Du 19 au 25 octobre, le Jumping International de la Province de Liège reprend possession de Liège Expo. Un an après le retour du CSI 4*, le rendez-vous liégeois doit désormais confirmer. Avec plus de 400 chevaux attendus, 120 cavaliers internationaux, un plateau qui mêle champions confirmés et nouvelle génération belge, et un Grand Prix à 1,55 m pour terminer la semaine, le JIL a changé de question. Il ne s’agit plus de savoir si Liège peut retrouver le grand jumping. Il s’agit de savoir jusqu’où il peut remonter.

Le retour, c’était l’année dernière
À Liège, on pourrait facilement passer la semaine à parler du passé.
Il faut dire qu’il y a de quoi.
L’histoire commence en 1982 à Chaudfontaine , en extérieur, autour d’Eugène Mathy et de quelques passionnés. En 1993, le concours rejoint les Halles des Foires de Coronmeuse et s’installe progressivement parmi les grands rendez-vous sportifs de la Province.
Le palmarès raconte assez bien la suite. John Whitaker et Argento. Patrice Delaveau et Orient Express. Eric Navet et Dollar du Mûrier. Roger-Yves Bost et Idéal de la Loge. Pieter Devos et Espoir. Eric Levallois et Diamant de Semilly. Grégory Wathelet, lui, a remporté le Grand Prix à deux reprises (Nevados S et Lady des Hayettes).
Il y a des listes qui prennent un coup de vieux. Celle-là ressemble plutôt à une page d’histoire du jumping.
Puis sont venues les interruptions, la fin de Coronmeuse et l’attente.
En 2024, le Jumping s’installe dans les nouvelles halles de Liège Expo. En 2025, le retour du CSI 4* signe véritablement celui du grand sport international. Andres Vereecke remporte alors le Grand Prix avec Perle d’Or van de Gaverstede, six ans après avoir déjà gagné la précédente édition internationale avec Igor van de Wittemoere.

Ça, c’était pour les retrouvailles.
En 2026, Liège aimerait passer à autre chose.
Quatre étoiles sur le papier
Le premier indice vient du plateau annoncé.
Grégory Wathelet sera évidemment l’un des hommes les plus attendus. Pas uniquement parce que le Liégeois compte aussi victoires dans le Grand Prix, mais parce qu’ici, la relation dépasse depuis longtemps le simple résultat sportif. À Liège, quelques foulées de Wathelet sur la piste suffisent généralement à faire monter le volume des tribunes.

Cette fois, pourtant, la concurrence belge viendra aussi de beaucoup plus jeunes.
Gilles Thomas arrivera avec son titre européen par équipes et sa médaille de bronze individuelle décrochés en 2025. Après près d’une année passée dans le top 10 mondial, il a encore pris du coffre. Il fait clairement partie des hommes que l’on attend devant.
Et puis il y aura Thibeau Spits.
À 25 ans, le cavalier vient de changer de dimension en décrochant l’argent individuel aux Championnats du monde 2026 avec Impress-K van ’t Kattenheye Z. deux mois seulement après cette médaille, Liège aura donc l’occasion de voir évoluer l’un des nouveaux visages forts du jumping belge et international.
Jérôme Guéry et Jos Verlooy complètent encore une délégation nationale qui n’aura pas exactement besoin d’un miracle pour viser le dimanche après-midi.

Et les étrangers ne viendront pas uniquement pour vérifier si les gaufres sont meilleures sur place.
Du très beau monde, sans faire l’appel
Julien Épaillard sera notamment de la partie. Vainqueur de la Finale de la Coupe du monde 2025 avec Donatello d’Auge, le Français reste l’un de ces cavaliers capables de transformer une épreuve de vitesse en exercice de géométrie appliquée.
Kevin Staut est également annoncé, tout comme Roger-Yves Bost. Bosty connaît d’ailleurs déjà très bien le chemin : en 2005, il remportait le Grand Prix de la Province avec Idéal de la Loge.

Vingt et un ans plus tard, il reviendra donc à Liège. Le style Bosty n’a pas beaucoup vieilli. Ceux qui le regardaient déjà en 2005, peut-être un peu plus.
Le plateau doit également compter sur deux anciens numéros un mondiaux, Henrik von Eckermann et Harrie Smolders, ainsi que sur des cavaliers comme Willem Greve, Marlon Modolo Zanotelli ou Katrin Eckermann. De quoi donner au CSI 4* liégeois une densité qui dépasse largement quelques têtes d’affiche.
Pas besoin d’aligner vingt noms supplémentaires.
On a compris l’idée.
Bernard Mathy prend les commandes
Pour départager tout ce petit monde, les parcours auront cette année une couleur particulièrement locale.
Assistant de Santiago Varela lors de l’édition 2025, Bernard Mathy devient chef de piste du Jumping de Liège. Son expérience s’est notamment construite à Gesves, aux Championnats de Belgique pour jeunes chevaux, aux Championnats du monde des jeunes chevaux de Lanaken et lors de rendez-vous internationaux au Brésil, au Maroc ou en Italie.

