Guéry et Philippaerts vers l’élite : deux Belges au cœur de la promo 2026 de la Young Riders Academy

Publié par Sébastien Boulanger le 26/03/2026

La Belgique avance groupée. Et elle avance vite. En 2026, Mathieu Guéry et Anthony Philippaerts intègrent A Young Riders Academy, programme référence pour accompagner les jeunes vers le très haut niveau. Deux profils, deux histoires, mais un même moment charnière : celui où l’on quitte les promesses pour entrer dans le dur.

Deux Belges, une continuité

Ce n’est plus une surprise. Presque une habitude.

Après Leon Brutsaert et Evelyne Putters l’an dernier, la Belgique place à nouveau deux cavaliers dans le programme. Une présence régulière qui confirme une chose : la relève est là, dense, structurée… et surtout prête à appuyer.

A Young Riders Academy
(La promo 2025 de la A Young Riders Academy comportait déjà deux Belges. ©AYRA)

Dans une promotion 2026 dense et internationale, Guéry et Philippaerts ne sont pas là pour apprendre à exister. Ils sont là pour accélérer.

Guéry, le bon timing

Mathieu Guéry n’a pas tenté sa chance sur un coup de tête. Il a attendu. Observé. Calculé.

« Moi, ça fait plusieurs années que je me renseigne sur cette académie et je trouve ça très intéressant. Mon papa m’avait toujours dit qu’il fallait essayer de candidater quand tu pensais que c’était la bonne année, que tu avais le bon piquet de chevaux.
Parce qu’au-delà de tous les stages et les rassemblements que l’académie propose, il y a aussi, et surtout, cet aspect concours. Eux ont des contacts avec plein de grands concours. Et donc ils peuvent te permettre de recevoir des sélections en passant directement par le concours et non par la fédération.
Et vu qu’on sait qu’en Belgique, on a quand même une fédération avec énormément de cavaliers, pouvoir recevoir une invitation directement par le concours, c’est intéressant.
»

Lucide. Structuré.

Mathieu Guéry

Et surtout cohérent avec ce qu’il montre en piste : champion d’Europe Young Riders par équipe en 2025, troisième en individuel, des résultats réguliers et encore une présence solide au Grand Palais lors des Talents Hermès le week-end dernier.

Bref, le timing n’est pas bon. Il est parfait.

Philippaerts, l’opportunité à saisir

Chez les Philippaerts, l’Academy fait partie du décor. Mais Anthony ne s’appuie pas dessus. Il s’en sert.

« Oui, c’est sûr que c’est quelque chose de spécial. Je pense que c’est une énorme opportunité pour un jeune cavalier comme moi, et ils ne sélectionnent que quelques cavaliers chaque année.
On essaie donc d’y entrer, et je suis vraiment très heureux d’avoir cette opportunité. Je vais faire de mon mieux pour apprendre le plus possible cette année.
»

Anthony Philippaerts
(© Philippaerts)

Un discours simple. Direct. Sans détour.

Et un timing, là aussi, millimétré :

« En fait, c’était la première fois que je postulais à l’académie, parce que c’est aussi ma dernière année dans cette catégorie.
Nous avons dû passer deux jours de sélection, ce qui n’était pas simple. Mais au final, je suis très heureux qu’ils m’aient choisi.
»

Dernière cartouche chez les Young Riders. Et visiblement, la bonne.

Une sélection qui ne pardonne rien

Entrer à l’A Young Riders Academy, ce n’est pas envoyer un dossier et attendre.

C’est passer par un filtre serré. Très serré.

« Il y a une soixantaine de personnes qui ont fait la demande. Puis ils en ont pris vingt-six, qui ont été sélectionnés et a qui on a demandé de se présenter à Peelbergen pendant deux jours », raconte Mathieu Guéry.
« On avait des jeunes chevaux avec lesquels on devait faire une reprise un peu plus dressage, puis un parcours jeunes chevaux, et deux parcours avec un cheval plus expérimenté. »

A Young Riders Academy
(Quelques-uns des candidats 2026 lors de la sélection à Peelbergen. ©AYRA)

Et surtout, un casting face à un jury qui ne laisse rien passer : Jeroen DubbeldamThierry PomelJens Fredricson et Emil Hendrix.

Pas exactement des figurants.

Mais le vrai piège est ailleurs.

« On a aussi eu une interview de quinze à vingt minutes, où ils font un peu plus connaissance avec nous. »

Un terrain moins balisé.

A Young Riders Academy
(©AYRA)

« Notre sport est assez logique et droit. Quand la barre tombe, c’est quatre points. Et là, le fait d’avoir des juges rend ça un peu plus subjectif. On n’a pas l’habitude. »

Même lecture côté Philippaerts :

« Ils ne regardent pas seulement comment tu montes, mais aussi ta personnalité. »

Anthony Philippaerts

Une promo 2026 dense… et internationale

La sélection 2026 confirme la tendance : un mélange de profils européens très compétitifs.

On y retrouve :

  • Elisa Chimirri (ITA)
  • Rose De Balanda (FRA)
  • Mathieu Guéry (BEL)
  • Nick Nanning (NED)
  • Anthony Philippaerts (BEL)
  • Lou Puch (SUI)
  • Bryan Smits (SUI)
  • Emma Sophia Spanko (CZE)
  • Leah Stack (IRL)
  • Sören Suppert (GER)
  • Thijmen Vos (NED)

Une promotion élargie, preuve de l’attractivité croissante du programme.

Une académie pensée comme un projet de sport

Derrière cette sélection, il y a une idée. Une vraie.

Portée par Eleonora Moroni Ottaviani, coordinatrice du programme chapeauté par Valentina Ottaviani et soutenu par Rolex, l’IJRC et la Fédération Équestre Européenne .

