Arville, le plus british des complets européens, repart pour un tour… à l’envers

Publié par Sébastien Boulanger le 06/07/2026

Le rendez-vous était traditionnellement fixé au cœur de l’été. Cette année, il faudra avancer son agenda de quelques semaines. Exit le mois d’août, bonjour juillet. Les Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle ont rebattu les cartes du calendrier international et Arville s’est adapté. Mais si le concours complet belge a changé de date, il a surtout décidé de changer de perspective. Littéralement. Pour la première fois depuis vingt ans, son mythique cross se disputera… dans l’autre sens.

Un simple détail ? Pas vraiment. Car cette édition 2026 ne se contente pas de déplacer quelques cases sur le calendrier. Elle ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire d’un concours qui continue de grandir, tout en restant fidèle à ce qui fait son charme.

Le grand chamboulement

Le premier à le reconnaître, c’est son directeur sportif, Kai-Steffen Meier. Oui, la date est la première nouveauté. Mais la plus spectaculaire attend les cavaliers sur le cross.

« On va, pour la première fois depuis vingt ans, dans l’autre sens », explique celui qui portera également la casquette de chef d’équipe belge ce week-end. « J’espère que cela donnera une autre ambiance. Le terrain est un peu moins vallonné dans cette direction et on termine davantage sur le plat que dans la montée. Maintenant, il faudra voir comment les chevaux et les cavaliers vont gérer cela. »

Un changement qui ne consiste évidemment pas à prendre les obstacles en sens inverse. Chaque ligne, chaque trajectoire, chaque enchaînement a été repensé.

L’idée mûrissait depuis longtemps, notamment avec Rüdiger Schwarz, ancien chef de piste d’Aix-la-Chapelle et Giuseppe Della Chiesa, designer du cross des prochains Championnats du monde.

« Pendant longtemps, il y avait un des trois qui trouvait une raison de ne pas le faire. Puis un matin, je me suis réveillé avec une idée. J’ai commencé à dessiner, je l’ai envoyée à Giuseppe et Rüdiger et on s’est dit que cela pouvait vraiment fonctionner. Maintenant, il reste à voir si cette bonne idée sera aussi bonne une fois les chevaux en piste. »

Une première historique pour le complet belge

L’autre grande nouveauté est presque encore plus importante.

Pour la première fois, Arville accueillera un CCI 4*-L, le premier concours quatre étoiles long jamais organisé en Belgique. Une étape supplémentaire dans la progression d’un événement qui ne cesse de monter en puissance.

« C’est très excitant », reconnaît Meier. « C’est aussi un test pour toute notre équipe. On veut voir si nous sommes capables d’organiser un cross d’un niveau encore supérieur. »

Un test grandeur nature qui pourrait bien ouvrir de nouvelles perspectives pour le concours dans les années à venir.

Le dernier galop avant Aix

Le timing n’a rien d’un hasard. À quelques semaines des Championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, plusieurs couples effectueront à Arville leur ultime sortie avant le grand rendez-vous de la saison.

Pour Kai-Steffen Meier, qui devra également affiner la sélection belge, l’objectif est clair.

« À ce stade de la saison, on ne teste plus vraiment les chevaux. On vérifie surtout qu’ils restent en forme. Pour ceux qui iront à Aix, j’espère surtout qu’ils prendront confiance. Cela doit presque être une walk in the park. »

Tous les futurs mondialistes ne seront toutefois pas présents. Certains ont déjà validé leur billet et poursuivent leur préparation ailleurs, tandis que d’autres joueront encore une partie de leur avenir ce week-end.

Le plus anglais des concours continentaux

S’il attire chaque année des cavaliers venus de toute l’Europe, Arville ne le doit pas uniquement à la qualité de ses pistes.

Pour Meier, le secret est ailleurs.

« Le concours complet est né en Angleterre. Pour moi, Arville est probablement l’un des concours les plus anglais d’Europe. Il y a le château, le parc, le dénivelé, un terrain très naturel… C’est aussi pour cela que les meilleurs cavaliers aiment venir ici. »

Une identité qui se retrouve également dans l’ambiance.

« Malgré le niveau sportif, cela reste un événement familial. On n’est pas encore devenu une énorme machine comme certains autres concours. Les gens peuvent venir passer une journée dans un magnifique parc, voir de très bons chevaux, boire un verre et profiter du cadre. »

Une machine bien huilée

Derrière cette atmosphère décontractée se cache pourtant une organisation impressionnante.

Près de 200 cavaliers, 270 chevaux et une véritable armée de bénévoles feront vivre le domaine durant quatre jours. Quant au cross, il est prêt depuis plusieurs semaines, tandis que le travail de préparation des terrains a débuté dès le mois de mars.

Même la chaleur annoncée n’inquiète pas vraiment le directeur sportif.

« Nous sommes en juillet… il fait chaud en juillet », sourit-il. « Nous avons prévu de l’eau, de la glace et davantage de zones ombragées pour les chevaux. Trente-et-un degrés, ce n’est pas quarante. »

Quatre jours pour vivre le complet

Le spectacle débutera jeudi 9 et vendredi 10 juillet avec les épreuves de dressage des CCI1*CCI2*CCI3*CCI4*-Set CCI4*-L. Bonne nouvelle pour les curieux : l’accès au site sera entièrement gratuit pendant ces deux journées.

Le week-end, place au grand spectacle. Samedi 11 et dimanche 12 juillet, les pistes de jumping et le cross-country fonctionneront simultanément, offrant un programme continu jusqu’aux dernières remises des prix.

Le samedi verra notamment les concurrents du CCI1*CCI2* et CCI4*-S passer par le jumping, tandis que le cross accueillera les CCI1*CCI3* et le très attendu CCI4*-L. Le dimanche, les derniers classements se joueront avec le jumping des CCI3* et CCI4*-L, pendant que les concurrents des CCI2* et CCI4*-S s’élanceront à leur tour sur le cross.

Le pass week-end est proposé au tarif de 10 euros, tandis que l’entrée est gratuite pour les enfants de moins de 12 ans.

Enfin, les lecteurs de So Horse pourront eux aussi prendre part à la fête : cinq fois deux entrées sont à remporter sur nos réseaux sociaux.

Ne manquez pas la newsletter So Horse

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité