Jeudi soir, dans une Brabanthallen pleine à craquer lors de The Dutch Masters, le spectacle n’était pas seulement dans la hauteur des obstacles. Il était dans l’adaptation, la finesse et la lecture du cheval. Comme en 2025, Willem Greve a remporté la HeadFirst Group Prijs, épreuve spectaculaire de chevaux échangés. Une démonstration rare de pur horsemanship face à Richard Vogel, Julien Epaillard et Gilles Thomas.
Le retour d’une épreuve culte
La HeadFirst Group Prijs n’est pas un Grand Prix comme les autres.
Ici, les cavaliers changent de chevaux.
Chaque cavalier commence avec sa monture dans cette épreuve à 1,45 m, avant d’enchaîner les parcours avec les chevaux de ses concurrents. À peine deux minutes trente pour « trouver les boutons » d’un nouveau cheval, sentir son équilibre, ses réactions, son galop… puis la cloche sonne.
Et il faut performer immédiatement.
Le concept rappelle les finales à 4 des championnats du monde, où les finalistes montaient les chevaux des autres pour départager les meilleurs cavaliers de la planète. Une formule qui a disparu depuis 2014 avant d’être relancée l’an dernier par Jeroen Dubbeldam, aujourd’hui directeur sportif de l’événement.
Greve, maître de l’adaptation
Dans cet exercice d’équilibriste, Willem Greve a récidivé.
Le Néerlandais a signé la seule performance parfaite de la soirée :
quatre parcours, quatre sans-faute, avec quatre chevaux différents.
Un exploit qui lui permet de devancer, Vogel, Épaillard et Thomas…excusez du peu.
Greve excelle dans l’art d’adapter son équitation en quelques foulées. Il l’a encore montré jeudi soir.
Lire le cheval, pas l’imposer
Après sa victoire, le Néerlandais insistait sur la nature particulière de l’exercice.
« Dans cette épreuve, il faut lire le cheval très vite. Comprendre comment il réagit, comment il aime être monté. Il ne faut pas essayer de le plier à son système. »
Greve expliquait notamment avoir observé attentivement Greenacres Comilfo, le cheval de Richard Vogel.
Le cheval, encore relativement vert selon son cavalier habituel, demandait surtout de la confiance.
« Je voulais surtout lui montrer que j’allais l’amener correctement sur les sauts. » Malin le batave.
À la sortie de piste, Jeroen Dubbeldam, qui en a vu d’autres, parlera d’une véritable démonstration d’équitation.
Vogel, la vitesse… sur tous les chevaux
Deuxième au classement, Richard Vogel a peut-être été le plus spectaculaire sur le chronomètre.
Le champion d’Europe a signé les meilleurs temps avec chaque cheval, y compris ceux de ses adversaires. Sur l’ensemble des quatre manches, il termine :
- près de 12 secondes plus rapide que Julien Epaillard
- and 22 secondes plus rapide que Greve et Thomas
Une seule faute, commise avec Happy Landais, le cheval de Gilles Thomas, l’empêche d’empocher la victoire.
L’expérience d’Easy Up de Grandry
Côté chevaux, la palme de la soirée revient à Easy Up de Grandry, la monture de Julien Epaillard.
À 12 ans, ce hongre expérimenté s’est imposé comme le meilleur cheval de la compétition, confirmant l’intuition de Jeroen Dubbeldam qui l’avait identifié très tôt comme l’un des atouts majeurs de l’épreuve.
Face aux chevaux de neuf ans engagés par les autres cavaliers, l’expérience a clairement fait la différence.
Un spectacle que le public réclame
Au-delà du résultat, la formule a encore une fois conquis les tribunes.
Après chaque rotation, Jeroen Dubbeldam et Harrie Smolders commentaient les parcours en direct et interrogeaient les cavaliers, offrant au public un rare aperçu des réflexions tactiques et techniques des meilleurs cavaliers du monde.
Comme l’a résumé Greve :
« On apprend tous les jours. On peut vraiment se coucher le soir en se demandant comment mieux comprendre un cheval. Au final, tout tourne autour du feeling. »
Un moment d’équitation pure.
Find les résultats complets de l’épreuve Best of Champions ici
(Photo © TDM/Digishots)