Pas de sortie par la petite porte. Dayton Sitte quitte le sport en gagnant, fidèle à lui-même. À 17 ans, l’étalon monté par Virginie Thonon raccroche officiellement les crampons pour entamer une nouvelle carrière à la reproduction. L’occasion aussi de revenir, avec la cavalière belge, sur une histoire faite de patience, de pépins… et de confiance.
Clap de fin pour un fidèle soldat
Dayton Sitte (Ogano Sitte x Ustina Sitte par Clinton) ne sera plus engagé en compétition. L’e cheval’étalon est arrivé au terme de sa carrière sportive sous la selle de Virginie Thonon, après plusieurs saisons passées à évoluer sur le circuit international.
Le timing n’est pas anodin. « Le dernier concours, il a encore gagné une épreuve. Je trouve qu’il mérite ça. terminer comme ça. », confie la cavalière.
Traduction : sortir au bon moment, avant la saison de trop.
« Quand j’en avais besoin, il était là »
L’histoire entre Dayton Sitte et Virginie Thonon ne démarre pas comme un coup de foudre immédiat, mais plutôt comme une opportunité devenue évidence.
« Je l’avais déjà vu chez Laurent Thirion en jeunes chevaux. Puis il est passé chez Cassio Rivetti pendant trois ans avant d’arriver chez Roger-Yves Bost. À un moment, on m’a proposé de le monter un peu… et j’ai adoré le cheval », raconte-t-elle.
Monté tout un hiver, notamment à Moorsel, le courant passe. Au point d’acheter la moitié du cheval. Mais derrière, le coup d’arrêt : une blessure au box qui entraîne plus d’un an d’interruption.
Un début chaotique, loin de freiner la suite.
« Il a eu deux, trois soucis, mais jamais rien de grave juste des petites choses qu’il se faisait au box et qui l’éloignai des terrains de sports quelques temps, mais c’est un cheval avec de gros moyens et une super mentalité. Quand j’en avais besoin, il était là. De plus il était hyper gentil avec l’homme. »
Un cheval « atypique »… mais redoutable
Pas le plus académique à regarder, Dayton Sitte. Et pourtant.
« Il est un peu “Ogano”, il va chercher le pied, mais il est très respectueux. À le voir sauter, on a l’impression qu’il force… alors que dessus, c’est tout l’inverse. »
Une sorte d’illusion d’optique version sport équestre. Spectaculaire à l’œil, confortable en selle.
Et surtout fiable. L’an dernier encore, Virginie Thonon le reprend à 16 ans pour retourner en Grand Prix.
« Je n’avais plus de cheval pour sauter. Je l’ai repris et on a refait des 2 et 3*. Il était super.* »
Stop au bon moment
La décision d’arrêter n’est pas liée à une blessure majeure. Juste à une philosophie.
« Il s’est fait encore un petit coup au box, rien de grave. Mais je me suis demandé : est-ce que ça vaut la peine de recommencer l’immobiliser encore des mois au box à cet âge-là ? »
Réponse immédiate.
« Je préfère arrêter les chevaux quand ils sont encore bien. »
Une logique rare… et précieuse.
Direction l’élevage, sans détour
La suite était déjà écrite. Dayton Sitte retourne à sa première fonction : la reproduction.
« C’était prévu avec les Boudrenghien. J’ai neuf juments poulinières, je vais le mettre sur cinq ou six. »
L’organisation reste classique : toujours co-propriétaire la monte en frais sera gérée par l’éleveur.
Un cheval qui compte
Dans une carrière, il y a les cracks… et ceux qui comptent autrement.
« Ce n’est pas un High Tech VY de Septon ou un Kosovo de Semilly, mais c’est presque le troisième », résume Virginie Thonon.
Un cheval de confiance, présent dans les moments creux, capable de répondre quand il le fallait.
« Il m’a toujours servi, et bien. »
Parfois, ça suffit largement pour marquer une carrière.