Le Masters de Spruce Meadows ouvre ce mercredi son International Ring. Au bout de la semaine : le CPKC International et ses cinq millions de dollars de dotation. Mais avant de penser au jackpot, encore faut-il entrer dans le club très fermé des 40 qualifiés. Entre champions préqualifiés, épreuves couperets et Coupe des Nations, Calgary transforme la semaine en immense partie de chaises musicales. Et cette année, Thibeau Spits possède déjà son siège.
À Spruce Meadows, on ne débarque pas le dimanche matin avec son cheval sous le bras en demandant gentiment où se trouve le Grand Prix.
Le CPKC International, présenté par Rolex, se mérite.
Quarante cavaliers seulement auront le droit d’entrer dimanche dans l’International Ring pour l’une des épreuves les plus prestigieuses, et désormais les mieux dotées, du saut d’obstacles mondial. Cinq millions de dollars (canadiens, soit un peu moins de 3.2 millions d’euros) sont annoncés par l’organisation. De quoi donner une certaine importance à chaque barre qui tombe d’ici là.
Et justement, la chasse aux tickets commence ce mercredi.

Certains ont déjà le bracelet VIP
Tout le monde ne part pas exactement de la même ligne.
Le règlement de Spruce Meadows prévoit plusieurs catégories de cavaliers préqualifiés : médaillés individuels des derniers grands championnats, vainqueur de la dernière finale de Coupe du monde ou encore couples victorieux d’un Grand Prix de CSIO 5* au cours des douze derniers mois.
Résultat : quelques noms peuvent aborder la semaine avec un peu moins de sueur sur le front.
Christian Kukuk and Checker 47, Steve Guerdat and Albfuehren’s Iashin Sitte, Richard Vogel and United Touch S, Piergiorgio Bucci and Hantano, Scott Brash and Hello Jefferson and André Thieme and Paule S figurent parmi les couples préqualifiés.
Et il y a un Belge dans la bande : Thibeau Spits with Impress-K van’t Kattenheye Z.
Pas vraiment une invitation tombée du ciel. Le couple belge vient de prendre la tête du classement mondial FEI des couples après une saison comprenant notamment une deuxième place dans le Rolex Grand Prix de ‘s-Hertogenbosch, une victoire dans le Grand Prix 5* de Fontainebleau et deux médailles d’argent aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle. Bref, en ce moment, Spits et Impress ne frappent plus à la porte des très grands. Ils sont entrés depuis un bail. (voir notre article ici)
Préqualifié ne signifie toutefois pas vacances à Calgary : ces cavaliers doivent tout de même prendre le départ du premier tour d’au moins une épreuve FEI du Masters avec leur cheval destiné au Grand Prix.
Le bracelet VIP, donc. Mais obligation de passer quand même par l’entrée principale.

Pour les autres, bienvenue dans Hunger Games
Pour ceux qui n’ont pas leur qualification en poche, le calcul est beaucoup moins confortable.
Dès mercredi, les trois meilleurs du TELUS Cup et du Cardel Homes Cup décrochent directement leur ticket. Jeudi, même principe dans l’ATCO Cup et la CANA Cup. Des points distribués dans le Cardel Homes Cup et la CANA Cup viennent compléter le système.
Vendredi, le Tourmaline Oil Cup offre encore trois places aux meilleurs cavaliers pas encore qualifiés.
Et samedi, la BMO Nations’ Cup constitue la dernière grande porte d’entrée : les cavaliers terminant la première manche avec quatre points ou moins peuvent encore rejoindre la liste.
Autrement dit, à Spruce Meadows, une barre n’est jamais simplement une barre.
Elle peut valoir un dimanche.
Vogel peut écrire l’histoire

Parce qu’au bout de cette semaine de calculs, il restera quand même un Grand Prix. Et pas exactement celui du concours hippique du dimanche derrière l’église.
Le CPKC International est le sommet du Masters de Calgary et l’un des quatre Majeurs composant le Rolex Grand Slam, avec Aix-la-Chapelle, Genève et ‘s-Hertogenbosch.
Cette année, tous les regards convergeront notamment vers Richard Vogel and United Touch S.
Après ses victoires à den Bosch puis dans le Rolex Grand Prix d’Aix-la-Chapelle, l’Allemand arrive au Canada avec une possibilité rarissime : compléter le Rolex Grand Slam.
Un seul cavalier l’a réussi jusqu’ici : Scott Brash, en 2015. Et histoire de boucler joliment la boucle, c’était précisément à Spruce Meadows.
Une victoire dimanche ferait donc de Vogel le deuxième homme à réaliser l’exploit. Une carotte pour Vogel en plus , un bonus d’un million d’euros en cas de succès.
On a connu des dimanches avec moins d’enjeu.
Avant dimanche, une Coupe des Nations qui pique
Il faudra néanmoins survivre au samedi.
Belgique, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Irlande, Pays-Bas, Suède, États-Unis et Canada sont annoncés dans la BMO Nations’ Cup. La Grande-Bretagne défendra son titre acquis en 2025, tandis que l’Allemagne, la Belgique et les Britanniques arrivent également avec leur statut de nations médaillées aux derniers Championnats du monde.
Et dans l’immense International Ring de Calgary, une Coupe des Nations n’a jamais vraiment ressemblé à une promenade digestive.
Spruce Meadows reste Spruce Meadows : de l’herbe, de l’espace, des obstacles qui semblent parfois avoir été dessinés pour des chevaux possédant un permis de construire, et cette sensation permanente que le parcours peut vous rappeler très rapidement qui commande.

Cinq jours pour arriver jusqu’au dimanche
Le décor est donc planté.
Mercredi et jeudi pour commencer à distribuer les billets. Vendredi pour une nouvelle chance et la traditionnelle Six Bar sous les projecteurs. Samedi pour la Coupe des Nations. Dimanche pour les 40 survivants.
Et quelque part au milieu de tout ça, Richard Vogel tentera de poursuivre son histoire, Scott Brash reviendra défendre son CPKC International et Thibeau Spits débarque avec le couple actuellement numéro un mondial au classement FEI.

À Calgary, le Grand Prix ne commence finalement pas dimanche.
Il commence dès maintenant.
Retrouvez le programme complet here
(Photos © Rolex Grand Slam)

