Ils étaient 44 au départ de ce Grand Prix 5* coté à 1,60m, jugé en deux manches et barrage, format à l’ancienne façon Aix-la-Chapelle ou Calgary. Un parcours signé de l’Italien Uliano Vezzani : 13 obstacles, 16 efforts, rien en cadeau.
Treize couples sortent sans faute de la première manche. Neuf résistent encore au deuxième acte. Le barrage peut commencer.
Le Turc Hasan Senturk ouvre avec une faute. Puis le Belge Pieter Devos claque un triple sans-faute en 39’’20 avec Casual DV Z au sommet de son art. Le ton est donné.


L’Allemand Christian Kukuk et la Monégasque Anastasia Nielsen n’arrivent pas à descendre le chrono. Le Britannique Harry Charles et la Française Inès Joly laissent une barre. Puis le Saoudien Khaled Almobty frappe fort : 37’’45 avec Diana du Plevau. Nouveau leader. Pression maximale.

Dernier à entrer en piste : Abdullah Alsharbatly.
Calme. Posé. Déterminé.
Diriyah attaque les courbes. Coupe les trajectoires. Reste tendue mais disponible. 36’’29. C’est plié.

De Milan à Riyad : le destin mouvementé de Diriyah
Diriyah, ce nom choisi en hommage à la ville historique au nord-ouest de Riyad, n’est pas une inconnue. Bien au contraire.
Sous le nom de Dubaï du Cèdre, la jument 100 % Selle Français (Baloubet du Rouet x Diamant de Sémilly, mère : Urgada de Kreisker) s’était offert une médaille de bronze par équipes aux Championnats d’Europe 2023 de Milan avec Julien Epaillard.

Révélation confirmée, machine à sans-faute, guerrière des grands soirs.
En septembre 2024, elle change de camp. Acquise par Deborah Mayer, sponsor des Iron Dames, elle passe brièvement sous la selle de l’Allemande Janne-Friederike Meyer-Zimmermann.
Puis nouveau virage stratégique.
Depuis novembre 2025 seulement, c’est le Saoudien qui la monte. Trois mois. Et déjà un Grand Prix 5* à Doha.
Amortissement express.
Triple sans-faute, triple message
Sportivement, la performance est propre. Triple clear round. Le plus rapide du barrage. Sur un format exigeant, où la fatigue des deux manches se paie cash.
La jument montre qu’elle a conservé toute sa force de frappe. Le cavalier, lui, démontre qu’il a trouvé le mode d’emploi. Ce qui n’est jamais automatique quand on récupère une jument au palmarès aussi marqué.

Le podium ? 100 % haute intensité :
- 1er : Abdullah Alsharbatly & Diriyah – 36’’29
- 2e : Khaled Almobty & Diana du Plevau – 37’’45
- 3e : Pieter Devos & Casual DV – 39’’20
Un Grand Prix qui avait des airs de championnat.

1,5 million en jeu, et un investissement qui prend sens
Ce n’était pas qu’un barrage pour l’honneur. À Doha, 1,5 million d’euros étaient en jeu sur ce Grand Prix 5* (450k pour le premier, 300k pour le deuxième et 225k pour le troisième). À ce niveau-là, chaque dixième vaut de l’or.

Diriyah n’est pas un achat sentimental. C’est un pari sportif de très haut niveau. Et avec ce succès dans l’un des Grands Prix les plus dotés du circuit hivernal, Abdullah Alsharbatly commence déjà à rentabiliser un recrutement stratégique.

Cette victoire n’est pas anodine. Doha, ce n’est pas un simple CSI5*. C’est un rendez-vous stratégique du début de saison, un thermomètre.
Dubai du Cè… , pardon Diriyah, s’impose d’emblée comme une arme majeure pour l’Arabie Saoudite sur les grandes échéances internationales.
Un cheval de médailles. Un cavalier qui retrouve le goût des très grands soirs.
Un barrage exécuté comme un manifeste. À Doha, Alsharbatly a signé une déclaration d’intention.
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix 5* de Doha ici
(photos © Lukasz Kowalski)