Au Caire, les pyramides sont égyptiennes. Le Grand Prix est belge.

Publié par Sébastien Boulanger le 25/10/2026

Il y a 4 500 ans, les Égyptiens construisaient les pyramides de Gizeh. Ce samedi 24 octobre, les Belges ont décidé d’y ajouter leur petite touche personnelle. Pieter Devos remporte le premier Grand Prix du Longines Global Champions Tour organisé au Caire, Olivier Philippaerts termine deuxième, Niels Bruynseels quatrième et Abdel Saïd s’offre carrément le titre de champion du circuit 2026. Une après-midi presque indécente de réussite pour le jumping belge. Les pharaons venaient du plat pays ce week-end.

Devos, 45 secondes pour entrer dans l’histoire

On avait pourtant mis les petits plats dans les grands. Un million d’euros de dotation, les pyramides en toile de fond, une piste à 1,60 m et quelques-uns des meilleurs cavaliers de la planète réunis pour la toute première étape égyptienne du Global Champions Tour.

Le genre de décor où l’on s’attendrait presque à voir surgir Toutânkhamon entre deux obstacles. Mais samedi, c’est Pieter Devos qui avait décidé de jouer les immortels.

Douze couples qualifiés pour le barrage. Douze prétendants à une place dans l’histoire. Et au bout du compte, un Belge qui met tout le monde d’accord.

In the saddle of Casual DV Z, Devos boucle son barrage sans la moindre pénalité en 45,85 secondes. Personne ne fera mieux. Pas même son compatriote Olivier Philippaerts, pourtant sacrément pressé d’en finir avec les obstacles égyptiens.

Résultat : une victoire de prestige, 330 000 euros de gains et une nouvelle ligne au palmarès du cavalier belge.

Mais derrière le chronomètre, il y a surtout une histoire qui mérite qu’on s’y attarde.

Casual DV Z n’est pas une jument achetée à prix d’or pour gagner immédiatement des Grands Prix. C’est une fille de Cornet Obolensky, née dans l’élevage familial des Devos et accompagnée depuis ses premiers pas jusqu’au plus haut niveau international.

Onze années d’existence, des milliers d’heures de travail et une relation construite patiemment. Pour arriver, un samedi d’octobre, à dominer les meilleurs devant les pyramides.

Après six podiums en Grands Prix cinq étoiles cette saison, la victoire vient enfin récompenser leur régularité. Devos ne cachait d’ailleurs pas son émotion au micro de GCTV, soulignant combien cette réussite comptait pour sa famille et pour cette jument qui n’a jamais cessé de se battre pour lui.

Philippaerts et Bruynseels : les Belges avaient pris un abonnement

Évidemment, Pieter Devos n’allait pas se contenter de gagner tranquillement dans son coin.

Olivier Philippaerts, associé à Hipster SV, avait lui aussi décidé de transformer le barrage en séance de vitesse pure. Un double sans-faute, 46,31 secondes au chronomètre et seulement 46 centièmes de retard sur son compatriote.

Pas de victoire, donc. Mais une deuxième place qui vaut son pesant d’or, puisqu’elle lui offre également son billet pour le Super Grand Prix du Global Champions Tour, programmé à Vérone en novembre.

Behind them, Ben Maher tente bien de sauver les meubles pour le reste de la planète. Avec Point Break, le Britannique signe un excellent double sans-faute en 46,57 secondes. Suffisant pour compléter le podium. Insuffisant pour briser l’hégémonie belge.

Et comme si deux cavaliers parmi les trois premiers ne suffisaient pas, Niels Bruynseels ajoute son grain de sel.

With Oaky Flandria, il réalise lui aussi un double sans-faute, en 48,82 secondes, pour terminer quatrième.

Premier, deuxième, quatrième : trois Belges dans les quatre premiers d’un Grand Prix à un million d’euros.

On a connu des déplacements internationaux moins rentables.

Au passage, l’exploit prend encore un peu plus de relief lorsqu’on regarde les noms laissés derrière. Marco Kutscher termine cinquième, Duarte Seabra sixième, tandis que Christian Kukuk, pourtant le plus rapide du barrage en 45,36 secondes, voit ses ambitions ruinées par huit points de pénalité.

En jumping, aller vite est une bonne idée. Laisser les barres sur les chandeliers reste néanmoins fortement conseillé.

Abdel Saïd, champion sans même avoir besoin du barrage

Et puis il y a l’autre histoire de cette journée. Celle qui dépasse même le résultat du Grand Prix.

Abdel Saïd.

Né en Égypte, mais représentant la Belgique sur la scène internationale, le cavalier avait certainement imaginé bien des scénarios pour cette étape du Caire. Difficile de rêver d’un endroit plus symbolique pour aller chercher le titre de champion du Global Champions Tour.

Encore fallait-il finir le travail.

In the saddle of Wathnan Bonne Amie, Saïd commet une faute dans le parcours initial. Quatre points, un temps de 72,28 secondes et une treizième place qui le prive du barrage.

À première vue, pas exactement la performance dont on fait une affiche souvenir.

Sauf que le championnat ne se gagne pas sur un seul parcours.

Grâce aux 24 points récoltés au Caire, Abdel Saïd porte son total à 245 points et s’assure mathématiquement le titre de champion du Longines Global Champions Tour 2026, avant même la dernière étape de Rabat.

Christian Ahlmann, son principal poursuivant, pointe à 224 points. Max Kühner suit avec 208 unités.

Terminé. Le titre est belge.

Et pour Saïd, qui avait notamment remporté le Grand Prix de Rome quelques semaines plus tôt, l’émotion est à la hauteur de l’accomplissement.

Au micro de GCTV, il avoue avoir été surpris de pouvoir décrocher le championnat dès Le Caire. Lui qui pensait devoir attendre Rabat pour connaître le dénouement de la saison peine encore à réaliser.

Il évoque aussi le temps où il admirait Scott Brash with Sanctos and Rolf-Göran Bengtsson with Casall, persuadé qu’atteindre un jour leur statut relevait presque de l’impossible.

Aujourd’hui, il rejoint à son tour le cercle des champions du circuit.

Et il le fait dans le pays où il est né, sous les couleurs de la Belgique. Pour le symbole, difficile de trouver mieux.

Les pyramides resteront. Le souvenir aussi.

La dernière étape du Global Champions Tour, programmée à Rabat du 30 octobre au 1er novembre, conservera évidemment son intérêt. Derrière Abdel Saïd, les places d’honneur du championnat restent à distribuer.

Olivier Philippaerts, quatrième du classement général avec 200 points, peut notamment encore améliorer sa position. Et les regards se tourneront ensuite vers les GC Playoffs de Vérone, où le Super Grand Prix réunira une nouvelle fois les meilleurs du circuit.

Mais quoi qu’il arrive au Maroc ou en Italie, cette première édition cairote restera un sacré souvenir pour le jumping belge.

Pieter Devos a gagné le Grand Prix. Olivier Philippaerts et Niels Bruynseels ont confirmé la domination nationale. Abdel Saïd est devenu champion de la saison.

On était venu admirer les pyramides.

Finalement, ce sont les Belges qui ont fait le spectacle.

Retrouvez les résultats complets du Grand Prix du Caire here

et le classement général du Global Champions Tour here

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