Le sport de haut niveau sait célébrer ses héros. Il sait moins facilement leur dire au revoir.
Hier, McLain Ward a annoncé la disparition de son cheval Imperial HBF, dit “Paddy”, emporté par des complications liées à une colique. Deux opérations, une mobilisation totale, et au bout du tunnel, la décision que tout cavalier redoute. Celle qu’on ne prend jamais à la légère.
Une lutte jusqu’au bout
Selon les mots du cavalier américain, Paddy a souffert d’un épisode sévère de colique. Malgré deux interventions chirurgicales et “tous les efforts possibles” pour le sauver, l’issue n’a pas été favorable.
La décision finale a été prise conjointement par son propriétaire, Michael “Mike” Smith, McLain Ward et l’équipe vétérinaire. “Le choix le plus doux et le plus humain”, écrit Ward. Une phrase que tout homme de cheval comprend sans qu’on ait besoin d’en dire davantage.
Ward a tenu à saluer le travail des équipes de Rood & Riddle Equine Hospital, ainsi que celui du Dr Tim Ober. “Extraordinaires”, précise-t-il. Dans les cas de coliques sévères, même les meilleures cliniques du monde ne peuvent pas toujours inverser le destin.
Un cheval de rendez-vous
Imperial HBF n’était pas un figurant du circuit. C’était un cheval de rendez-vous.
Depuis avril 2025, le hongre bai était monté par McLain Ward, qui avait succédé en selle au Britannique Tim Gredley. Ce dernier l’avait piloté pendant trois saisons, installant Paddy comme un cheval fiable et compétitif sur le circuit international avant le passage de relais vers l’Américain via François Mathy, habituel fournisseur de champions à Ward.
Et sous la selle de l’Américain, il n’avait pas fallu attendre longtemps les bonnes perfs:.
- 3e du Grand Prix Rolex 1,60m de La Baule, lors du CSIO5* de CSIO La Baule.
- Pièce maîtresse de l’équipe américaine victorieuse dans la Coupe des Nations de Rome Piazza di Siena, dans le cadre du prestigieux CSIO Roma Piazza di Siena.
- Vainqueur de la Mercedes Benz Nations Cup d’Aix-la-Chapelle l’été dernier avec notamment un second tour clair pour offrir la victoire aux Etats-Unis.

Rood & Riddle en première ligne
Ward a tenu à saluer le travail des équipes de Rood & Riddle Equine Hospital à Wellington, ainsi que celui du Dr Tim Ober. “Extraordinaires”, écrit-il.
Dans les cas de coliques sévères, la rapidité d’intervention et la qualité des soins sont déterminantes. Mais même dans les meilleures cliniques du monde, certaines batailles restent impossibles à gagner.
Le propriétaire Mike Smith, lui, est resté “d’innombrables heures” au chevet de son cheval. Présent. Impliqué. Confiant. Ward parle de “véritable horsemanship”. Dans le milieu, c’est sans doute le plus beau compliment.
Un guerrier fidèle à lui-même
“Paddy s’est battu sans relâche, comme il l’a fait tout au long de sa carrière.”
La phrase dit tout.
Imperial HBF n’était pas seulement un cheval de concours. Il était un partenaire de combat. Un cheval de caractère, capable d’entrer en piste avec l’énergie d’un sprinter et la détermination d’un boxeur au douzième round.
Les détails sportifs de sa carrière ne sont pas rappelés dans le communiqué, mais ceux qui ont suivi le circuit américain savent que Paddy faisait partie de ces chevaux qu’on remarque : générosité, engagement, mental.
Godspeed, Imperial
Le message de Ward se termine par deux mots simples : “Godspeed, Imperial.”
Pas de lyrisme inutile. Pas d’effet dramatique. Juste l’élégance du respect.
Dans le jumping, les grands chevaux ne disparaissent jamais tout à fait. Ils restent dans les souvenirs des sans-faute, dans les regards complices à l’entrée de piste, dans les silences lourds des écuries.
Paddy s’est battu jusqu’au bout. Fidèle à lui-même.