On le connaissait sprinteur, on le pensait incapable de lever le pied. Julien Épaillard a prouvé tout l’inverse à Fontainebleau. En s’offrant son premier titre de champion de France Pro Élite avec le prometteur Hard’Rock Queen HJD, le cavalier du Pays d’Auge a troqué le chrono pur contre la gestion parfaite d’un championnat.
Du chrono à la couronne
Vendredi, Julien Épaillard était déjà là. En embuscade. Troisième, avec le parcours le plus rapide… mais une faute lors de la chasse pour lui rappeler que la vitesse brute ne fait pas tout dans un championnat.
Le message est passé.

Samedi, le cavalier du pays d’Auge a déroulé. Deux manches, deux sans-faute, zéro tremblement. Le TGV normand a ralenti… juste ce qu’il faut pour rester sur les rails. Et à Fontainebleau, ça mène au titre.
Une ligne enfin complétée
Champion de France cadet en 1989. Vice-champion Pro Élite en 2010. Et puis plus rien sur la plus haute marche.
Un vide.

« J’ai fini par y arriver ! Il s’agit de mon premier titre de champion de France, mon heure est enfin venue », lâche Épaillard, presque soulagé. Le genre de victoire qui ferme une parenthèse ouverte depuis trop longtemps.
Un crack en construction
Mais cette victoire a une saveur encore plus particulière. Parce qu’elle s’écrit avec un cheval de 9 ans. Parce qu’elle s’écrit avec un cheval qu’Épaillard ne monte que depuis fin janvier.
L’histoire derrière Hard’Rock ajoute encore une couche.
Alain Bourdon avait flairé le coup. « Un crack », disait-il déjà. Il a insisté, patienté, relancé. Jusqu’à trouver la bonne fenêtre.
Hard’Rock Queen HJD, Selle Français (Lauterbach x Coolcorran Cool Diamond), débarque presque par hasard dans les écuries du Normand. Une opportunité, un concours de circonstances… et un déclic immédiat.

« Après quelques sauts, j’ai dit à Alain Bourdon que c’était un véritable extra-terrestre. »
Avant ça ? Un cheval peu expérimenté. Qui n’avait plus sauté depuis mai 2025. Qui n’avait quasiment jamais vu l’herbe.
« Je savais que j’étais venu avec un cheval avec du potentiel mais qui manque encore d’expérience… Il m’a vraiment étonné par sa prestation. »
Depuis, tout s’est accéléré. Une première victoire en Grand Prix 3* 1m50 à Oliva. Et maintenant, un titre national.
Propre.
Hurel remonte, Joly patiente
Derrière, ça a bougé. Beaucoup.
Perreau et Anquetin disent au revoir au podium.
Cédric Hurel et FANTASIO FLOREVAL Z signent la remontée du week-end. 15es après une faute vendredi, ils claquent un double sans-faute au meilleur moment. Argent.

Inès Joly, elle, n’aura rien à se reprocher. Zéro faute du début à la fin avec Come On Z. Mais un chrono bien trop lent vendredi, près de dix secondes de retard sur Épaillard — l’a condamnée à une mission impossible. Bronze, mais démonstration éclatante : en championnat, rien n’est jamais figé. Le petit Come On a déjà tout d’un grand.

Changer de logiciel
Ce titre, au fond, raconte plus qu’une victoire.
Il raconte un cavalier capable d’évoluer. De sortir de sa zone de confort. De ne plus seulement courir contre le chrono, mais contre les autres… et contre lui-même.
À Fontainebleau, Julien Épaillard n’a pas été que le plus rapide.
Il a été le plus juste. Et parfois, c’est encore plus impressionnant.

Retrouvez les résultats complets des Championnats de France Pro Elite ici
(Photos © Printemps des Sports Equestres/ PSV)