À la tête de l’équipe de France, Édouard Couperie avance avec une idée fixe : construire du collectif sans freiner l’ambition. Entre cadres installés et jeunes qui frappent fort à la porte, le sélectionneur assume ses choix, revendique le mélange et trace une route claire vers les grands rendez-vous à venir.
Ancien pilier de l’équipe de France de saut d’obstacles, Édouard Couperie a passé près de vingt ans au plus haut niveau sous les couleurs tricolores. Son parcours de cavalier est marqué par des succès de référence, avec notamment une victoire dans le Grand Prix du CSIO de La Baule, un succès sur l’étape Coupe du monde de Malines et un titre de champion de France Seniors. Il a également connu les grands rendez-vous du sport, en participant aux championnats d’Europe d’Arnhem en 2001, avant de se qualifier pour la finale de la Coupe du monde à Las Vegas en 2003.
En parallèle de sa carrière sportive, Couperie a très tôt investi le champ de la transmission. Installé aux Écuries du Grand Veneur, il développe une activité d’entraîneur privé, accompagnant de nombreux cavaliers internationaux et collaborant avec plusieurs fédérations étrangères, dont le Japon et l’Inde. Une expérience de terrain qui nourrit aujourd’hui sa lecture globale du très haut niveau.

Depuis 2019, il collabore étroitement avec la Fédération française d’équitation sur les dispositifs de haut niveau, auprès des Juniors, des Jeunes cavaliers et du Groupe 2. Sélectionneur national adjoint entre 2022 et 2024, il a suivi les cavaliers en stage comme en compétition, participant à tous les grands rendez-vous internationaux. En 2025, il succède à Henk Nooren au poste de sélectionneur national, une nomination qui vient consacrer un parcours construit dans la durée, entre performance sportive et encadrement collectif, avec en ligne de mire la préparation des grandes échéances internationales et la structuration durable de l’équipe de France.
En visite sur l’une des tournées hivernale en Espagne, Édouard Couperie s’est confié à So Horse
L’embarras du riche, version équipe de France
Avoir trop de bons cavaliers, est-ce vraiment un problème ? Pour Édouard Couperie, la réponse est nette : oui, il y a de la place.
« Oui, je trouve qu’il y a la place. L’an dernier, on l’a démontré, et les jeunes générations ont été très bien accueillies par les cavaliers d’expérience. »
La saison passée a servi de test grandeur nature, validé sans crispation. Et la dynamique n’a pas vocation à s’arrêter là :
« Si on veut, on va continuer encore ça cette année parce qu’ils le méritent. »
La pression ? Elle viendra. Plus tard.
« Elle va monter de plus en plus à l’approche des Jeux mondiaux, mais pour l’instant, tout se passe correctement. »

Le collectif avant les égos
C’est même devenu son moteur principal. Rassembler. Faire travailler ensemble des cavaliers d’expérience et une génération montante qui n’a plus rien d’un pari.
« Ma grande motivation depuis que je suis là, en poste, c’est de rassembler un petit peu tout le monde. »
Couperie insiste sur ces scènes qu’on ne voit pas toujours : un cavalier qui sort de piste, un autre qui écoute, des sensations partagées.
« Rien ne fait plus plaisir que de voir un cavalier qui sort de piste et qui explique à l’autre ce qu’il a ressenti. Ça prouve qu’ils travaillent ensemble. »
Pour lui, c’est là que naît une vraie équipe.
Une génération qui ne promet plus, elle confirme
L’an dernier, certains jeunes ont cessé d’être des espoirs pour devenir des références. Cette saison peut être celle de la confirmation.
« Oui, ça peut être une année de confirmation pour tous ces jeunes. »
À une condition : les chevaux.
« Il faut qu’ils soient en bonne santé et en bonne forme au moment voulu. »
Couperie observe surtout une évolution nette dans la gestion des saisons :
« Ils planifient beaucoup plus leurs concours. Il y en a tellement aujourd’hui qu’il faut faire attention à ne pas trop en faire. »

Sur le terrain, partout, tout le temps
Suivre des cavaliers éparpillés entre l’Europe et les États-Unis ? Un casse-tête, oui. Une excuse, non.
« Je suis beaucoup sur le terrain, et c’est important pour moi de continuer à faire ça. »
Observer les chevaux au paddock, lire les réactions après les parcours, compléter avec la vidéo :
« Ça occupe beaucoup de temps parce qu’il y a des concours dans tous les sens. »
Conclusion simple, sans fioritures :
« Mais c’est mon job. »
Le cas Nina Mallevaey, ou la gestion fine
Quand une cavalière performe partout, comme Nina Mallevaey, la tentation est grande d’en demander toujours plus. Couperie fait l’inverse.
« J’ai eu une grande discussion avec Helena (Stormanns), la coach de Nina, et avec les propriétaires. L’objectif, ce sont les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle. On est tous sur la même longueur d’onde. »
Le message est clair :
« Ne demandez pas trop en début d’année, mais mettez les chevaux en route. »
Et si Nina est l’actuel fer de lance, cela s’applique à tous les couples candidats à une sélection.

Fontainebleau, Rome, La Baule : les jalons clés
Le calendrier est clair. Les concours sur herbe seront décisifs.
« Le programme va être beaucoup de concours sur herbe, qui vont être assez déterminants. »
On a un grand rendez-vous chez nous, à Fontainebleau, parce qu’on a évidemment le cinq étoiles qui se déroulera sur herbe, et bien sûr les championnats de France, qui se dérouleront sur herbe aussi.
Celui qui ne prend pas son cheval dans le cinq étoiles pourra faire le championnat de France, donc ça donnera déjà une vraie idée. »
Puis Rome et La Baule en Coupe des Nations.
« Je pense qu’après La Baule, on aura déjà une bonne vision pour les championnats du monde. »
Pas de révolution brutale, pas de coups de menton. Avec Édouard Couperie, l’équipe de France avance par construction. Patiente, collective, assumée. Les talents sont là. Reste à les aligner au bon moment, sur la bonne herbe, avec le bon esprit. Et ça, manifestement, il sait faire.
