Oslo : Monaco fait de la résistance, mais Max Kühner allume la Coupe du monde

Publié par Sébastien Boulanger le 12/10/2026

On croyait Harrie Smolders et son infatigable Monaco partis pour donner une leçon à tout le monde. C’était sans compter sur Max Kühner, venu jouer les trouble-fête avec EIC Up Too Jacco Blue. L’Autrichien a coiffé le Néerlandais sur le poteau et remporté, à Oslo, la première étape de la Coupe du monde 2026-2027. Martin Fuchs complète un podium qui a de l’allure. Et la saison ne fait que commencer.

Monaco avait pourtant fait le plus dur

À 17 ans, certains chevaux profitent de leur retraite, entre paddock, carottes et séances de grattouilles. Monaco, lui, préfère continuer à faire transpirer les meilleurs cavaliers de la planète. Et visiblement, Harrie Smolders n’a aucune intention de lui expliquer qu’il pourrait lever le pied.

À Oslo, le couple néerlandais avait décidé de commencer l’hiver comme il sait le faire : avec du métier, du talent et un sérieux sens du chronomètre.

Premier à s’élancer au barrage, Smolders avait posé un sacré problème à la concurrence. Un sans-faute en 41,51 secondes, avec un Monaco toujours aussi disponible après neuf années de collaboration. De quoi installer confortablement le Batave aux commandes.

Martin Fuchs, pourtant pas exactement le premier venu lorsqu’il s’agit d’aller vite, s’y est cassé les dents. Avec Fortjump du Beaumenil, le Suisse a signé un excellent double sans-faute en 41,53 secondes. Deux petits centièmes derrière Monaco. Autant dire un battement de cils.

Même Henrik von Eckermann et son phénomène King Edward, cinquièmes au final, n’ont pas trouvé la solution.

Smolders pouvait commencer à rêver de victoire. Sauf qu’un certain Autrichien n’avait pas encore dit son dernier mot.

Kühner, l’art de gagner dans les virages

Max Kühner connaît son EIC Up Too Jacco Blue. À 15 ans, cet Irish Sport Horse fils de Chacco-Blue (x Douglas) possède quelques arguments à faire valoir. Et surtout une capacité à répondre présent lorsque son cavalier décide de passer à la vitesse supérieure.

Mais pour battre Monaco, il fallait faire mieux que simplement galoper vite.

Kühner l’a expliqué après sa victoire : son cheval n’est pas nécessairement le plus rapide sur les grandes lignes. Son plan consistait donc à récupérer du temps dans les virages, en misant sur des trajectoires serrées et une parfaite compréhension avec sa monture.

Le genre de stratégie qui peut faire gagner une Coupe du monde. Ou vous envoyer ramasser une barre.

Cette fois, tout s’est parfaitement emboîté.

Un barrage maîtrisé, des courbes efficaces et un chronomètre arrêté à 40,52 secondes. Presque une seconde de moins que Smolders. À ce niveau, une année lumière.

Et voilà comment on transforme une entrée en matière déjà prometteuse en véritable déclaration d’intention.

Le succès n’a d’ailleurs rien d’un accident. En juin dernier, le couple s’était déjà offert le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Paris. Bref, entre Kühner et son cheval, la mécanique est bien huilée.

Un parcours pas vraiment de santé

Avant ce dénouement, il avait fallu survivre au parcours imaginé par le Suédois Fredrik Malm, qui faisait ses débuts comme chef de piste sur le circuit Coupe du monde.

Et pour une première, il n’avait pas choisi de dérouler le tapis rouge.

Avec un temps accordé de 72 secondes, le tracé imposait un vrai mélange de rythme, de précision et de contrôle. Parmi les principales difficultés, un triple installé au plus près des tribunes et une dernière palanque grise qui se fondait presque dans le sol. Le genre de détail visuel qui transforme parfois un sans-faute annoncé en mauvaise surprise.

Sur les 40 couples au départ, neuf ont décroché leur billet pour le barrage. Et parmi eux, six sont parvenus à boucler un second parcours sans faute.

De quoi offrir exactement ce qu’on attend d’une ouverture de Coupe du monde : des stars, des pièges et suffisamment de suspense pour oublier de regarder sa montre. Enfin, sauf quand le chronomètre décide du vainqueur.

Et pendant ce temps, un Belge s’invite à la table des grands

Derrière le trio de tête, l’Allemande Janne Friederike Meyer-Zimmermann prend la quatrième place avec Cellagon Cascais. Juste derrière, Henrik von Eckermann et son phénomène King Edward doivent partager la cinquième place avec un certain Mathieu Bourdeaud’hui.

Car côté belge, il y a aussi une belle histoire à raconter.

Associé à Oscar The Homage, Mathieu Bourdeaud’hui décroche une cinquième place ex æquo avec l’ancien numéro un mondial suédois. Pas franchement le genre de compagnie qu’on croise tous les dimanches.

Déjà aperçu en Coupe du monde à Bordeaux en février 2025 (8points et 27ème), le Belge franchit cette fois un cap en s’invitant au barrage d’une épreuve particulièrement relevée.

Face à plusieurs anciens numéros un mondiaux et vainqueurs de finales de Coupe du monde, Bourdeaud’hui n’a pas simplement fait de la figuration. Il a montré qu’il avait aussi sa place à cette table-là à Oslo.

Et ce n’est probablement pas le genre d’invitation qu’il compte décliner à l’avenir.

Autre Belge qui pouvait être satisfait, d’une autre façon: Grégory Wathelet. Ce GP Coupe du monde constituait un nouveau test pour Bond Jamesbond de Hay dans son retour au plus haut niveau. Une barre, mais test passé avec succès pour le Selle Français que l’on devrait revoir du côté du GP 4* de Liège.

Direction Göteborg, mais pas trop vite

Max Kühner repart donc de Norvège avec la victoire et les 20 premiers points de sa campagne. Harrie Smolders suit avec 17 points, Martin Fuchs avec 15.

Mais personne ne se qualifiera pour la finale en une seule soirée, aussi brillante soit-elle.

La Ligue d’Europe occidentale compte treize étapes cette saison, avec un objectif commun : décrocher son ticket pour la finale de Göteborg, programmée fin mars 2027.

Le prochain rendez-vous se jouera à Lyon, début novembre. D’ici là, Kühner peut savourer. Smolders peut continuer à admirer son infatigable Monaco, qu’il décrit comme « une machine ». Et Fuchs peut se satisfaire des débuts prometteurs de Fortjump du Beaumenil sur le circuit.

Une chose est sûre : pour cette première manche, les anciens ont montré qu’ils avaient encore des ressources, les nouveaux ont pris date, et Max Kühner a rappelé une règle élémentaire du saut d’obstacles.

Ce n’est pas celui qui mène le plus longtemps qui gagne. C’est celui qui passe la ligne le plus vite.

Les résultats complets du Grand Prix Coupe du monde d’Oslo ici

(Photos ©FEI/Kim C Lundin)

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