Il a changé de nom. Il a changé d’adresse. Mais il n’a pas changé d’âme. Après cinq éditions à Courrière, le Jumping International de la Province de Namur s’offre un nouveau souffle en prenant ses quartiers à Gesves, du 9 au 12 juillet. Plus d’espace, deux pistes, une vente aux enchères, davantage d’animations… Le concours porté par Grégory Wathelet, Ugo Berrittella et Vincent Braeken passe clairement à la vitesse supérieure. Sans renier ce qui a fait son succès : du grand sport, une ambiance populaire et une entrée gratuite.
Changer de décor sans perdre son identité
Il fallait bien que cela arrive un jour.
À force de grandir, le Jumping International de Courrière avait fini par se sentir un peu à l’étroit et les plannings arrivaient à saturation, les parkings débordaient, les infrastructures atteignaient leurs limites et les ambitions de l’organisation se heurtaient désormais au manque d’espace.
Difficile de pousser les murs: les organisateurs ont préféré changer de maison.
À dix minutes seulement de son site historique, le concours déménage à Gesves et devient officiellement le Jumping International de la Province de Namur. Un changement de nom presque logique tant le projet dépasse aujourd’hui le simple cadre de Courrière.

Le décor change. L’ADN, lui, reste intact.
« On a commencé ça il y a six ans avec une idée très simple : que ce soit un week-end où les gens viennent passer un bon moment, que ce soit festif, ouvert à tous et que les gens prennent du plaisir. Ça continue exactement dans cette direction », résume Grégory Wathelet.
Une philosophie qui n’a jamais consisté à organiser un simple CSI de plus dans le calendrier, mais à construire un véritable événement populaire autour du saut d’obstacles.
Gesves, un choix loin d’être anodin
Le déménagement n’a rien d’un caprice.
Gesves est depuis longtemps l’un des épicentres du cheval en Wallonie. L’École provinciale d’élevage et d’équitation y forme les cavaliers depuis des décennies et accueillera, dans quelques semaines, comme d’hab, les Championnats de Belgique des jeunes chevaux.
Un symbole.
Pour Wathelet, ce nouveau terrain de jeu ouvre surtout des perspectives impossibles à envisager auparavant.
« On n’a pas choisi cet endroit au hasard. On reste dans la région, dans un lieu connu du monde équestre, mais surtout on dispose de beaucoup d’espace. L’événement avait pris énormément d’ampleur et on arrivait un peu au bout de ce qu’on pouvait faire. Ici, on peut revoir certaines ambitions à la hausse. »
Autrement dit : le concours cesse de courir après les mètres carrés et peut enfin penser développement.
Deux pistes, une vente aux enchères et des ambitions revues à la hausse
Le premier changement saute aux yeux.
Cette année, deux pistes fonctionneront simultanément pendant le week-end.
Une évolution qui permettra d’étoffer le programme sans dénaturer la formule.
Les CSI 1* et CSI 2* resteront le cœur sportif du rendez-vous avec des parcours allant de 1,10 m jusqu’au Grand Prix 1,45 m dominical, doté de 35.000 euros.

Mais autour de cette colonne vertébrale viendront désormais s’ajouter des épreuves régionales, davantage de finales réservées aux jeunes chevaux, avec l’arrivée des huit ans, ainsi qu’une première vente aux enchères de poulains et embryons (voir notre article ici) .
« On ne veut pas augmenter le nombre de partants dans les grosses épreuves. En revanche, on donne la possibilité à davantage de cavaliers de participer grâce aux régionales et aux jeunes chevaux. C’était très important pour moi.»
Une manière intelligente de faire grandir le concours sans sacrifier sa qualité sportive.
Le sport, oui. Mais surtout un événement à vivre
Depuis ses débuts, le Jumping namurois refuse de se résumer à une succession de parcours.
C’est sans doute ce qui explique son succès.
Pendant cinq jours, les spectateurs ne viennent pas uniquement voir des chevaux franchir des obstacles. Ils viennent passer une journée, voire une soirée, complète.

Spectacles équestres de Quentin Vaerman, prestations des sœurs Derrone, show de feu signé Mathiou Spectacles, Prix du Champion sur deux pistes parallèles, biathlon devenu incontournable, village exposants, bars, restaurants, food trucks, espace enfants…
La recette reste inchangée.
« On veut que tout le monde puisse venir : les passionnés de chevaux, mais aussi les familles, les enfants ou simplement les personnes qui veulent passer un bon moment. C’était l’idée au départ et ça le reste aujourd’hui. »

Le tout avec une entrée qui demeure entièrement gratuite. Un choix devenu presque militant à une époque où l’accès aux événements sportifs est parfois prohibitif.
Un rendez-vous qui compte désormais dans le paysage wallon
Le concours a changé de nom.
Il a gagné en superficie.
Il s’offre même une nouvelle dimension.
Mais derrière cette montée en puissance, Grégory Wathelet poursuit un objectif plus large : inscrire durablement un grand rendez-vous international en Wallonie.
« Les gens attendent cet événement. Il n’y a pas énormément de grands concours chez nous. Il faut maintenir cela, tirer le bateau vers l’avant et faire en sorte qu’il continue à flotter. Le travail est énorme, mais au final, ce qui compte, c’est que les gens repartent heureux. »

Le champion belge enfilera donc une nouvelle fois un double costume. Celui du cavalier sur les pistes. Celui de l’organisateur dès qu’il descendra de cheval, épaulé par ses associés Ugo Berrittella et Vincent Braeken.
Et si Gesves offre réellement tout le potentiel qu’il promet, cette sixième édition pourrait bien être celle où le Jumping International de la Province de Namur cessera définitivement d’être « l’ancien concours de Courrière » pour devenir l’un des grands rendez-vous estivaux du jumping belge.
Retrouvez le programme du Jumping International de Namur ici
(Photos ©JIPN)





