Premiers pas sur le Global Champions Tour, deux étapes de l’autre côté de l’Atlantique, zéro cheval numéro un. Nathan Budd n’a pas choisi la facilité pour sa grande première. Entre Miami et Mexico, le Belge de 34 ans a jonglé avec deux jeunes chevaux, Ely des Rosiers Z et H’Aubigny de Talma, pendant que Touardo Blue restait au repos. Résultat : une tournée format accéléré, riche en enseignements… et en promesses. Retour sur les débuts du Brabançon sur le Global.
Sans Touardo, mais avec du répondant
Le plan initial a pris l’eau dès le départ. Le leader d’écurie est resté à quai. Une petite alerte après Genève a contraint Nathan Budd à revoir ses plans et à partir avec deux chevaux encore en construction.
« J’ai beaucoup de chance d’avoir pu participer à ces deux concours. Ils étaient différents, mais tous les deux très bien. C’était une très bonne expérience pour moi. Touardo s’était un peu blessé après Genève, donc je n’ai pas pu le prendre. J’avais deux chevaux de neuf ans, mais je suis très content de comment ils ont sauté. L’un a été magnifique à Miami, l’autre à Mexico. »
Deux jeunes, deux terrains, deux copies propres.
« Ils ont chacun fait une bonne part du boulot. »
Première fois dans l’avion, première immersion dans le Global
Le Global, ce n’est pas juste un CSI5* avec plus de paillettes. C’est une autre planète logistique et sportive.
« C’était la première fois que les chevaux prenaient l’avion, donc c’était une expérience particulière. Un peu stressant au début, on ne savait pas à quoi s’attendre. Ensuite, il a fallu comprendre comment fonctionnait l’équipe (Doha Falcons). Ce sont des gens que je connais, mais pas très bien. C’est différent de l’équipe belge. Et puis il y avait aussi un format un peu différent cette année, donc c’était intéressant de voir comment tout cela fonctionnait. »
Et une fois plongé dedans, difficile de ne pas accrocher :
« C’est hyper motivant, inspirant. Dans des endroits comme ça, on a envie de sauter. J’étais avec deux équipières (Jessica Mendoza et Sanne Thijssen. NDLR) qui avaient de bons chevaux, donc je savais qu’elles passaient en priorité et que je devais être prêt si besoin. »
Miami pour Ely, Mexico pour H’Aubigny
Deux étapes, deux scénarios, un même verdict : progression validée.
« En partant, on savait qu’ils étaient encore un peu verts, surtout l’un des deux qui a moins d’expérience. Mais ils ont tous les deux très bien sauté. »
À Miami, Ely des Rosiers Z prend les devants :

« Il a sauté la qualification individuelle pour l’équipe à Miami. On était directement à 1,60 m, à froid, et il a fait ça très facilement. »
À Mexico, c’est H’Aubigny de Talma qui se révèle :
« Sur l’herbe, il s’est vraiment réveillé. Il a fait sans-faute dans la première épreuve. Ensuite, j’ai été appelé pour la deuxième manche de l’équipe. J’ai moins bien commencé, avec des fautes à l’entrée et au milieu, et il a été un peu perturbé. Mais le feeling était vraiment très bon. »
Et la suite confirme :
« On a décidé de l’engager dans le petit Grand Prix. En passant numéro un, il fait double zéro, de manière très encourageante pour la suite. »
Le Global comme accélérateur de carrière
Pour Budd, cette entrée dans la machine Global est tout sauf anodine. C’est une vraie décision de carrière.
« C’était l’objectif cette année. On a eu l’opportunité d’intégrer une équipe. Pour un profil comme le mien, c’est compliqué d’accéder au très haut niveau. L’an dernier, je n’ai pas eu beaucoup de concours ni de sélections par rapport à ce que mon cheval avait montré. En Belgique, il y a énormément de très bons cavaliers. Quand Willem m’a proposé cette opportunité, on a beaucoup réfléchi. Pour moi, c’était une solution pour faire plus de concours et prendre de l’expérience à ce niveau. »
Le casse-tête du calendrier (et du bien-être)
Le Global, c’est aussi une gestion fine des chevaux. Pas question de brûler les étapes.
« Il faut connaître ses chevaux et réfléchir. Si on veut tout faire, c’est très dur pour eux. Mais avec un bon planning, on peut limiter à deux épreuves par week-end et gérer les efforts. Les manches par équipe restent des vraies épreuves. »
Budd anticipe déjà la suite :
« Je ne ferai pas Shanghai. Peut-être Madrid, mais ce n’est pas sûr. Ensuite, on se répartira entre Cannes, Saint-Tropez, Paris et Monaco. Cela laisse presque deux mois de récupération aux chevaux. »
Le constat est clair :
« Comme toujours, si on fait tout, c’est dur. Si on planifie bien, ça reste du sport de haut niveau, mais pas plus compliqué qu’ailleurs. »
Construire avant de viser les Grands Prix
Pas de précipitation vers les grosses épreuves. Choix assumé.
« C’était un choix. Je n’avais que deux chevaux de neuf ans et la saison commence à peine. Le deal, c’était d’être là pour l’équipe. Je préfère qu’ils prennent de l’expérience sur 1,50 m, 1,55 m, parfois 1,60 m. »
Avec une logique de progression :
« Pour le moment, c’est bien qu’ils évoluent à ces hauteurs et qu’ils soient prêts pour l’équipe, en attendant le retour de Touardo. À ce moment-là, on aura un piquet plus complet. »
Touardo, pièce maîtresse en attente
Le vrai patron reste au box… mais pas pour longtemps.
« C’est dommage, car c’était pour lui que j’avais fait ce choix. Mais cela a permis à mes deux autres chevaux de se révéler et de tenter des choses que je n’aurais peut-être pas faites autrement. »
Les nouvelles sont rassurantes :
« Il va beaucoup mieux. Il recommence à travailler doucement. Le plus important, c’est qu’il revienne à 100 %. Il est sur le bon chemin. »
Sans pression inutile :
« Ce sera pour la deuxième partie de saison. C’est lui qui dira quand il est prêt. Je ne veux pas forcer. Si on va trop vite, ça recassera. L’objectif, c’est un retour à 100 % pour le très haut niveau. »
Miami, Mexico… et le frisson du décor
Parce que le Global, c’est aussi une question d’ambiance.
« Grâce à Sylvie Robert et Alban Poudret, j’ai eu la chance de faire des concours extraordinaires comme Genève, le Saut Hermès ou Lyon. Sans eux ça aurait presque été impossible tant la densité de bons cavaliers belges est importante. Ce sont à jamais mes concours de cœur et qui comptent parmi les plus prestigieux au monde. »
Mais le LGCT a ses propres codes :
« Le Global offre des cadres exceptionnels. Sauter sur la plage à Miami, c’est rare. Et Mexico, c’est une ambiance incroyable, avec un public très passionné qui connait les chevaux. La ville est superbe. Je n’ai pas envie de comparer, chaque événement a ses qualités. »
Pas encore de Grand Prix, pas de coup d’éclat statistique. Mais une tournée fondatrice. Nathan Budd a pris date. Avec deux jeunes chevaux qui montent et un leader qui revient, le Belge construit, patiemment, une trajectoire qui pourrait bien dépasser le simple rôle d’invité sur le Global.