À lui de faire monter la température sans mettre le feu trop tôt.
Jeudi, le CSI 4* commencera avec un Small Tour à 1,40 m et un Big Tour à 1,45 m. Vendredi soir, les choses deviendront plus sérieuses avec une 1,50 m en deux manches. Samedi, nouvelle 1,50 m, cette fois avec barrage.
Puis viendra le dimanche.
À 15 heures, le Grand Prix CSI 4* de la Province de Liège se disputera sur 1,55 m.
Avec le niveau annoncé, Bernard Mathy peut probablement éviter de prévoir une visite guidée de Liège Expo entre les obstacles.
De 40 centimètres à 1,55 m
Mais réduire le Jumping de Liège à son CSI 4* serait justement passer à côté d’une bonne partie du sujet.
La semaine commencera lundi matin. Pas avec un ancien numéro un mondial. Avec du dressage d’initiation.
Dans l’après-midi viendront les premières épreuves d’obstacle, puis le Trophée de la Ferme Lucas. Certaines barres seront posées à 40 centimètres.
Six jours plus tard, elles seront à 1,55 m.
Entre les deux, presque toute la famille équestre aura trouvé une raison d’entrer dans Liège Expo.
Le mardi fera notamment la part belle aux poneys, au Tournoi des Espoirs, aux Coupes LEWB et à la Coupe Cavalor. Mercredi, le Classic Tour montera progressivement jusqu’au Grand Prix STX à 1,40 m, avant la Coupe des Vainqueurs. À 17 heures, le CSI 2* donnera le véritable coup d’envoi du programme international.

Puis arriveront les jeunes chevaux et le CSI 4*.
Du cavalier d’initiation aux meilleurs mondiaux, tout le monde passera donc par la même piste.
C’est probablement là que le titre de cette édition prend tout son sens.
Quatre étoiles, oui.
Mais pas seulement.
Parce qu’il faut parfois oublier les barres
Le Jumping de Liège n’a jamais vraiment ressemblé à ces concours où le public doit passer quatre jours à observer religieusement des verticaux et des oxers.
Jeudi soir, Reda Création transformera ainsi la piste en scène. Travail en liberté, dressage, voltige, danse, acrobaties, musique et jeux de lumière remplaceront momentanément les chronomètres.

Une épreuve show par équipes réunira également un professionnel et un amateur. L’amateur commencera son relais à cheval. Jusque-là, tout va bien.
Le professionnel devra ensuite terminer en kart électrique.
Il fallait y penser.
Les courses de poneys seront également de retour, et même deux fois

Quelques minutes durant lesquelles de jeunes jockeys tenteront d’appliquer un plan de course parfaitement réfléchi à un partenaire qui conserve, comme tout bon poney, une conception très personnelle de la démocratie.
Liège Expo doit maintenant fabriquer ses souvenirs
En 2025, Liège Expo devait encore faire ses preuves.
Le grand sport international découvrait un nouvel écrin et le Jumping devait vérifier que son histoire pouvait continuer ailleurs qu’à Coronmeuse.
Un an plus tard, les repères sont pris.

Les 14 000 m² de halls accueilleront à nouveau toute la mécanique du concours. Autour de la piste, 42 exposants formeront un village consacré à l’univers équestre, de la sellerie aux soins, en passant par l’alimentation, les véhicules et les services spécialisés.
Mais le véritable enjeu ne se mesure pas en mètres carrés.
Un concours peut réussir un retour. Retrouver durablement une place dans le calendrier européen demande davantage.
Il faut que les cavaliers aient envie de revenir. Que le public adopte les lieux. Que certaines soirées deviennent des rendez-vous. Que des chevaux et des cavaliers y construisent des histoires que l’on racontera encore quelques années plus tard.
Coronmeuse a laissé les siennes.
Liège Expo doit maintenant fabriquer les suivantes.
Et c’est peut-être finalement cela, être bien plus que quatre étoiles.
Pas empiler les champions sur une affiche. Pas compter les mètres de barres ou les euros de prize money.
Mais réussir à mettre sur une même piste le gamin qui saute 40 centimètres le lundi et quelques-uns des meilleurs cavaliers du monde le dimanche.
Le premier ne gagnera pas le Grand Prix.
Mais il saura exactement où il a envie d’être quelques années plus tard.
Retrouvez le programme complet ici







