À Chelsea, il y avait Londres, les tribunes pleines, les vestes bien coupées et ce décor qui donne à peu près l’impression que chaque barre coûte le prix d’un appartement. Mais au milieu de tout ça, il fallait encore sauter. Et surtout ne pas tomber dans le piège. Carlos Hank Guerreiro et Zoe Hank Conter l’ont mieux compris que les autres : avec seulement quatre points au terme des deux manches, les Mexico Amigos décrochent leur première victoire GCL de la saison. New York Empire échoue à quelques secondes, tandis que les St Tropez Pirates complètent le podium. Et le championnat, lui, commence sérieusement à se resserrer.

Chelsea, quatre points et pas un de plus
Il y a des concours où l’on gagne en mettant tout le monde d’accord. Et puis il y a Londres.
Au Royal Hospital Chelsea, les Mexico Amigos ont choisi une autre méthode : laisser les autres perdre.
Après une première manche impeccable, Carlos Hank Guerreiro et Zoe Hank Conter abordaient le deuxième round avec ce privilège aussi enviable qu’inconfortable : partir de zéro alors que presque tout le monde attend votre erreur.

Zoe Hank Conter n’en a pas fait. Avec Loui LN, la Belge signe un nouveau sans-faute et transmet à son mari une équipe toujours vierge de pénalité. Carlos Hank Guerreiro et H5 Diachango Blue PS laissent finalement une barre au sol. Quatre points.
Pas parfait. Mais largement assez.
Car derrière, Londres s’est progressivement transformé en gigantesque machine à distribuer les fautes.
Les Mexico Amigos terminent donc avec 4 points et s’offrent leur première victoire GCL de la saison.
Et comme souvent dans cette compétition, gagner ne consiste pas forcément à être intouchable. Il suffit parfois d’être le dernier à ne pas craquer.

New York Empire, cinq secondes de trop
Les Britanniques avaient pourtant de quoi y croire.
Porté par le public londonien, Scott Brash avait une petite dette à régler après ses quatre points du premier round avec Hello Jefferson. Pour la seconde manche, changement de cheval et changement de scénario : avec Hello Folie, le Britannique sort le parcours qu’il fallait. Sans-faute.
À côté de lui, Mark McAuley, fraîchement arrivé chez New York Empire à la faveur de la fenêtre de transferts de mi-saison, ne tremble pas davantage avec Clooney van Spalbeek Z.
Ajoutez à cela le sans-faute signé par Denis Lynch et Cordial lors de la première manche et New York Empire termine, comme Mexico, avec quatre points.
Alors pourquoi deuxième ?
Le chrono.
Un peu plus de cinq secondes séparent finalement les deux équipes.
Cinq secondes à Londres, c’est parfois le temps nécessaire pour rater son métro. En GCL, c’est suffisant pour passer à côté d’une victoire.
« J’étais vraiment très satisfait de Folie aujourd’hui en deuxième manche, elle a super bien sauté », a réagi Scott Brash, également heureux de l’arrivée de McAuley au sein de l’équipe.
Le nouveau venu, lui, semblait déjà avoir compris le charme particulier de Chelsea : « Être ici, au centre de Londres, procure une sensation spéciale. Le lieu, l’ambiance, le concours : tout est de très haut niveau. »
Pour une première avec New York Empire, il y a pire comme carte de visite.
Les Pirates remontent à bord
Derrière les deux équipes à quatre points, les St Tropez Pirates ont joué les vieux briscards.
Cinquièmes après le premier round, ils traînaient surtout ce petit point de temps concédé par Jeanne Sadran. Pas franchement une catastrophe. Plutôt le genre de détail que l’on range dans une poche en attendant de voir combien de concurrents vont se prendre les pieds dans le tapis.
Bonne intuition.
En deuxième manche, Piergiorgio Bucci sort un sans-faute précieux avec Casalia DG, tandis que Nadja Peter Steiner et Clearround Il Mondo concèdent quatre points.
Total : 5 points.
Et un podium.
« Toute la saison, nous pensons aux points du championnat », expliquait Bucci après l’épreuve. « Parfois cela n’a pas fonctionné, parfois nous avons eu un peu moins de chance, mais nous savons que nous avons une équipe de chevaux incroyable. »
À ce stade de la saison, les Pirates viennent surtout de rappeler qu’ils savent encore naviguer quand la mer commence à remuer.
Derrière, distribution générale de barres
Car cette deuxième manche n’a franchement pas ressemblé à une promenade sur les bords de la Tamise.
Les Shanghai Swans, impeccables au premier tour, avaient encore toutes les cartes en main. Max Kühner et EIC Quantum Robin V maintiennent la pression avec un nouveau sans-faute, mais les huit points de Ben Maher et Enjeu de Grisien font glisser l’équipe au quatrième rang.
Même punition pour Madrid in Motion. Le sans-faute de Maikel van der Vleuten et Jesther ne suffit pas à compenser les huit points de Victor Bettendorf et Encore Toi du Linon. Douze points au total, cinquième place.
Et puis il y a Riesenbeck.
Le leader du championnat arrivait à Londres avec cette désagréable habitude des équipes qui gagnent beaucoup : celle de faire croire aux autres que tout est facile.
Cette fois, non.
Déjà crédités de quatre points avant la finale, Marco Kutscher avec Pikeur Lemar NRW et Maximilian Weishaupt avec Zuccero HV ajoutent chacun une faute. Résultat : 12 points et une sixième place.
Pas de quoi déclencher l’alarme générale. Mais assez pour rappeler que le championnat n’est pas terminé.
Les Prague Lions, eux, ont passé une soirée encore plus compliquée. Quatre points pour Pieter Devos et Jarina J, douze pour Niels Bruynseels et Credibilis van het Lindenhof Z : les anciens leaders terminent neuvièmes avec vingt points.
Les Doha Falcons ont fait encore plus fort dans le mauvais sens du terme. Co-leaders après la première manche, ils encaissent huit points avec Sheikh Ali Khalid Al Thani et Marco Monet, puis seize avec Nathan Budd et H’Aubigny de Talma.
De zéro à vingt-quatre.
Le genre de soirée où l’on préfère éviter de regarder le tableau d’affichage.
Riyadh avait les clés. Puis les a rendues
Restait encore une équipe capable de tout enlever aux Mexico Amigos.
Les Riyadh Knights.
Derniers à entrer en piste et eux aussi auteurs d’un premier round parfait, ils avaient leur destin entre les mains.
Puis Emanuele Gaudiano et Esteban de Hus concèdent quatre points.

