Si le soleil brillait encore ce matin, la pluie s’est invitée dès la reconnaissance de cette coupe des nations. Loin d’être violente mais bien présente néanmoins. Il en fallait beaucoup plus pour perturber le public venu en nombre. Même si les élèves wallons avaient déjà repris le chemin de l’école, le reste de la Belgique profite encore de leurs derniers jours de congés.

Lors du premier tour, on comprend directement que les surprises sont possibles. Joao Victor Lima chute à l’entrée du triple alors que Pieter Devos n’arrive pas à sortir de ce même triple que Casual DV Z refusera de repasser … laissant l’équipe belge à trois devant son public !

Pourtant les choses évoluent vite. La Belgique peut compter sur ses deux jeunes pousses hors-norme : Gilles Thomas réalise le sans-faute avec Ermitage Kalone alors que Thiveau Spits sera l’un des rares pilotes pénalisés par le chronomètre après un tour somptueux de son fidèle Impress-K Van’T Kattenheye Z. Malheureusement, Grégory Wathelet écopera d’une faute sur la palanque juste après la rivière mais la Belgique se qualifie pour la seconde manche !

Devant la France et la Suisse ont réussi trois tours sans pénalité et se partagent la tête du classement alors que seul huit des dix équipes repartent pour un second tour !

Coté français, la seconde manche débute comme la première avec un sans faute somptueux signé Nina Mallevaey sur Dynastie de Beaufour. C’est le second double sans-faute après celui du britannique Harry Charles qui avait opté pour Casquo Blue.

Pourtant ils ne seront pas nombreux. Côté suisse, les choses se gâtent. Après une premier tour magnifique Nadja Peter Steiner ne peut éviter deux fautes sur les deux derniers éléments du triple avec Mila. « J’ai regardé plusieurs fois la vidéo et la seule explication, c’est qu’au-dessus du triple, j’ai juste dit « ohhh » et elle a réagi tellement fort que c’était de trop. C’est incroyable à quel point elle est sensible. Il n’y a rien à faire, on ne se connait pas encore depuis très longtemps même si tout est allé incroyablement vite. Ce genre de petit détail s’apprend avec le temps mais je suis très heureuse de la manière dont Mila a encore sauté aujourd’hui. » glissera l’amazone suisse. Son coéquipier Jason Smith, auteur d’un premier tour impressionnant, sortira lui aussi avec deux fautes avec son très spectaculaire Picobello van’t Roosakker.

La Suisse recule mais pour mieux revenir car, Pénalisée de deux fautes au premier tour, Janika Sprunger rectifie et signe le sans-faute qu’il fallait avec Orelie. Il ne reste plus qu’à Steve Guerdat d’achever le travail avec sa fidèle Dynamix de Belheme mais le champion suisse ne peut éviter une faute … qui fait basculer la Suisse à la troisième place !


La Belgique est revenue de nulle part ! Sans Pieter Devos et avec une faute de Gilles Thomas sur Ermitage Kalone, on aurait pu penser que les carottes étaient cuites mais c’était sans compter sur le jusqu’au boutisme de Thibeau Spits qui ne cesse d’impressionner et boucle cette fois un tour sans aucune pénalité alors que Grégory Wathelet ne se fera pas piéger deux fois avec Bond Jamesbond de Hay qui offrira le sans-faute nécessaire pour un retour fantastique propulsant la Belgique de la 7ème place à la seconde !

« Les choses n’ont pas bien commencé et honnêtement l’ensemble du premier tour n’était pas extraordinaire. Pieter Devos connait mieux son cheval que personne et lorsqu’il m’a dit qu’après son élimination, si il repartait, il était sûr de ne pas faire un bon deuxième tour, je sais qu’il a raison ! Ce sont des choses qui arrivent et je ne veux pas lui en tenir rigueur. Mais je sais aussi que j’ai une équipe qui n’abandonne jamais et qui sait que le deuxième tour compte aussi ! Nous sommes repartis de loin mais nous sommes remontés à la seconde place et nous sommes très contents de cela. C’est une équipe qui se bat toujours jusqu’à la fin de la fin et aujourd’hui, ils ont montré que c’était utile ! » expliquera Pieter Weinberg

Devant la France reste simplement intouchable ! Si Jeanne Sadran commettra une faute avec Dexter de Kerglenn, son compagnon Antoine Ermann sort une prestation remarquée en toute finesse : double sans-faute avec son fidèle Floyd des prés ! Ce sera le quatrième et dernier double sans-faute de l’épreuve qui permet à la France de s’imposer en Belgique sans que Roger-Yves Bost n’ait à s’élancer !



« Il faut savoir choisir son équipe » s’amusera Bosty … mais c’est surtout une première victoire pour Edouard Couperie pleine de signification car depuis son intronisation, le nouveau chef d’équipe français a osé intégrer de jeunes pilotes dans ses équipes et remporte sa première victoire avec trois cavaliers de 24 et 25 ans … dans une coupe des nations où ils n’étaient pas invités et où il aura dû se battre pour aligner son équipe !

