Il fallait manifestement savoir sauter, mais presque aussi savoir nager, jeudi soir à Wolvertem. Pour la première soirée cinq étoiles du Brussels Stephex Masters, un orage spectaculaire a contraint les organisateurs à interrompre l’épreuve pendant une trentaine de minutes. Avant le déluge, Eduardo Pereira de Menezes aait déjà mis les pendules, et les chronos, à l’heure. Avec H5 Knockando, le Brésilien s’impose en 71’’03 devant Kendra Claricia Brinkop et Christian Ahlmann. Deuxième victoire brésilienne de la journée : Bruxelles avait viré au vert et jaune.
Après le saut d’obstacles, le water-polo
On avait commandé du cinq étoiles pour la première soirée du Brussels Stephex Masters. La météo, elle, avait visiblement coché l’option apocalypse.

Alors que les meilleurs cavaliers du monde avaient pris possession de la Grand Place Arena, un orage particulièrement violent s’est invité à la fête. Pluie torrentielle, rafales et piste copieusement arrosée : la direction du concours n’a pas tergiversé et a interrompu l’épreuve pendant une trentaine de minutes.
Précaution plutôt raisonnable. Après tout, rien ne garantissait que l’intégralité du plateau du CSI5* possédait son brevet de natation.
Eduardo Pereira de Menezes, lui, a eu droit à une fenêtre météo nettement plus fréquentable. Et le Brésilien ne s’en cache pas.
« J’ai eu beaucoup de chance. Mais pour gagner, il faut aussi avoir de la chance », souriait-il après sa victoire.

Le Brésilien a également tenu à saluer la gestion de la situation par l’organisation : « Je pense que la direction du concours a fait un excellent travail en attendant lorsque les conditions étaient difficiles, puis en relançant l’épreuve. Tout le monde a pu concourir dans des conditions équitables. »
Pas certain que tout le monde soit du même avis. Son compatriote, Rodrigo Pessoa, déjà copieusement saucé à Aix la semaine dernière, a encore eu droit à sa douche vendredi soir.
Une fois Jupiter calmé, il restait donc à aller vite.
Numéro onze, chrono numéro un
Partnering with H5 Knockando, fille de Comme Il Faut 5 et Stakkato, Pereira de Menezes signe un parcours sans faute en 71’’03.
Dossard numéro onze, il est encore tôt. Très tôt même. Derrière lui attend une jolie collection de pilotes capables de faire fondre un chronomètre. Mais plutôt que de commencer à calculer ce que feront les autres, le Brésilien choisit une méthode vieille comme le barrage : faire son tour et laisser les suivants se débrouiller avec.
« J’étais numéro onze et il restait énormément de cavaliers très compétitifs derrière moi. Ma stratégie était simplement de respecter mon plan. J’avais amené un très bon cheval et je voulais être compétitif. Je me suis dit : voilà comment je vais monter, et que je termine premier ou dixième, ce sera comme ça. Finalement, la chance m’a placé en tête. »
Les autres auront beau essayer, personne ne fera mieux.

Kendra Claricia Brinkop, dans son jardin, passe pourtant tout près avec Gatsby Le Magnific (Action Breaker x Ogano Sitte). L’Allemande arrête le chrono à 71’’30. Vingt-sept centièmes. À peine le temps de constater qu’il ne pleut plus.
Son compatriote Christian Ahlmann complète le podium avec Vivario JL Z, sans faute en 72’’18.
Knockando, sept ans de vie commune
Cette victoire n’est pas celle d’une association bricolée pour l’occasion. H5 Knockando est arrivée dans l’entourage de Pereira de Menezes à quatre ans. Sept années plus tard, les deux se connaissent forcément un peu.
« Elle est dans la famille depuis sept ans. C’est une jument adorable. Elle donne toujours le meilleur d’elle-même », explique le Brésilien. « Elle a déjà sauté de plus grosses épreuves, donc ce niveau est confortable pour elle et nous pouvions vraiment tenter notre chance. »

