Première épreuve 5* du vendredi, première cartouche belge, première victoire à ce niveau pour le couple. Ce vendredi matin, Grégory Wathelet et Romance van de Padenborre ont ouvert le Jumping international de La Baule avec une vitesse à 1,45 m réglée comme une horloge suisse, mais avec le savoir faire belge.
La Baule, 10 heures 30 , café serré et chrono dans le rouge
Il y a des débuts de journée qui sentent la promenade de santé. Et puis il y a Grégory Wathelet qui décide, sans vraiment décider, de mettre tout le monde d’accord dans la première épreuve 5* du vendredi matin à La Baule.
Sur la pelouse du stade François-André, le cavalier belge n’avait pas forcément coché cette Vitesse à 1,45 m comme un objectif de victoire. Avec Romance van de Padenborre, jument de neuf ans encore en formation, l’idée était plutôt simple : engranger de l’expérience, sauter sur l’herbe, prendre la température d’un terrain où l’on ne vient jamais vraiment par hasard.
Résultat : 56’’21, un sans-faute plein de maîtrise, et la première victoire 5* du couple.
Pas mal pour une jument qui découvrait La Baule.
Romance, pas encore tube de l’été, déjà refrain qui reste
Fille d’Iron Man van de Padenborre, que Wathelet avait lui-même monté quelques années plus tôt, et petite-fille de For Pleasure, Romance n’est pas arrivée par la petite porte dans les écuries du Belge. Mais son histoire ne s’est pas écrite en ligne droite.
« Romance, c’est une jument qu’on a achetée quand elle avait cinq ans, qui avait un peu de tempérament quand elle était jeune. Donc on a mis un petit peu de temps à la découvrir, à la comprendre. Et depuis deux années, je trouve qu’elle a vraiment évolué, accepté ce qu’on lui demandait. »
Avant de passer sous la selle de Wathelet, la jument a d’abord été confiée à ses cavaliers pour prendre de l’expérience. Le genre de construction patiente qui ne fait pas forcément les gros titres, mais qui fabrique les vrais chevaux de sport.
« Je pense qu’elle a un bon potentiel, donc j’avais décidé de la récupérer. Elle a commencé au Sunshine Tour début d’année. J’ai fait un peu connaissance avec elle, avec des bons et des moins bonnes choses. »
Et depuis Windsor, où elle avait disputé son premier CSI 5* mi-mai sur des épreuves à 1,50 m, la courbe commence sérieusement à pointer vers le haut.
« Windsor, déjà il y a trois semaines, elle avait déjà vraiment fait des bonnes choses. Et ici, elle confirme un peu ce que je pense d’elle. Donc voilà, c’est encore une jument qui est en formation, qui a encore beaucoup à apprendre, qui doit encore nous apprendre vraiment ce qu’elle va sauter à la fin. Je ne sais pas encore, mais en tout cas, elle va être très intéressante à bon niveau. »

Même pas venue pour gagner, c’est ça le pire
Ce qui rend l’affaire encore plus savoureuse, c’est que Wathelet n’était pas venu avec le couteau entre les dents. Enfin, pas officiellement. L’objectif n’était pas de faire tomber le chrono. Encore moins d’aller chercher Henrik von Eckermann et Glamour Girl sur leur propre terrain, celui de la vitesse pure.
« Non, pas du tout. J’avais décidé de faire ces deux épreuves-là, donc hier et aujourd’hui, un mètre quarante-cinq pour lui donner de l’expérience, lui donner, sauter un peu sur l’herbe. Évidemment, on a toujours envie d’être compétitif. Je sais qu’elle peut être rapide. J’ai pas encore beaucoup couru d’épreuves, donc j’ai pas encore beaucoup de points à perdre. »
Mais parfois, le plan d’entraînement se transforme en hold-up très propre. Romance a compris le jeu. Wathelet aussi. Et quand un cheval rapide au sol, réactif sur les sauts et bien dans l’enchaînement se met dans le bon tempo, les secondes disparaissent sans qu’on ait l’impression de braquer la banque.
« Je suis parti avec un plan et dès le début, j’ai senti qu’elle avait envie de jouer le jeu, qu’elle avait envie d’être bien. Donc j’ai continué mon plan. »
Derrière, la comparaison donne encore plus de poids à la performance. Henrik von Eckermann et Glamour Girl, références du genre, doivent se contenter de la deuxième place en 57’’82. Abdulrahman Alrajhi complète le podium pour l’Arabie saoudite avec Kandice Chavannaise, sans faute en 58’’46.
Romance, elle, avait déjà plié l’affaire.
Une fille d’Iron Man, mais pas un copier-coller
Forcément, le pedigree appelle la comparaison. Iron Man van de Padenborre, son père, a lui aussi fait partie de l’histoire de Wathelet. Mais le Belge refuse le raccourci facile. Romance n’est pas une version miniature de son père. Elle a son propre moteur, sa propre carrosserie, son propre logiciel.
« Par rapport à son père qui est Iron Man, que moi, j’ai monté, que j’ai bien connu, évidemment, elle est assez différente, plus légère, plus légère au sol, plus en guise comme ça dans sa façon d’être. Mais oui, c’est pour ça qu’on l’avait achetée à cinq ans, parce que c’était un produit de notre étalon à l’époque et elle nous avait intéressés. Et oui, elle montre des choses très intéressantes, mais qui sont quand même différentes du père. »
Différente, donc. Mais intéressante. Très intéressante, même.
À neuf ans, Romance van de Padenborre n’a pas encore tout dit. La Baule n’était peut-être qu’une étape dans sa formation. Elle s’est transformée en carton d’invitation pour la suite.
Retrouvez les résultats complets de l’épreuve ici



