Farrington en mode rouleau compresseur, le peloton s’agite derrière à Fort Worth

Publié par Sébastien Boulanger le 11/04/2026

À la Dickies Arena, la finale de la Coupe du monde prend déjà des allures de cavalier seul. Impérial depuis le début du week-end, Kent Farrington a encore frappé fort lors de la deuxième manche. Derrière, en revanche, c’est le grand bazar : les cartes sont rebattues, les favoris tanguent, et quelques outsiders flairent le bon coup. Bref, ça sent la poudre avant le grand dénouement.

Farrington, sans discussion

Deux parcours, deux démonstrations. Après avoir déjà claqué une victoire avec Toulayna la veille, Farrington remet ça avec Greya. Propre, rapide, parfait. Le Ricain ne tergiverse pas, il exécute.

« Je me sens très bien. Mon cheval a sauté de façon incroyable. C’est une jument exceptionnelle, et elle l’a montré ce soir», lâche-t-il, presque tranquillement.

Kent Farrington FEI World cup final

Sur ce barrage, il n’a laissé que des miettes. Son plan ? Accélérer là où les autres hésitent.
« C’est un peu sa vitesse naturelle. Elle est meilleure avec un rythme élevé. Je voulais me placer au mieux pour dimanche.»

Résultat : une deuxième victoire et une avance qui commence à sentir très bon. Dimanche, il montera Greya. Et clairement, il ne vient pas pour enfiler des perles décoratives.

Kent Farrington FEI World cup final

Derrière, ça tangue sévère

Autant dire que derrière le patron, ça secoue. La colonie américaine, si solide la veille, a pris un coup de vent.

Les Pope, Vale et Keenan rentrent dans le rang avec 4 points chacun. Même tarif pour Daniel Deusser. Résultat : ça dégringole au classement provisoire. La deuxième place ? Évaporée.

Ambiance plus sombre aussi pour certains gros noms :

  • Grégory Wathelet abandonne après de belles choses mais aussi 3 fautes de Double Jeu.
  • Richard Vogel sort avec 8 points, même tarif pour Marc Dilasser

Pendant ce temps, Steve Guerdat limite la casse. Parmi les 7 barragistes (sur 34 partants, ratio propre), mais une faute en finale du chrono qui le fait glisser au 5e rang. Le Suisse reste dans le match… mais a laissé filer du terrain. Et dans une finale comme celle-ci, ça ne pardonne souvent pas.

Steve Guerdat FEI World cup final

Sato déboule, Staut se replace : les bonnes affaires du jour

Pendant que certains reculent, d’autres plantent leur drapeau.

Le gros coup du jour, c’est Eiken Sato. Double sans-faute avec Chadellano JRA, un chrono canon à moins d’une demi-seconde de Farrington. L’autre homme en jaune de cette finale (il est de la team de Yuri Mansur), découvre le jeu… mais visiblement, il a déjà compris le mode d’emploi.

Eiken Sato FEI World cup final

« C’est ma première Coupe du monde… mais il y a un barrage, donc j’aime aller vite », sourit-il.
Et ça se voit.

Juste derrière, Kevin Staut remet les pendules à l’heure. Double sans-faute avec Visconti du Telman, et surtout une remontée sur le podium provisoire.

« Je devais marquer des points, un par un… et c’était le bon choix », explique-t-il, évoquant le coup de pression d’Édouard Couperie.
Lucide dans son barrage :
« J’ai vu que j’étais plus lent, donc sur les deux derniers obstacles, je n’ai pris aucun risque. »

Kevin Staut FEI World cup final

Résultat : une 3e place provisoire et une jument en pleine confiance.
« À chaque fois qu’elle entre en piste, elle devient une lionne. »

Dans leur sillage, Oda Charlotte Lyngvaer colle aux basques avec Carabella vd Neyen Z. À quelques centièmes. Autant dire que dimanche, ça peut basculer pour un rien.

Les Belges remontent à la machette

Côté belge, ça ne gagne pas (encore), mais ça remonte fort.

Jordy van Massenhove signe une remontada spectaculaire jusqu’à la 8e place provisoire (29e quand même la veille) avec un point de temps. Même tarif pour Abdel Saïd, désormais 9e.

Et puis il y a la belle surprise venue de l’autre bout du monde : Julie Davey, 10e avec LT Holst Freda malgré deux points de temps. Propre, appliqué, efficace.

Dimanche : tout reste à jouer… sauf peut-être pour Farrington

Deux manches encore. Deux gros morceaux. Et un scénario déjà bien dessiné.

Farrington est devant, solide, presque intouchable.
Derrière, c’est la foire d’empoigne : Staut, Sato, Lyngvaer, Guerdat… tout le monde peut encore rêver. Mais pour aller chercher l’Américain, il faudra plus qu’un sans-faute. Il faudra un exploit. Et pour l’instant, l’exploit… c’est lui.

Kent Farrington FEI World cup final

Retrouvez les résultats complets de la deuxième épreuve de la finale de la Coupe du monde ici

(Photos:© FEI/Shannon Brinkman)

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