À quelques jours de la cérémonie d’ouverture, Aix-la-Chapelle est prête à redevenir le centre du monde équestre.Pendant près de deux semaines, la Soers va vivre au rythme des Championnats du monde, avec ce que la planète cheval compte de meilleurs cavaliers, chevaux et nations. Mais derrière le spectacle sportif se cache surtout une machine assez vertigineuse. Des tonnes de foin, des kilomètres de câbles, des centaines de chevaux, des dizaines de millions d’euros… et même un improbable décompte des brins d’herbe. Bienvenue dans les chiffres d’un Mondial qui n’aime décidément pas faire les choses à moitié.
Six disciplines et une planète cheval au même endroit
Du 11 au 23 août, Aix-la-Chapelle va concentrer une bonne partie de ce que le sport équestre mondial fait de mieux. Six disciplines sont au programme : saut d’obstacles, dressage, concours complet, para-dressage, attelage et voltige.
Et c’est ici que les compteurs commencent réellement à s’affoler.
Les organisateurs annoncent 814 participants aux Championnats du monde, accompagnés de 814 chevaux, venus de près de 70 nations. En ajoutant les 65 participants and 65 chevaux des compétitions réservées aux jeunes, le compteur général grimpe à 879 participants et 879 chevaux de compétition.
Et encore, ce n’est qu’une partie de la cavalerie attendue sur place. 250 chevaux supplémentaires sont prévus pour la cérémonie d’ouverture et 200 autres pour l’Allianz Park Day (voir notre article here).
Bref, à Aix, au mois d’août, mieux vaudra ne pas être allergique aux chevaux.

188 cavaliers pour le saut, 92 pour le dressage
Dans cette gigantesque réunion de famille, le saut d’obstacles formera logiquement l’un des plus gros contingents avec 188 cavaliers et 188 chevaux. 32 équipes, auxquelles s’ajouteront 36 cavaliers individuels, sont attendues. La finale par équipes se disputera le vendredi soir sous les projecteurs, avant la grande explication individuelle du dimanche.
En dressage, les organisateurs prévoient 92 couples, avec 19 équipes de trois ou quatre cavaliers et 17 individuels. Grand Prix, Spécial puis Freestyle : la semaine montera progressivement en température jusqu’au Grand Prix Freestyle, disputé le samedi soir sous les lumières du stade principal.
Le concours complet réunira 90 couples and 16 équipes. Dressage jeudi et vendredi, cross le samedi, puis jumping et attribution des médailles le dimanche. Simple sur le papier. Beaucoup moins lorsqu’il faudra galoper le cross d’Aix.
Le para-dressage accueillera 94 cavaliers et 94 chevaux, répartis dans cinq Grades, tandis que l’attelage annonce 54 meneurs à quatre chevaux.
Et puis il y aura la voltige : 295 athlètes et longeurs, pour 80 chevaux.
Quand on vous disait que toute la planète cheval avait rendez-vous en Allemagne. Enfin, presque puisque l’endurance manque tout de même à l’appel.

177 médailles, mais certaines vaudront déjà un billet pour la suite
À force d’aligner les cavaliers et les disciplines, il faut évidemment prévoir quelques breloques.
Beaucoup, même.
Au total, Aix-la-Chapelle distribuera 59 médailles d’or, 59 d’argent et 59 de bronze. Soit 177 médailles.
Mais certaines auront une valeur qui dépassera largement le podium du jour. Dans les classements par équipes du saut d’obstacles, du dressage, du concours complet et du para-dressage, ces Mondiaux constitueront la première épreuve qualificative pour les Jeux olympiques et paralympiques de Los Angeles 2028.
Autrement dit, pendant que certains penseront arc-en-ciel, d’autres auront déjà Los Angeles dans un coin de la tête.
Nourrir tout ce petit monde ? 55 tonnes de foin, pour commencer
Faire venir les meilleurs chevaux de la planète, c’est bien. Encore faut-il remplir les mangeoires.
Et là aussi, Aix joue dans la catégorie poids lourds.
Pour les chevaux de sport, l’organisation a prévu 22 tonnes d’aliments concentrés, 55 tonnes de foin et 17 tonnes de paille, auxquelles s’ajoutent 1 900 ballots de copeaux.

