Quatrième finale de Coupe du monde pour Grégory Wathelet. Mais cette fois, changement de décor. À Fort Worth, le Belge débarque avec un rookie à ce niveau : Double Jeu d’Honvault. Un pari mesuré, assumé, et surtout lucide. Entre ambition contrôlée et envie de jouer, Wathelet avance sans bluff.
Une quatrième… mais jamais la même
Quatre finales, quatre histoires différentes.
Après Forlap et deux autres campagnes avec Ace of Hearts et Bond Jamesbond de Hay, Wathelet change encore de logiciel.
« On aborde différemment déjà en fonction du cheval. Ça, c’est la première chose, avec des ambitions différentes en fonction du cheval. »
Le décor reste le même : une finale, un championnat, un honneur.
« Chaque finale est évidemment importante. En Europe, pour se qualifier, c’est compliqué, c’est long. Donc voilà. Non, non, on est toujours fier d’y être. »
Mais ici, pas question de copier-coller. Double Jeu impose une autre lecture.

Double Jeu d’Honvault : bizutage grandeur nature
Passage de la visite vétérinaire validé mercredi. Sans trembler.
Mais pour le reste, cette finale est une première.
« Moi, j’ai jamais fait de championnat avec lui, donc c’est sûr qu’ici, c’est un peu l’aventure. »
Wathelet le sait : il n’a pas une machine à gagner immédiate sous la selle.
Et il ne joue pas au poker menteur.
« J’ai pas les mêmes ambitions que si j’avais, par exemple, Bond. S’il fait déjà une belle finale, top 10, top 12, ce serait déjà un super résultat. »
Clair. Net. Sans détour.

Une préparation millimétrée… mais sans certitudes
Pas de recette miracle. Juste de l’observation, du ressenti, un peu d’intuition et toute son expérience.
« J’essaie de comprendre le cheval. »
Au programme : Den Bosch pour monter en puissance, Paris Hermès sans les grosses épreuves pour respirer sans cramer la cartouche.
« J’essaie qu’il arrive ici frais, mais quand même en ayant tourné. »
Et comme toujours en championnat, verdict terrain.
« La vérité du terrain dira si j’avais raison ou pas. »

La chasse : prendre des risques, sans se mentir
Jeudi, tout commence par la chasse. Et tout peut déjà se jouer.
« Si tu veux être bien placé, il faut déjà être vite le premier jour, sinon tu prends déjà du retard. »
Wathelet ne se voit pas en missile sol-sol. Mais il ne viendra pas en touriste.
« Je vais quand même… oui, je vais prendre des risques. On est ici pour prendre des risques, sinon il faut rester à la maison. »
Un cheval guerrier… avec ses zones grises
Double Jeu n’est pas parfait. Mais il a du cœur.
« C’est un cheval guerrier, qui est respectueux, donc il peut enchaîner. Normalement, plus il saute, mieux il saute. »
Polyvalent, solide, régulier.
Mais avec quelques pièges bien identifiés : oxers en sortie de tournant, combinaisons serrées, relance après une foulée.
« Dès que c’est un peu une combinaison comme ça, surtout si c’est un triple, c’est là que j’ai un peu difficile. »
Pas de travail spécifique pour corriger ça.
« Non, parce que ça, je sais pas travailler. »
Juste de la gestion. Et du timing un fois sur le terrain en fonction du parcours.
« DJ » a bien voyagé jusqu’au Texas, il est en forme, Pas de sautes d’humeur. Pas de mauvaises surprises.

« c’est un cheval assez stable dans l’attitude, dans la santé, dans le physique. Donc il n’y a pas normalement de grandes surprises, sauf accident. Il est assez sécurisant pour ça. Il est le même tous les jours. C’est pas un cheval où d’un jour à l’autre tu ne sais pas comment il va se réveiller. Ici, non. Ses qualités et ses défauts sont là tous les jours. »
Dans une finale qui s’étire sur plusieurs jours, ce détail n’en est pas un.
Ses favoris : Farrington au-dessus du lot
Wathelet ne tourne pas autour du pot.
« Moi, je dirais que le grand favori, c’est Kent Farrington. Il a pris deux chevaux exprès, un pour la chasse et un pour le reste. Ce sera clairement l’homme à battre»
Derrière, la meute :
- Richard Vogel : en pleine forme
- Willem Greve: une saison incroyable
- Steve Guerdat: trois fois vainqueur de la finale, a gagné deux Coupes du monde cette saison
- Martin Fuchs: également performant, il est là avec son bon cheval
« Ça va se jouer un peu entre eux. »

Deux chevaux en finale : luxe ou piège ?
Wathelet connaît le débat.
« C’est envisageable, mais il faut en avoir deux. Un particulièrement adapté pour la chasse et puis un autre pour les autres épreuves »
Et ce n’est pas toujours une bénédiction.
« Ça peut être un avantage comme un inconvénient. Inconvénient quand on se retrouve avec un cheval froid le vendredi. »
Mais dans le cas Farrington ?
« Oui, c’est sûr que c’est un avantage. Toulayna dans la chasse et Greya le vendredi. Il se présente avec une volonté claire de s’imposer. »
Deux autres belges accompagnent Grégory Wathelet au Texas pour également disputer cette finale: Abdel Said avec Quaker Brimbelles Z et Jordy van Massenhove avec Verdiamo Z.
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