Nagoya 2026: La Thaïlande frappe sur le cross, Hua Tian conserve son titre en complet

Publié par Sébastien Boulanger le 23/09/2026

Il fallait quitter Aichi-Nagoya et filer jusqu’à Tokyo pour assister à la distribution des premières médailles équestres de ces Jeux asiatiques 2026. Et le concours complet a réservé son verdict pour le dernier jour. Leader après le dressage et le saut, le Japon semblait avoir fait le plus dur. C’était compter sans une équipe thaïlandaise impeccable sur le cross. En individuel, Alex Hua Tian n’a en revanche jamais laissé planer le moindre doute : avec Manjushri, le Chinois conserve son titre sans ajouter un seul point à son dressage.

Tokyo, loin des Jeux mais au cœur du jeu

Drôle de géographie pour ces Jeux asiatiques 2026. Le rendez-vous porte le nom d’Aichi-Nagoya, mais les chevaux, eux, sont à Tokyo. C’est à l’Equestrian Park, déjà utilisé lors des Jeux olympiques, que sont, en effet, organisées les épreuves équestres.

Et pour ouvrir le bal, le concours complet avait préparé un scénario plutôt réussi.

Après deux tests, le Japon était devant. 97,3 points, contre 109,4 pour Hong Kong et 109,9 pour la Thaïlande. Douze points et des poussières d’avance avant le cross : suffisamment pour être confortable, certainement pas assez pour dormir tranquille.

La Thaïlande allait rapidement le démontrer.

Trois Thaïlandais, trois sans-faute

Le parcours faisait 3 640 mètres. Vingt-quatre obstacles, trente efforts et surtout un temps optimal de sept minutes qui allait peser beaucoup plus lourd qu’il n’y paraissait.

Les Thaïlandais n’ont pas tergiversé.

Woraphat Sittiju et Uster de ChanayKorntawat Samran et Billy Elmy, puis Weerapat Pitakanonda et Carnival March ont tous les trois bouclé leur parcours sans ajouter la moindre pénalité.

Pas une faute. Pas un point de temps.

Le score thaïlandais est donc resté exactement là où il se trouvait la veille : 109,9.

Sauf que cette fois, il valait de l’or.

La médaille était même acquise avant le départ du dernier couple japonais.

Le Japon, justement, n’a pas connu la même tranquillité. Ryo Murata et Brookpark Vikenti, encore troisièmes en individuel avant le cross, ont laissé 20 points aux obstacles et 10,8 au chronomètre. Les Japonais terminent finalement à 115,2, soit 5,3 points derrière les nouveaux champions.

La République de Corée prend le bronze avec 143,5, de justesse devant Hong Kong, quatrième à 144,7.

Un cross qui a fait le ménage

Les chiffres racontent assez bien la journée.

Sur les 31 couples au départ, 17 ont terminé sans faute aux obstacles. Mais seulement sept ont réussi à rentrer dans le temps sans ajouter quoi que ce soit à leur score. Cinq couples ont été éliminés et deux autres ont abandonné.

Le cross avait d’ailleurs été repoussé au mercredi après les fortes pluies amenées par le typhon Dujuan. Les organisateurs avaient ainsi gagné du temps pour préparer un terrain qui avait beaucoup fait parler avant l’épreuve.

La Chine, tenante du titre par équipes, y a laissé toutes ses ambitions. L’élimination de Yuying Shu et Diabolo D’Ems AA a été fatale : avec seulement trois couples engagés, les Chinois ne disposaient d’aucun score à écarter.

La Thaïlande récolte enfin l’or

Ce titre n’arrive pourtant pas de nulle part.

En 2018 à Jakarta, la Thaïlande avait pris le bronze par équipes. Même métal cinq ans plus tard à Hangzhou. Entre-temps, elle était devenue championne d’Asie FEI à Pattaya en 2019, avant de récidiver en 2025.

Autrement dit, cela faisait quelques années que quelque chose cuisait.

Korntawat Samran et Weerapat Pitakanonda sont deux des visages de cette progression. Le premier faisait partie des équipes championnes d’Asie de 2019 et 2025 et avait également décroché l’argent individuel aux Jeux de Hangzhou. Le second était lui aussi présent lors des deux titres continentaux, ainsi que pour le bronze de 2023.

Avec Woraphat Sittiju et Supap Khaw-Ngam, ils ont cette fois changé la couleur de la médaille.

« Nous avons continué à nous entraîner et nous n’avons jamais cessé de progresser », expliquait Pitakanonda. « Nous avons eu environ trois ans pour améliorer ce qui nous manquait et essayer de faire mieux cette fois. »

Pour lui, l’histoire avait aussi quelque chose de personnel. Son cheval Carnival March partage sa carrière depuis huit ans et connaissait déjà plutôt bien les lieux.

« Sans les chevaux, nous ne pourrions pas gagner cette médaille. Carnival March est avec moi depuis huit ans et je l’ai également monté aux Jeux olympiques de Tokyo. Revenir ici et gagner l’or est un moment très spécial. »

Hua Tian n’a rien donné à personne

En individuel, il y eut beaucoup moins de suspense.

Alex Hua Tian avait pris la tête dès le dressage avec Manjushri et ses 26,9 points. Il ne l’a plus quittée.

Le parcours de saut avait pourtant déjà commencé à secouer le classement. Seuls huit des 32 couples étaient sortis sans pénalité. Hua Tian et son hongre de neuf ans étaient de ceux-là.

Restait donc le cross et son fameux chronomètre.

Le Chinois avait annoncé la veille qu’il pensait le temps capable de jouer un rôle important. Il a réglé le problème lui-même : 6’49 », soit onze secondes sous l’optimum.

Manjushri termine donc les trois tests exactement comme il avait terminé le premier : à 26,9 points.

« Je suis surtout très soulagé », a reconnu Hua Tian. « Il y a forcément de la pression lorsqu’on arrive dans un championnat pour défendre une médaille d’or, surtout avec un cheval aussi bon que Manjushri. Je ne voulais pas le décevoir, ni décevoir ses propriétaires. »

Trois ans après son titre de Hangzhou avec Poseidons Admiral, Hua Tian conserve ainsi son titre avec un autre cheval.

Propre.

Sittiju ajoute l’argent

La Thaïlande ne s’est d’ailleurs pas contentée du titre par équipes.

Woraphat Sittiju et Uster de Chanay ont eux aussi traversé le concours sans ajouter quoi que ce soit à leur note de dressage. Avec 30,1 points, ils repartent avec l’argent individuel.

Le Japon trouve tout de même sa place sur le podium grâce à Yoshiaki Oiwa et Ottawa des Desig. Leur seul ajout du concours : 0,4 point de temps sur le cross. Total : 31,7, et le bronze.

Le premier chapitre équestre de ces Jeux asiatiques se referme donc avec deux images assez différentes. D’un côté, Alex Hua Tian, installé devant dès le premier jour et impossible à déloger. De l’autre, une Thaïlande troisième avant le cross, qui a attendu les derniers kilomètres du concours pour prendre l’or.

Les résultats complets ici

(So Horse avec FEI Photos ©FEI/Yusuke Nakanishi Photography)

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