Une phrase qui résume assez bien la soirée. Pereira de Menezes n’était pas venu simplement prendre la température, exercice au demeurant assez inutile sous un tel orage.
« J’ai amené mes deux bons chevaux parce que je voulais être compétitif. Je ne savais pas si ce serait suffisant pour gagner, mais je voulais tenter le coup. Heureusement, j’ai réussi à terminer devant. »
Et commencer un CSI5* de cette manière ne lui déplaît évidemment pas.
« C’est toujours agréable de commencer par une victoire. Et particulièrement ici, dans un concours aussi magnifique. »
La Belgique possède d’ailleurs une saveur particulière pour le Brésilien, qui y passe une partie importante de son année. Avec sa position au cœur du circuit européen, le pays constitue pour lui une base régulière. Bruxelles a même quelque chose d’un deuxième chez-soi, expliquait-il après sa victoire, évoquant notamment les attaches familiales de son entourage avec la Belgique.
« J’ai énormément de respect pour ce concours et pour les organisateurs. Ils font un travail magnifique, donc c’est formidable de gagner ici. »

Saïd quatrième, Bruynseels et Conter dans le huit
Pas de victoire belge pour cette première soirée, mais les locaux n’ont pas exactement regardé passer les Brésiliens depuis les tribunes.
Abdel Saïd est le meilleur Belge de l’épreuve. Avec Wathnan Max (Grandorado TN x Andiamo), il signe un sans-faute en 72’’55 et termine quatrième, à moins de deux secondes de Pereira de Menezes.

Le Français Antoine Ermann prend la cinquième place avec Jiamo VDS (Thunder vd Zuuthoeve x Carolus H) en 72’’83, devant un autre Brésilien, Marlon Modolo Zanotelli, sixième avec l’expérimentée Dorette OLD (Dollar du Murier x Fighting Alpha 3) en 73’’33.
Et la Belgique remet deux cavaliers dans le top 8 : Niels Bruynseels est septième avec Devidanga SW Z (Dominator 2000 Z x Numero Uno) en 74’’40, tandis qu’Emilie Conter and Portobella van de Fruitkorf (Bamako de Muze x Nabab de Rêve) prennent la huitième place en 75’’42.
De quoi rappeler que si le Brésil a pris les commandes, les Belges n’ont pas quitté le rétroviseur.
Bruxelles parle portugais
Parce que cette victoire n’arrive pas toute seule.
Quelques heures plus tôt, le premier CSI5* de l’édition 2026, une épreuve à 1,40 m disputée au barème A au chrono, avait déjà été remporté par un Brésilien.
Stephan de Freitas Barcha s’était imposé avec le vétéran de 17 ans Chevaux Hex Lup Imperio Egipcio, sans faute en 57’’42.

Une victoire qui intervenait quelques jours seulement après les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, où Barcha avait représenté le Brésil avec Chevaux Primavera Imperio Egipcio. Seul Brésilien qualifié pour la finale individuelle, il a terminé 17e du classement final.
Barcha l’après-midi, Pereira de Menezes le soir.
Le Brésil n’avait donc pas seulement débarqué à Bruxelles avec des chevaux en forme. Il avait visiblement récupéré les clés de la Grand Place Arena.

Humble, affamé… et déjà vainqueur
Reste maintenant à savoir jusqu’où Eduardo Pereira de Menezes compte pousser son Brussels Stephex Masters.
L’intéressé préfère ne pas distribuer les promesses trop tôt. Une chose est certaine : il n’est pas venu faire du tourisme.
« Je suis arrivé ici très humble, mais très affamé. Alors on verra jusqu’où cela nous mène. »
Pour l’instant, cela l’a déjà mené sur la première marche du podium.
Après un orage biblique, une interruption d’une trentaine de minutes et quelques hectolitres d’eau tombés sur Wolvertem, c’est déjà une manière assez efficace de lancer sa semaine.
Et H5 Knockando, elle, n’a même pas eu besoin de sortir les brassards.

Les résultats complets de l’épreuve here



