Hitch, deux jours pour gagner

Publié par Sébastien Boulanger le 24/02/2024

La recette peut paraitre simple: vous regardez un cheval qui vous plait, vous l’essayez, vous l’achetez le lendemain, vous le montez en concours le jour d’après et un jour plus tard, vous gagnez votre première épreuve…. L’équitation peut paraître facile avec vous Jérôme Guéry.

 » C’est vrai que ce qui se passe avec Hitch est assez incroyable, tout a été très vite…

Quand on est sur une tournée comme ici à Oliva, on est toujours attentif au fait de trouver de nouveaux cracks, de nouveaux chevaux spéciaux. C’est comme ça que j’ai vu Hitch (d’Ellipse) sauter avec Thierry Rozier la semaine passée dans le Grand Prix des sept ans. Il était double sans faute. Je l’ai tout de suite aimé. J’ai donc été lui poser des questions sur le cheval. Il me dit alors que c’est un cheval qu’il a acheté il y a deux mois avec Guillaume Canet. Guillaume qui avait investit dans le cheval qui devait être pour lui à la base. Il est actuellement occupé sur un film, c’est Thierry qui était chargé de le former, de l’amener jusqu’à un certain niveau et puis C’est Guillaume qui devait le monter. Quand j’ai demandé à Thierry si ils étaient prêts à le vendre, il m’a dit que ce n’était pas trop l’idée, mais qu’ils allaient en discuter. Vu que c’était récent et que Guillaume est pris par son film ils ont dit « pourquoi pas. »

J’étais très content d’avoir la possibilité de l’acheter. J’en ai donc parlé tout de suite avec Enda Carroll (Ashford Farm) avec qui j’ai déjà fait plusieurs affaires.  Je lui ai dit « Voilà, j’ai vu un cheval spécial, un sept ans. » et tout de suite il a été intéressé de le faire avec moi.

On l’a donc essayé directement le samedi. Dessus, j’avais un feeling incroyable. Il n’y avait rien à dire sur le cheval, j’ai tout de suite aimé.

Vu que la visite avait été faite deux mois avant, les radios étaient bonnes. On l’a fait trotter, on a juste fait les tests cliniques en flexion et puis le lendemain on le payait. Le mardi qui suit. on se dit « ok, on est là, autant apprendre à se connaître dans les meilleures conditions ici. » Donc le mardi, je le monte dans l’épreuve des sept ans. il est sans faute et le feeling est toujours aussi bon. Et le lendemain, c’était la finale des trois semaines, le Grand Prix des sept ans et là, il termine double sans faute…et il gagne. » 

En tant que cavalier, ça doit quand même être spécial?

«  »Oui, parce que ce n’est pas souvent qu’on a un cheval avec lequel on obtient tout de suite une victoire. Ça veut dire qu’il y a une connexion qui est en train de se créer très très rapidement. Mais tous les chevaux spéciaux que j’ai eu dans ma carrière, j’ai eu des résultats très rapidement. Parce qu’il y avait un « clic » directement. On ne peut pas toujours l’expliquer. Avec certains cela prend un peu plus de temps. Mais pas avec ceux qui étaient spéciaux dans ma carrière. »

Hitch d’Ellipse (Canturo x Ketty du Plessis x Adelfos) est au début de sa carrière, vous le voyez aller jusqu’où comme ça?

« Je pense que c’est un cheval qui a le potentiel pour tout faire. Maintenant il est encore jeune, mais je sens des moyens, du respect, une super tête, un bon équilibre. En tout cas, il a tout pour devenir un cheval spécial. Maintenant on est sur des épreuve 1m40, petit 145, mais moi je pense que c’est un cheval qui va faire des Grand Prix dans l’avenir. »

Quand on gagne comme ça, après deux jours, il faut garder la tête froide, ne pas avoir envie de bruler les étapes?

« C’était chouette d’essayer, de voir comment il allait se comporter. Le cheval n’avait jamais vraiment fait un barrage très vite.Thierry avait fait un barrage calme avec lui il y a une semaine. Je voulais voir comment il allait se comporter quand on lui demandait d’aller plus vite. Ce qui est chouette, c’est que, pour le moment, il répond à toutes les indications. Mais je ne veux surtout pas brûler les étapes avec ce cheval là, Il est là pour être formé et qu’on l’amène seulement ensuite vers le grand sport. Il va rester dans sa catégorie, participer à des épreuves pour chevaux de sept ans. Le but c’est de le construire pour en faire un cheval de Grand Prix. »

L’idée, c’est qu’il ne soit pas commercialisé?

« C’est toujours la question. Tous mes chevaux sont à vendre. À part Quel Homme de Hus qu’on a vraiment pris la décision de garder. J’aime le sport, j’essaie de garder des chevaux aussi pour ça. Mais la finalité c’est tout de même de les commercialiser. Mais celui là, j’ai envie de le garder quelques années. J’essaie d’aller au plus haut où je peux aller avec le cheval et puis quand il est prêt à être commercialisé, le vendre. « 

Dans cette finale des sept ans, premier, deuxième (avec Rémus de Mariposa) et cinquième (avec Romulus de Mariposa), c’est plus que prometteur pour les années futures ça non?

« Comme je l’ai déjà dit, j’ai un groupe de sept ans de qualité exceptionnelle avec les deux frères Romulus et Rémus (Voir l’article: Jérôme Guéry pour réécrire l’histoire de Romulus et Rémus ), Hitch qui vient maintenant d’arriver. Mais aussi Mathieu (NDLR: son fils) qui est là avec Hope du Park, j’ai aussi une autre jument avec Vincent Lambrecht. C’est un groupe comme je n’ai jamais eu. Je suis certain que dans ceux là il y en a au moins quatre qui vont faire des Grand Prix. C’est mon avenir qui est avec ces chevaux là, donc c’est très très chouette et encourageant pour le futur. Aujourd’hui, je manque un tout petit peu de chevaux prêts pour le tout haut niveau, mais je sais que dans quelques années, j’ai des chevaux exceptionnels qui arrivent. » conclut un Jérôme Guery plus qu’enthousiaste.

Sébastien Boulanger