Le dispositif vétérinaire sera à l’avenant : endoscopie, radiographie numérique, échographie, laboratoire sur place avec tests PCR rapides, balances et approvisionnement pharmaceutique.
Les installations ont également été adaptées en vue des Mondiaux : nouveaux éclairages du stade principal, rénovation des toitures, installation d’un sol adapté au dressage dans le grand stade, extension du parcours de cross, nouvelles écuries répondant aux standards actuels de bien-être animal et amélioration de l’accessibilité, notamment pour le para-sport.
Le haut niveau se joue sur la piste. Mais il se prépare surtout beaucoup derrière.
42,5 millions d’euros pour transformer la Soers
Forcément, pareil barnum a un prix.
Le budget total annoncé atteint 42,5 millions d’euros, répartis entre 30 millions de budget opérationnel and 12,5 millions d’investissements.
Et il faut une petite armée pour faire tourner la boutique.

1 500 personnes travailleront sur l’événement. Parmi elles : 90 juges et officiels FEI, 85 stewards FEI, plus de 450 personnes affectées à l’encadrement, plus de 50 membres du personnel médical, auxquels s’ajoutent les services d’urgence et médecins, ainsi que 70 personnes pour le service des chauffeurs.
Côté médias, 600 journalistes et photographes accrédités sont attendus, accompagnés de plus de 250 collaborateurs de télévision. En Allemagne, plus de 30 heures de diffusion internationale sont annoncées sur ARD, ZDF et WDR, sans compter les retransmissions à travers le monde.
À ce stade, appeler cela un concours hippique commencerait à relever d’un sérieux problème de sous-évaluation.

45 kilomètres de câbles, parce qu’une rallonge ne suffisait pas
Et puis il y a tout ce que le spectateur ne verra presque jamais.
Le village exposants doit réunir 200 entreprises, plus de 300 pagodes and 23 000 m² de surface sous tente, restauration comprise.
Pour alimenter l’ensemble, l’organisation prévoit 45 kilomètres de câbles. Oui, 45 kilomètres. Une rallonge légèrement ambitieuse.
Le montage nécessite dix semaines, 75 chargements de camions et au moins 1 500 tonnes de matériel.
Des chiffres qui rappellent qu’un Championnat du monde ne commence pas lorsque le premier cheval entre en piste. Il commence des mois plus tôt, avec des camions, des grues, des câbles et beaucoup de gens qui dorment probablement un peu moins que prévu.

Et sinon, 358 310 400 brins d’herbe
On pensait avoir fait le tour.
C’était oublier Aix-la-Chapelle.
Parce que dans la longue liste des statistiques communiquées autour de ces Championnats du monde, les organisateurs ont réussi à produire le chiffre dont personne ne savait qu’il avait besoin.
Le stade principal compterait 358 310 400 brins d’herbe.
Pas 358 millions à la louche. Non.
358 310 400.
On ne sait pas qui a hérité du comptage. On espère simplement qu’il a eu droit à quelques jours de récupération.
Autour de cette pelouse manifestement très surveillée, il faut encore ajouter 2,9 kilomètres de clôtures en bois, 4,2 kilomètres de haies constituées de 30 000 plantes, ainsi que 340 arbres, dont 129 tilleuls et 79 bouleaux.
Même la végétation semble avoir reçu son accréditation.
Parce qu’Aix et les Mondiaux, ce n’est pas vraiment une première
Derrière les chiffres, il y a surtout un lieu qui connaît la musique.
L’ALRV, fondé en 1898, a déjà organisé 15 championnats sur le site de la Soers. Aix-la-Chapelle a notamment accueilli quatre Championnats du monde de saut d’obstacles, en 1955, 1956, 1978 et 1986, le Mondial de dressage de 1970, les Jeux équestres mondiaux de 2006 et les Championnats d’Europe de 2015.
Vingt ans après les Jeux équestres mondiaux, la planète cheval revient donc sur un terrain qu’elle connaît bien.
Et cette fois encore, la fête dépassera largement les portes du stade. Du 11 au 23 août, l’« Aachen WM Special » installera deux scènes en plein centre historique avec un programme gratuit mêlant animations, artistes et médaillés. Le 17 août, l’Allianz Park Day ouvrira également le site autour d’un programme destiné notamment aux familles.
Parce qu’à Aix-la-Chapelle, même un jour sans médaille doit apparemment ressembler à un jour de championnat.
Maintenant, place aux chiffres qui ne se calculent pas
Des centaines de chevaux. Des dizaines de nations. Des tonnes de nourriture et de matériel. Des kilomètres de câbles. Des millions d’euros. Et suffisamment de brins d’herbe pour occuper un statisticien jusqu’aux Jeux de Los Angeles.
À quelques jours de la cérémonie d’ouverture, Aix-la-Chapelle a déjà sorti la grosse artillerie.
Mais les chiffres les plus importants manquent encore à l’appel.
Les chronos, les points, les sans-faute et, surtout, les larmes de joie.
Ceux-là, à partir du 11 août, personne ne pourra les prévoir.

Retrouvez le programme complet jour par jour here