La porte reste ouverte.
Mais lorsque Gudrun Patteet et Sea Coast Chica V.V. Z ajoutent huit points, l’affaire est entendue.
Douze points.
Mexico peut célébrer.
Carlos et Zoe viennent de gagner Londres ensemble.
Une victoire en couple, donc. Ce qui présente au moins un avantage : personne n’aura besoin de raconter sa journée en rentrant à l’hôtel.
Mexico revient dans la conversation
Au-delà du trophée londonien, cette victoire change surtout quelque chose dans la course au championnat.
Riesenbeck International powered by Horse Gym reste largement en tête avec 182 points, mais derrière, les positions commencent à se rapprocher dangereusement.
Les Prague Lions sont deuxièmes avec 149 points.
Et juste derrière ?
Mexico Amigos.
146 points.
Trois petits points seulement séparent désormais les Amigos de la deuxième place. Les Basel Cosmopolitans suivent avec 138 unités, devant les Istanbul Warriors, cinquièmes avec 134.
Riesenbeck possède encore un matelas conséquent. Mais pour les places derrière les Allemands, le canapé commence à devenir sérieusement trop petit.
Et Zoe Hank Conter ne cachait pas sa satisfaction après cette première victoire de la saison : « Nous adorons venir ici à Londres et mes chevaux sont vraiment en grande forme. »
Elle soulignait également le rôle de son mari : « Les deux chevaux de Carlos ont également été incroyables aujourd’hui. Il s’est vraiment battu jusqu’au bout et cela a fonctionné pour nous deux. »
À Londres, les Amigos n’ont peut-être pas tout sauté sans faute.
Ils ont simplement mieux survécu que les autres.

Prochain arrêt : Valkenswaard
La GCL prend maintenant la direction de la Longines Tops International Arena de Valkenswaard.
Et le scénario devient assez simple.
Riesenbeck doit continuer à gérer son avance. Prague doit arrêter de laisser filer des points. Mexico vient de trouver une dynamique. Les Pirates se réveillent. Et derrière, tout le monde sait désormais qu’une barre peut faire perdre cinq places avant même d’avoir eu le temps de sortir de piste.
Retrouvez les résultats complets de la GCL de Londres ici
(Photos © LGCT/Ljuba Buzzola)





