Willem Greve l’a encore fait. Ce dimanche après-midi, au Scandinavium de Göteborg, le Néerlandais a signé une troisième victoire cette saison en Coupe du monde, après Stuttgart et La Corogne. En selle sur son fidèle Grandorado TN N.O.P., il a frappé en dernier dans un barrage à huit cavaliers incandescent. Résultat : une troisième victoire qui bouscule la hiérarchie européenne et envoie un nouveau message clair avant la finale de Fort Worth. Comme si il en fallait un en plus.

Le dernier mot, encore
Huit au barrage. 14.000 spectateurs chauffés à blanc. Un tracé sinueux dessiné par l’Allemand Peter Schumacher, avec un virage piégeux entre les obstacles 3 et 4 qui a fait trembler plus d’un couple.
Quand Willem Greve entre en piste en dernier, tout est encore possible. Kim Emmen tient la tête. Malin Baryard-Johnsson vient d’enflammer le public. Mais Greve ne laisse jamais traîner les centièmes. Clear. 42’’19. Rideau.

Le Néerlandais efface les 42’’65 d’Emmen et les 42’’90 de Baryard-Johnsson. Trois victoires cet hiver. Et un triplé qui met fin à la série de trois succès signés en 2023 par le tenant du titre Julien Epaillard.
« Je suis très heureux, aux anges, en fait. », a confié Greve. Difficile de faire plus clair.
Grandorado, dix ans d’histoire
À 15 ans, Grandorado TN N.O.P. n’est pas une révélation. C’est une confirmation. Voilà dix ans que Greve construit avec ce KWPN une relation patiente, méthodique, presque artisanale.
Le cheval avait déjà gagné en Coupe des Nations. Mais Göteborg marque son premier succès cinq étoiles en Grand Prix indoor. Un cap.
« Il a été un cheval formidable pendant de nombreuses années, et il mérite d’avoir accompli ce que nous avons fait», a ajouté le Néerlandais.
Dans une époque où les cracks changent de propriétaire plus vite qu’un classement FEI ne s’actualise, cette longévité a quelque chose de précieux.
Emmen y a cru. Baryard a ému.
Derrière, la relève néerlandaise pousse. Kim Emmen, déjà deuxième à Bâle en janvier, a longtemps cru tenir la plus grande victoire de sa carrière. Deuxième à s’élancer au barrage, elle profite de la faute du Norvégien Johan-Sebastian Gulliksen et signe un double sans-faute solide.

Mais elle le savait : « Je savais, en sortant de la piste, que ce ne serait jamais suffisant. »
Le barrage demandait d’oser. De tourner court. De jouer avec la limite.
La Suédoise Malin Baryard-Johnsson, elle, a joué avec le cœur. Associée à l’inusable H&M Indiana, 18 ans, elle offre au public local un podium presque sentimental. Clear en 42’’90. Deuxième provisoire. Ovation.

« La voir sauter comme un jeune cheval… je suis ravie ! »
Göteborg aime ses héros. Et Indiana en est un.
Les cadors à quai
Le barrage a aussi laissé des traces.
Le vice-champion du monde indoor à trois reprises Harrie Smolders a vu son parcours se déliter avec Monaco (11 points).
Le champion du monde 2014 Daniel Deusser, ultra-rapide en 40’’24, a tout perdu sur le dernier obstacle.
Le Brésilien Yuri Mansur et le Japonais Eiken Sato ont été impeccables… mais pas assez tranchants au chrono.
Même la légende John Whitaker, présent ici depuis 1979 et sacré en 1991, a frôlé le barrage avant de concéder un point de temps dépassé.
Cap sur Fort Worth
Avec ce troisième succès, Greve prend la tête de la Ligue d’Europe occidentale. À une étape de la fin ( Helsinki le week-end prochain) la dynamique est clairement orange.
Reste une question : quel cheval pour la finale de Fort Worth (7–12 avril) ? Grandorado ou Pretty Woman Van’t Paradijs N.O.P. ?
Réponse du principal intéressé :
« On verra. D’abord, nous allons profiter de cela. » On le comprend.

À Göteborg, Willem Greve n’a pas seulement gagné. Il a installé une forme d’autorité. Calme. Répétée.
Et dans une Coupe du monde où tout va très vite, la constance est peut-être le plus grand des atouts.
Retrouvez les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde de Göteborg ici