Qui a dit que les cavaliers de complet devaient vivre éternellement couverts de poussière, avec une trace de bave de cheval sur l’épaule gauche et un vieux coupe-vent trempé sur le dos ? Le dernier trot-up du CCI5*-L de Badminton Horse Trials vient de rappeler une vérité oubliée : le complet sait aussi se tenir. Et parfois même avec un sacré sens du style.

Le trot-up de Badminton, ce n’est plus seulement une formalité vétérinaire où l’on trotte nerveusement devant un jury en priant pour que le cheval pose correctement ses quatre pieds. C’est devenu autre chose. Un défilé. Une vitrine. Une Fashion Week version chaussures cirées, tweed anglais et élégance qui refuse de se prendre totalement au sérieux.

Dans une discipline qui garde malgré tout les pieds dans la boue, et heureusement, les cavaliers montrent aussi qu’ils connaissent les codes d’un sport construit sur certaines valeurs : tradition, représentation, allure. Même quand la pluie britannique menace de transformer les allées en champ de bataille il n’y a pas de fashion faux pas

(Laura Collett)
Tweed, tartan et élégance bien repassée
Les styles, eux, étaient aussi variés que les parcours de cross.
Il y avait les patriotes assumés, à l’image de Gaspard Maksud, venu afficher les symboles nationaux avec application. Une manière de rappeler qu’à Badminton, porter ses couleurs reste encore quelque chose qui compte.

Plus traditionnel, mais terriblement efficace, Wills Oakden a dégainé un tartan parfaitement calibré. Du pur Royaume-Uni. Celui qui sent le whisky, le vrai, les vieilles pierres et les terrains détrempés au petit matin.

Et puis il y avait les autres. Ceux qui ont simplement choisi d’être élégants. Costume bien taillé, robes sobres, détails soignés, lunettes parfaitement choisies. Sans excès. Sans caricature. Juste assez pour rappeler qu’à Badminton, les cavaliers peuvent aussi nous en mettre plein les yeux en dehors de la selle.

Parce qu’au fond, le complet moderne ressemble de plus en plus à ça : un sport capable de mélanger la boue, l’adrénaline, les traditions et un certain sens du chic. Pas forcément celui des podiums parisiens. Mais quelque chose de plus crédible. Et probablement de plus classe.





(Photo cover ©Will Rawlin Eventing/Hannah Cole Photography)