ou presque

Changer de site, ce n’est pas un simple déménagement. C’est une remise à zéro partielle.
« Ce n’est pas comme si on se lançait dans une nouvelle aventure, mais c’est quasiment recommencer une page blanche. »

À Courrière, certains bâtiments étaient déjà là. À Gesves, tout ou presque doit être monté. Plus de travail, plus de coûts, plus de logistique. Les organisateurs le savent. Ils l’acceptent. « Rien n’est impossible », glisse-t-on, avec ce mélange de lucidité et d’optimisme typique des gens qui savent dans quoi ils mettent les pieds.

Un nouveau nom pour un cadre plus large

Le changement de lieu s’accompagne d’un changement d’identité. Le concours portera désormais un nom clair, assumé, territorial : Jumping International de la Province de Namur.
Pas une révolution marketing, plutôt une mise en cohérence. Un nom qui dit exactement ce que l’événement veut être : un rendez-vous fédérateur, ancré dans sa province, ouvert vers l’extérieur.

Plus d’espace, donc plus de sport

Sur le plan sportif, la philosophie reste prudente. Pas de bouleversement brutal pour cette première édition à Gesves. « Il n’y aura pas de gros changements », prévient Ugo Berrittella. Mais l’espace supplémentaire change beaucoup de choses. On reste donc sur un format 2* et 1*, l’idée poneys n’est pas complètement abandonnée et bien entendu, la nouveauté: un concours régional.

Les organisateurs s’orrientent vers l’utilisation de deux pistes simultanément, plus de boxes, des cavaliers qui pourront venir avec davantage de chevaux. Jusqu’ici, certains professionnels étaient freinés par un programme trop serré. « Venir sur un deux étoiles avec seulement trois chevaux, c’est moins intéressant pour eux. » À Gesves, cette limite s’efface.

L’objectif est clair, même s’il reste conditionné au temps disponible dans une journée : accueillir beaucoup plus de chevaux, dans de meilleures conditions, sans sacrifier la lisibilité du concours.

L’accueil maximal de 500 chevaux à la Sandry est oublié. À Gesves, les capacités monteraient à 700 chevaux pour l’inter et une centaine de tête pour le régional.

Un concours qui reste familial

Changer d’échelle ne veut pas dire changer d’âme. C’est même tout l’inverse.
« On veut vraiment que ce soit un événement familial, un cocon familial, que tout le monde y trouve son bonheur. C’est aussi pourquoi, à côté de l’inter, il y a aura un concours régional»

Animations, spectacles, ambiance conviviale : tout est maintenu. Mieux encore, une organisation plus fluide devrait permettre aux épreuves de se terminer plus tôt, laissant davantage de place à ce qui se passe autour de la piste. Le sport, oui. Mais pas uniquement.

(Grégory Wathelet, acteurs aux multiples casques lors de « son » concours »)

D’un duo fondateur à un triumvirat

Le Jumping international de Courrière futur « de la Province de Namur », c’est aussi une histoire humaine. Le concours a vu le jour il y a quelques années sous l’impulsion de deux hommespresque homonymes : Grégory Wathelet et Grégory Watelet.

Puis l’histoire a basculé. La disparition de Grégory Watelet a profondément marqué l’événement et son équipe. Il a fallu se réorganiser, se réinventer, sans jamais renier l’idée de départ.

Aujourd’hui, le concours repose sur un triumvirat soudé et complémentaire. Grégory WatheletUgo BerrittellaVincent Braeken des rôles bien définis, mais une méthode de travail collective : ici, tout se décide ensemble, quel que soit le sujet.

(Ugo Berrittella et Vincent Braeken, co-organisateurs du concours)

Accueil du public et appel aux bénévoles

Gesves ouvre aussi de nouvelles perspectives pour le public. Espaces VIP, restauration, zones business, peut-être même des places assises réservables dans des gradins. Tout n’est pas encore figé, mais les idées sont là.

Ce développement implique aussi un besoin très concret : plus de monde pour faire tourner la machine. « Il va falloir plus de bénévoles, c’est évident », reconnaît Ugo Berrittella. Juges, équipes de piste, logistique : l’appel est lancé à celles et ceux qui veulent vivre le concours de l’intérieur.

Former en organisant

Autre nouveauté importante : la collaboration avec une école spécialisée. Le concours se déroulant dans les installations de l’École Provinciale d’Élevage et d’Équitation de Gesves, des élèves seront directement impliqués dans le concours. Une expérience grandeur nature, au cœur de l’événement, qui profite autant au jumping qu’à la formation.

Rendez-vous en juillet

Du 8 au 12 juillet, le Jumping International de la province de Namur s’installera à Gesves pour ouvrir un nouveau chapitre. Le décor change. L’ambition grandit. Mais l’esprit, lui, reste intact. Et c’est sans doute là l’essentiel.

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