« C’était un vrai choix que nous avions fait avec Sophie Dubourg et le président de la fédération française d’équitation Frédéric Bouix. Henk Nooren avait clairement dit dès le départ qu’il préparait les Jeux Olympiques et il l’a très bien fait en obtenant une belle médaille de bronze. Cette année, c’était vraiment important d’ouvrir aux jeunes talents et ils nous le rendent vraiment bien. Nous avons fait de bonnes coupes des nations en passant parfois près de la victoire mais c’est ma première victoire en tant que chef d’équipe ici. Le fait que ce soit avec des jeunes, ça marque vraiment et voir leur joie me fait vraiment plaisir. C’est une belle récompense et ils le méritent vraiment. Ce n’est évidemment pas pour cela que l’on va se passer des cavaliers expérimentés. Nous avons besoin de tout le monde, le but étant de mixer un peu tout cela. Ils ont clairement besoin de cette mixité, il y a un échange qui se fait entre ces générations. Bosty n’a pas besoin de beaucoup parler mais quand Nina est rentrée en piste alors qu’elle passait en quatrième position, il était là avec quelques conseils, juste ce qui est nécessaire, comme Bosty peut le faire ! Durant cette saison, Kevin Staut, Olivier Robert, Simon Delestre qui était aussi là aujourd’hui, ont toujours aidé les jeunes. Les trois qui étaient ici deviennent vraiment compétitifs ! J’ai vraiment passé de très bons moments comme adjoint d’Henk Nooren. C’était très intéressant. Lorsque Henk est parti, on m’a proposé le post … et cela s’est fait naturellement car cela me plaisait. Il y a une très bonne atmosphère et au final, c’est ce qui me plait le plus. Tout n’est évidemment pas rose car on voit qu’il faut se battre. Stephan avait oublié de nous inviter et il voulait des noms de stars mais je lui ai répondu que j’avais la meilleure équipe du moment et ils l’ont prouvé ici ! Nous avions vraiment envie d’être présents à Bruxelles même s’il y a de plus en plus de beaux concours car nous trouvons que c’est l’un des plus beaux concours en Europe ! »

Avec le double sans-faute qui a offert la victoire à la France, Antoine Ermann marque les esprits. Ce cavalier discret éclabousse depuis quelques mois le haut niveau de son talent avec un cheval qu’il a formé depuis ses débuts. « Lorsque je suis entré en piste, je ne savais pas du tout qu’un sans-faute nous offrait la victoire. On ne m’avait rien dit, je l’ai appris à la sortie de piste. Je connaissais les scores de mes équipières mais pas ceux des autres équipes. J’avais vu qu’il y avait plus de faute lors du second tour. Le chef de piste avait remonté plusieurs obstacles, ce qu’il avait fait ici remontant les deux derniers éléments du triple ainsi que le double final et en élargissant l’ultime oxer. Forcément, ça pousse les chevaux à la faute et il faut être d’autant plus vigilant que les chevaux connaissent le parcours et il faut vraiment les garder très concentrés. Au final, on a encore eu de la chance avec la météo car ils avaient annoncé pire que ce que nous avons eu. Nous avons certes pris un peu l’eau mais on savait qu’on serait de toute façon mouillé ! Je ne suis pas à plaindre pour le moment ! J’ai la chance d’avoir de bons chevaux et pleins de gens autour de moi qui m’aident beaucoup. J’ai juste à faire mon boulot convenablement. » conclu le jeune homme.

Une coupe des nations très particulière pour Nina Mallevaey au Stephex Masters car c’est Stephan Conter lors de son concours de Knokke qui lui a présenté la famille Rein qui sont aujourd’hui ses propriétaires.
« J’ai connu Nina lorsqu’elle avait 14 ans en allant au concours avec mes filles. Elle gagnait déjà tout et on voyait que c’était une fille pleine de talent. Un jour, je la vois à knokke et je lui demande ce qu’elle devient. » explique Stephan Conter.
« J’ai répondu à Stephan que je venais d’arrêter de travailler aux écuries Chev’El et que je ne savais pas encore trop ce que j’allais faire. » explique la française.
« Malheureusement, j’avais trop de pilote à l’époque et, même si je le regrette très fort aujourd’hui, je lui ai dit que ce n’était pas possible pour moi. Je l’ai présentée à Eric Lamaze en lui disant que ça lui ferait toujours une expérience… au final, cela aura été une très belle expérience. Mais ce qui arrive à Nina aujourd’hui, elle le mérite et elle ne le doit qu’à elle-même. Elle a toujours été une cavalière talentueuse et une grande travailleuse. Cela paie toujours ! » réagit l’organisateur.
« Je dois vraiment beaucoup à Stephan Conter et je tiens vraiment à le remercier pour tout ce qu’il a fait pour moi » conclu la jeune française pleine de pudeurs face à tous les compliments de l’entrepreneur et marchand de chevaux belge.

