Il y a des chevaux qui passent. Et puis il y a ceux qui reviennent au bon moment. À 10 ans, Quito de Mariposa réintègre les écuries de Jérôme Guéry avec une promesse claire : viser le très très haut niveau. Un retour logique, mûri, presque scénarisé à la belge. Et surtout, une pièce de plus dans un piquet en reconstruction.
Un retour dans l’ordre des choses
Pour Jérôme Guéry, le retour de Quito n’a rien d’un coup de théâtre.
Derrière ce retour, il y a aussi un travail de fond. Celui de Seppe, qui aura accompagné Quito dans une phase clé de sa construction.
« Quand le cheval a été confié à Seppe (Wouters), c’était au début de ses huit ans. C’était un cheval très respectueux qui, à ce moment-là, devait encore continuer à sauter des épreuves de huit ans. Et l’idée, c’était qu’il le monte une année. Nous avons intégrer Seppe dans une structure pour développer nos jeunes chevaux. Quito s’inscrivait pleinement dans ce programme. Et Seppe a parfaitement répondu à nos attentes »
Une année devenue deux. La faute aux résultats.
« Il a eu tellement des bons résultats après un an qu’on a décidé de lui laisser une année de plus. »
Mais le timing finit toujours par rattraper les plans.
« Après Lanaken, on a discuté que le cheval avait pris la maturité pour sans doute intégrer mes écuries et commencer à faire le haut niveau. Mais pour ne pas précipiter les choses on l’a encore laissé à Seppe quelques mois »
Le déclic ? Des performances solides jusqu’en Grand Prix 4*.
« Le cheval a vraiment brillé avec ce premier Grand Prix où il était classé troisième et sixième. Et là, on a pris la décision qu’il était prêt pour intégrer mon écurie et commencer à faire le haut niveau de cinq étoiles. »
Un passage de relais logique, mais pas anodin.
Comme souvent dans ces configurations, voir partir un cheval de ce calibre n’est jamais neutre pour un jeune cavalier. Mais la collaboration s’inscrit dans un projet plus large.
D’autres chevaux doivent intégrer les écuries de Seppe dans les prochains mois, avec l’objectif clair de lui permettre de continuer à évoluer sur le circuit junior et de poursuivre sa progression.
Un échange de bons procédés, presque une mécanique bien huilée.
Une pièce maîtresse dans un piquet en reconstruction
Le contexte compte. Et Guéry ne s’en cache pas : son piquet est en chantier.
« Intégrer Quito dans mon piquet, ça se met bien aujourd’hui parce que je suis en train de reconstruire un piquet de haut niveau. »
Un timing presque parfait.
« Il va pleinement avoir sa place dans mon piquet pour pouvoir faire du cinq étoiles. On va commencer ce week-end ici à Compiègne sur un niveau trois étoiles. Et puis, si tout se passe bien, il ira à Fontainebleau, déjà, sur le cinq étoiles. »
Projection claire. Montée progressive. Plan classique, mais ambitieux.
Le profil : respect, mental et moteur
Guéry connaît le cheval. Il l’a déjà eu sous la selle. Et le portrait est limpide.
« C’est un cheval que je connais bien, que j’ai monté déjà avant. C’est un cheval qui a toujours été très talentueux depuis toujours. »
Le CV parle déjà : – Champion de Belgique à 6 ans – 8e du championnat du monde des 7 ans
chaque fois avec Virginie Thonon.
Mais au-delà des lignes, c’est le ressenti qui marque.
« On sent que c’est un cheval avec toutes les capacités, hyper respectueux, des moyens, très bon mental. »
Et surtout, un moteur mental rare.
« Il a un respect incroyable et une volonté qui est vraiment surprenante. Le cheval veut toujours faire. C’est vraiment un guerrier avec une super mentalité. »
Le genre de cheval qui ne calcule pas. Qui avance.
Une histoire 100% belge
Quito, c’est aussi une histoire d’hommes. Et de fidélité.
« C’est encore une histoire belge. C’est un cheval que j’ai avec Alexander Oancea, mon ami et associé. Lui, il l’a élevé. À deux ans, il m’a cédé la moitié du cheval. »
Un projet construit dans la durée.
« Ça fait dix ans qu’il est avec nous. On a pris le temps vraiment de faire la formation. Je pense qu’on a fait les bons choix. »
Formation millimétrée : Virginie Thonon et Manu Casais pour les bases, puis Seppe pour ajouter de l’expérience sportive.
Résultat : un cheval qui n’a jamais brûlé les étapes. Mais qui a toujours été performant.
« Tous les championnats qu’il a faits, il était en finale. »
Jusqu’où peut-il aller ?
La question reste ouverte. Mais Guéry ne ferme aucune porte.
« C’est difficile à dire. Tout ce qu’il a fait, il l’a toujours bien fait. Je pense que c’est un cheval qui va surprendre. »
Et les ambitions montent vite.
« C’est un cheval qui a les capacités pour pouvoir faire les Jeux, ça c’est sûr. »
Los Angeles 2028 ? Pourquoi pas.
« Le cheval a dix ans, donc Los Angeles, c’est possible. Maintenant, il faut voir comment ça évolue. »
Pas de promesse. Mais une trajectoire.
Vente ou projet sportif ?
Dans le système Guéry, la porte n’est jamais totalement fermée.
« Ma structure fonctionne aussi avec le commerce. Donc évidemment, on n’est pas fermé. »
Mais l’objectif immédiat est ailleurs.
« L’objectif premier, c’est d’abord le faire évoluer vers le niveau cinq étoiles et puis on verra. » ajoute Jérôme.
Traduction : le sport d’abord. Le reste suivra.
Quelques perfs de Quito
Champion de Belgique des 6 ans à Gesves
8ème du Championnat du monde des 7 ans à Lanaken
Vainqueur du Grand Prix juniors 1m40 à Malines.
Vainqueur de la Coupe des Nations Juniors à Opglabbeek
Vainqueur des Sires of the world à Opglabbeek
Vainqueur du Grand Prix 2* de Bruxelles
Vainqueur du Grand Prix 3* 1m50 à Oliva
Quito de Mariposa n’est pas un pari. C’est un projet qui arrive à maturité. À 10 ans, le voilà au bon endroit, au bon moment, avec un autre bon pilote. Et dans un piquet en reconstruction, ça vaut presque une signature.
(Photo cover: Seppe Wouters, Jérôme Guéry, Alexander Oancea et Mathieu Guéry après la victoire dans le GP 2* au Brussels Stephex Masters en 2025)