À 16 ans, Andrea Pisani grille déjà les anciens : le CSI5* n’attend pas le permis de conduire

Publié par Sébastien Boulanger le 07/05/2026

Dans le saut d’obstacles, on répète souvent qu’il faut du temps pour apprendre. Des années pour construire un cavalier. Des saisons pour comprendre un grand cheval. Et puis il y a ces gamins qui débarquent dans un CSI5* comme d’autres arrivent au city stade. À Lido di Camaiore, le jeune Italien Andrea Pisani, 16 ans à peine, a claqué la première grande cartouche du week-end en remportant les LONGINES Welcome Stakes face à une armada de cavaliers confirmés. Le genre de victoire qui rappelle qu’en équitation, le talent peut parfois doubler l’expérience dans le dernier virage.

Le petit dernier qui met tout le monde d’accord

53 couples au départ. Des habitués des grands terrains. Des noms qui tournent sur le circuit mondial toute l’année. Et au bout du compte ? Le plus jeune cavalier du plateau qui repart avec la victoire.

Pour sa toute première apparition à ce niveau, Andrea Pisani a frappé fort. Très fort. En selle sur l’expérimenté Charlemagne JT Z (Cachas / Carthago Z), le jeune Italien a remporté l’épreuve Longines Welcome Stakes du CSI5* de Lido di Camaiore avec un sans-faute bouclé en 24,24 secondes. Propre, rapide, sans panique. Comme si le garçon faisait ça depuis dix ans.

Derrière lui, pourtant, il y avait du beau monde. Le vice-champion du monde Jérôme Guery et Qartouche de la Pomme d’Or (Vigo d’Arsouilles x Ustinov) terminent deuxièmes en 24,49 secondes, juste devant l’Italien Giacomo Bassi associé à Cape Cod (Tornesch x Kashmir van’t Schuttershof). Même Martin Fuchs n’a pas réussi à faire mieux malgré un chrono canon avec Falcon du Toultia Z (For Pleasure x Copin van de Broy.

Le message est passé : la jeunesse n’attend plus son tour.

Héritier, oui. Impressionné, non.

Chez les Pisani, le cheval est une affaire de famille. Son père, Riccardo Pisani, est une figure bien connue du jumping italien. Sa mère, Silvia Bazzani, évolue elle aussi dans le haut niveau. Andrea n’a donc pas découvert les paddocks hier matin.

Mais les enfants de cavaliers ne deviennent pas automatiquement gagnants de CSI5*. Le pedigree ouvre parfois des portes ; il ne fait jamais tenir les barres sur les cuillères.

Et c’est précisément ce qui impressionne chez Andrea Pisani : le calme. À 16 ans, dans un environnement où certains mettent des saisons à respirer normalement, lui a déroulé son parcours avec une maîtrise presque insolente. Pas de précipitation. Pas de geste inutile. Juste l’impression d’un cavalier déjà parfaitement connecté à son cheval.

Son partenaire du jour, Charlemagne JT Z, a évidemment joué un rôle clé. Le gris expérimenté lui a offert ce mélange précieux de confiance et de réactivité qui permet aux jeunes cavaliers d’oser attaquer le chronomètre sans perdre le fil.

Une génération qui ne veut plus attendre

Le plus intéressant dans cette première journée italienne n’est peut-être même pas la victoire en elle-même. C’est le tableau général.

Car derrière Pisani, une autre jeune cavalière a également marqué les esprits : l’Italienne Aurora Guaragno, seulement 22 ans, a pris place dans le top 5 avec Contento 23 (Contendros x Dobel’s Cento). Comme un symbole supplémentaire d’une nouvelle génération italienne qui pousse très fort derrière les cadors installés.

Le saut d’obstacles moderne accélère tout. Les jeunes cavaliers arrivent mieux préparés, entourés plus tôt, confrontés plus vite au très haut niveau. Les réseaux sociaux montrent les stars mondiales dès l’enfance, les académies se professionnalisent, les chevaux expérimentés encadrent plus rapidement les nouveaux talents.

Résultat : les écarts d’âge comptent parfois moins que les écarts de sang-froid.

“Je vis un rêve”

À la remise des prix, Andrea Pisani avait encore du mal à réaliser.

« Je n’aurais pas pu rêver de meilleurs débuts que ceux-ci. Je dois remercier ma famille de me soutenir dans ce sport, et bien sûr mon extraordinaire cheval, qui a encore été fantastique aujourd’hui. J’ai l’impression de vivre un rêve, mais je dois rester concentré car ce n’est que le premier jour de ce fantastique événement. »

Le discours est sage. Très sage, même. Peut-être plus sage que son âge.

Mais au fond, c’est aussi ça qui fait les cavaliers capables d’exploser tôt : savoir savourer sans se croire arrivé.

Parce qu’à Lido di Camaiore, Andrea Pisani a remporté une épreuve. Pas encore une carrière.

Find les résultats complets de l’épreuve 5* de Lido di Camaiore ici

(Photos ©LVHSGA / S.Grasso)