À Chantilly, le polo oublie les frontières

Publié par Sébastien Boulanger le 11/06/2026

Dans la plupart des sports, les compétitions internationales opposent des pays. À Chantilly, on préfère les terroirs. Du 12 au 27 juin, la Polo Nations Cup Barnes réunira dix équipes masculines et huit féminines venues des grandes terres de polo de la planète. Une compétition où l’on défend autant une culture qu’un maillot.

Il existe des endroits où le polo est une seconde nature

Il y a Córdoba, où les chevaux semblent naître avec un maillet entre les dents.

Il y a les grandes propriétés de Toscane, les pelouses impeccables de Windsor, les terrains du sud de la France ou les clubs historiques de Genève.

Et puis il y a Chantilly.

Pendant quinze jours, toutes ces géographies du polo vont se rencontrer au même endroit.

Pas sous des drapeaux nationaux. Sous des identités plus profondes encore : celles des régions qui ont construit l’histoire de ce sport.

C’est ce qui fait le charme particulier de la Polo Nations Cup Barnes. Une compétition qui ressemble moins à un championnat classique qu’à une réunion de famille géante du polo mondial.

Polo Chnatilly

Les champions reviennent avec une cible dans le dos

L’an dernier, l’Occitanie avait fini par mettre tout le monde d’accord.

Douze mois plus tard, les tenants du titre reviennent avec la même équipe et la même ambition : repartir avec le trophée.

Le problème, c’est qu’entre-temps, tout le monde a eu le temps d’étudier la recette.

Leur principal adversaire pourrait bien venir d’Argentine. Córdoba, finaliste en 2025, retrouve le chemin de Chantilly avec l’envie de terminer le travail. Dans ses rangs figure notamment Matias Torres Zavaleta, l’un des joueurs les plus surveillés du tournoi.

Quand l’Argentine se déplace, le polo écoute généralement avec attention.

Les prétendants ne manquent pas

Polo Chnatilly

Comme souvent dans les grands rendez-vous, certains arrivent avec moins de bruit mais autant d’ambition.

C’est le cas de France-PACA.

Lauréate de la première édition, l’équipe azuréenne vient de signer une victoire remarquée dans le Trophée Bourbon. Un succès qui tombe à point nommé et qui rappelle que les anciens vainqueurs n’ont pas oublié comment soulever une coupe.

Autre équipe observée de près : France Normandie.

Portée par la famille Carmignac et renforcée par plusieurs joueurs de premier plan, elle possède tout ce qu’il faut pour s’inviter dans les derniers jours de compétition.

Dans un tournoi où les écarts sont souvent minimes, quelques chevaux en grande forme ou un joueur inspiré peuvent suffire à faire basculer une édition.

Le polo féminin accélère

Polo Chnatilly

L’autre bonne nouvelle vient du tableau féminin.

Pour sa deuxième édition seulement, l’OniriQ Ladies Polo Nations Cup passe déjà de six à huit équipes engagées. Un développement qui confirme la progression constante du polo féminin sur la scène européenne.

Parmi les joueuses attendues figure Milagros Fernandez-Araujo.

L’Argentine possède un palmarès qui parle pour elle et une réputation construite au plus haut niveau. Sa présence apporte une dimension supplémentaire à une compétition qui attire désormais des profils internationaux de premier plan.

À ses côtés, plusieurs joueuses européennes tenteront de bousculer la hiérarchie établie.

Une histoire de sœurs

Le polo aime les dynasties.

Cette édition offrira un nouvel épisode avec les sœurs Venot.

Lucie et Pearl évolueront sous les couleurs de l’Île-de-France. Elena portera celles de la Bretagne chez les dames et de la Belgique dans l’épreuve mixte.

Le genre d’histoire qui ne change rien au classement final mais qui donne toujours un supplément d’âme à un tournoi.

Plus qu’un tournoi, une célébration

Polo Chnatilly

Cette édition 2026 ne célèbre pas uniquement les meilleures équipes.

Elle marque aussi les trente ans du Polo Club du Domaine de Chantilly.

Pour l’occasion, les organisateurs ont décidé d’adopter un format inspiré des grands rendez-vous argentins avec des finales programmées le samedi 27 juin. Une journée pensée comme une fête du polo, entre sport, spectacles et célébrations.

Mais ceux qui fréquentent les terrains cantiliens depuis longtemps connaissent une vérité simple.

Le polo ne se résume jamais aux finales.

Il se vit aussi au détour d’un terrain secondaire, dans les écuries, au bord des paddocks ou à quelques mètres des chevaux.

C’est sans doute pour cela que chaque mois de juin, le monde du polo finit toujours par revenir à Chantilly.

(Photos © PCC/Justine Jacquemot)

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