« Il y a plus de quinze ans, nous avions constaté qu’il n’existait pas de formation complète, à 100 %, pour les cavaliers, pour les talents du futur.
Nous avons donc pensé à proposer une formation éducative : les règlements vétérinaires, le bien-être du cheval. Le welfare est un mot très utilisé aujourd’hui, mais il faut aussi faire quelque chose de concret.
Quand les cavaliers comprennent les problématiques vétérinaires, ils comprennent mieux ce que signifie réellement le bien-être du cheval.
»

A Young Riders Academy Eleonora Ottaviani
(Eleonora Moroni Ottaviani. ©AYRA)

Ici, on ne forme pas seulement des cavaliers. On façonne des profils.

« Notre intention, depuis la création de l’académie en 2014, est de transmettre aux jeunes, même s’ils ne deviennent pas champions olympiques, une mentalité : le respect du cheval, le respect du sport, et la capacité de transmettre ces valeurs dans leur centre équestre, dans leur fédération. Mais aussi leur ouvrir l’esprit parfois sur d’autres chose. Comme l’art par exemple (Qui tient à coeur de Valentina Ottaviani. NDLR). Ce n’est pas l’essentiel du programme bien entendu, mais des petites choses comme ça en font partie aussi. C’est important. »

A Young Riders Academy

Apprendre à exister dans le système

Parce que le très haut niveau ne se joue pas uniquement à cheval.

« C’est important de former des athlètes complets qui, dans le futur, pourront participer à des réunions, être la voix des cavaliers auprès de leur fédération et de la FEI. Des personnes aptes a dialoguer avec les technicien de la Fédération équestre internationale. Pas de la politique, de la technique. »

Comprendre les règles. Les influencer. S’y adapter.

« Les jeunes doivent apprendre leurs droits vis-à-vis des organisateurs, mais aussi leurs devoirs envers leur fédération et les concours, etc. Ce n’est pas simple. »

Mathieu Guéry
(Mathieu Guéry récompensé avec son équipe des Young Riders championne d’Europe à l’occasion de l’Equi Gala 2026.)

Pas beaucoup d’erreurs de casting

Si il ne s’agit pas que de performance, le programme s’est très peu trompé sur ses choix de cavaliers.

« le Tchèque Vaclav Stanek, qui a gagné deux fois à Calgary.

Il venait d’un milieu où ses parents ne connaissaient rien aux chevaux. Et aujourd’hui, il construit une carrière, avec de bons principes qu’il transmet aussi à ses élèves.

Il y a aussi des cavaliers qui ne deviennent pas champions, mais qui transmettent cette philosophie dans leurs centres équestres. C’est très important.

A Young Riders Academy
(©AYRA)

C’est pour cela que nous choisissons parfois des profils qui ne sont pas tous au niveau de Joe Stockdale ou Richard Vogel, mais qui peuvent beaucoup apporter à notre sport.


Par exemple, cette année, nous avons sélectionné Rose de Balanda. Sa famille est dans le sport depuis cent ans et elle le sera encore probablement les cent prochaines années.

Elle a fait une interview extraordinaire. Sa vision du sport, du cheval, du respect du cheval nous a vraiment impressionnés. Nous avons aussi eu par le passé un Français, Basile Rubio, qui n’avait même pas de cheval à l’époque. Aujourd’hui, il est moniteur. C’est important aussi que, à la base, ils aient une bonne philosophie et qu’ils puissent la transmettre.

A Young Riders Academy
(©AYRA)

Ce sont des profils dont notre sport a besoin. Aujourd’hui, nous sommes très satisfaits de voir que certains cavaliers passés par la Riders Academy ont atteint le plus haut niveau. Bien sûr, ce n’est pas uniquement grâce à nous, nous ne sommes qu’une petite partie du parcours.
L’année passée, en finale du championnat d’Europe, il y avait quatre cavaliers sur douze issus de la Riders Academy. Notre sport ce n’est pas seulement du business. Or pour le moment c’es parfois uniquement du business pour certains.
»

Un “package” complet

C’est exactement ce que vient chercher Anthony Philippaerts.

« Je pense que l’académie apporte un package complet pour chaque cavalier. Ils forment vraiment des hommes de cheval.
Ils ne t’aident pas seulement sur la partie équitation, mais aussi sur tout ce qu’il y a autour : la gestion, la relation avec les sponsors.
En réalité, ils fournissent toutes les informations nécessaires pour essayer de réussir dans le sport.
»

Anthony Philippaerts

Une histoire… et une identité

Chez les Philippaerts, l’histoire est lourde. Mais elle n’écrase pas.

« Oui, mes trois frères y sont passés.
Quand je leur ai dit que j’avais l’opportunité de participer aux journées de sélection, ils m’ont tout de suite dit que je devais y aller à fond.
»

Le meilleur conseil reste le plus simple.

« Thibault m’a dit d’être moi-même. C’est le plus important. Ils ne regardent pas seulement comment tu montes, mais aussi ta personnalité. »

Le cheval au centre

Au milieu de tout ça, une évidence que certains oublient.

« Comme Piero d’Inzeo m’a dit un jour : il faut remettre le cheval comme sujet de notre sport, pas comme objet », rappelle Eleonora Moroni Ottaviani.
« Aujourd’hui, il est souvent considéré comme un objet. Il faut redevenir conscient qu’il est le sujet. »

Mathieu Guéry

Un tournant commun

Pas besoin de détour.

« Je pense que c’est un tournant. », lâche Mathieu.
« Dès l’année prochaine, je serai dans le grand bain. »

Même logique pour Anthony : dernière année Young Riders, dernière marche avant le saut.

Mathieu Guéry

Découvrez A Young Riders Academy ici

(Photo cover ©So Horse avec AYRA)

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